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11/11/2015 12:11 EST | Actualisé 10/11/2016 05:12 EST

Rendons justice aux peuples autochtones

On a tendance, comme société, à traiter les Autochtones comme des sous-citoyens, comme des problèmes.

Les Autochtones du Québec et du Canada sont le miroir d'anciennes traditions, selon lesquelles la nature, la communauté et le respect de la vie constituent des piliers importants. Encore aujourd'hui, ces principes règlementent leurs us et coutumes, ainsi que leurs rapports aux autres, voire au monde.

À travers l'histoire, les différentes nations qui peuplent ces territoires ont réussi à préserver, quoique difficilement, cet héritage. Leur intégrité a d'ailleurs plus d'une fois été mise à rude épreuve par l'extérieur et, particulièrement, par les décideurs canadiens et québécois. Malheureusement, le socle garant de ce noble passé s'est peu à peu effrité sous le poids des valeurs et des pratiques occidentales.

Alors que nous avons pillé leurs ressources, que nous nous sommes emparés de leurs terres, que nous avons détruit la nature environnante, et que nous avons muselé toutes possibilités de contestation en les entassant dans des réserves, les Autochtones demeurent fiers et intègres...

Bien entendu, nous leur avons fait miroiter une vie meilleure, de nouvelles conditions économiques, des emplois, l'autonomie... mais, au-delà de ces promesses empoisonnées, qu'avons nous réellement apporté aux peuples autochtones, si ce n'est une série de problèmes?

Certains oseront surement mentionner que les Autochtones sont les artisans de leur propre malheur, mais qu'en est-il réellement? Il me semble facile de se déculpabiliser, de regarder leurs problèmes et de simplement s'en laver les mains... Il me semble pourtant évident que nous sommes, en grande partie, responsables de leur situation, de leur réalité.

Pour les nations autochtones, il me semble que justice n'a jamais été rendue. Un regard sur les dernières années montre qu'un «je-m'en-foutisme» généralisé se dégage des discours et perceptions populaires, surtout lorsqu'il s'agit de traiter des problématiques autochtones. Même nos décideurs semblent carrément oublier leur existence, et ce, même lorsqu'ils sont apostrophés pour diverses raisons, souvent pertinentes et pressantes.

Pour nommer quelques enjeux et sujets chauds, soulignons le mouvement Idle No More et la loi C-45 qui bafoue les traités ancestraux, la question des femmes autochtones disparues ou assassinées, l'affaire des pensionnats et du génocide culturel, la question de l'éducation, les violences physiques et psychologiques perpétrées par des noms autochtones (Val-d'Or, mais aussi beaucoup d'autres cas similaires), les conditions de vie désastreuses, la non-reconnaissance des revendications politiques et économiques... et bien d'autres.

Ainsi, lorsqu'on entend parler des Autochtones et des problèmes auxquels ils sont confrontés quotidiennement, c'est majoritairement lorsqu'une crise éclate. Certes, pendant quelques jours, les médias nationaux et locaux en parlent... comme d'une marchandise et non comme d'un enjeu sociétal; et puis, rapidement, on passe à un autre sujet... lentement, on oublie la réalité... une réalité malgré tout près de chez soi.

Il faut croire que pour être ne serait-ce qu'entendu, que pour obtenir l'attention des politiciens et de la population, la seule et unique façon soit de poser des gestes symboliques, d'opérer des coups d'éclat... Pensons à la crise d'Oka!

Ce que je veux dire, c'est qu'on a tendance, comme société, à traiter les Autochtones comme des sous-citoyens, comme des problèmes, plutôt que de les percevoir et de les comprendre pour ce qu'ils sont vraiment... des citoyens à part entière, ainsi qu'une partie intégrale de notre identité commune.

Or, il m'apparaît indispensable, pour les divers paliers de gouvernement, de s'entendre sur des actions communes (ou non) afin de réparer les torts causés aux populations et nations autochtones. Il m'apparaît nécessaire de mettre en place des mécanismes adéquats pour finalement leur rendre justice. Enfin, il m'apparaît plus qu'essentiel de mettre en œuvre une importante enquête publique nationale dans le but de découvrir ce qui s'est produit dans le cas des centaines de femmes autochtones disparues ou assassinées.

Maintenant que nous nous sommes débarrassés des conservateurs et de leur manie à repousser du revers de la main les revendications autochtones, il est temps d'agir avec diligence, respect et honneur. Rendons justice aux peuples autochtones du Québec et du Canada!

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