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09/12/2014 09:04 EST | Actualisé 08/02/2015 05:12 EST

De Martin Luther King à Ferguson: la justice injuste!

Martin Luther King avait un rêve, nous le connaissons tous... En 1964, il y a cinquante ans presque jour pour jour (10 décembre), Martin Luther King recevait le prix Nobel de la paix ; naissait alors l'espoir d'une Amérique meilleure et plus égalitaire, d'un rêve qui deviendrait réalité où les blancs et les noirs pourraient enfin vivre ensemble dans le respect et l'égalité... Et puis, il y a eu son assassinat quatre ans plus tard et, conséquemment, la dématérialisation de ce rêve de liberté et d'égalité sociale.

Les décennies se succèdent et se ressemblent douloureusement... Il y a eu l'affaire McDuffie (1980), l'affaire de Brooklyn (1991), l'affaire Rodney King et les émeutes de Los Angeles (1992), l'affaire Thomas (2001), l'affaire Martin (2012)... et tout récemment les évènements entourant la mort de Michael Brown et d'Eric Garner. Le fil conducteur dans ces histoires? L'impunité et une justice répugnante et scandaleuse.

La Déclaration d'indépendance de 1776 promettait pourtant la liberté et la justice à tous ses enfants. Force est de constater que près de 240 ans plus tard, cette promesse n'a pas été respectée. Les évènements des cinquante dernières années tendent à confirmer le dédit de ce devoir politique. Justement, les récents épisodes de violence raciste survenus à Ferguson et à New York dénotent que la problématique raciale est toujours aussi symptomatique aux États-Unis. Or, ce qui est mis en cause c'est la justice étasunienne qui, encore une fois, laisse transparaître un système privilégiant le « deux poids, deux mesures ».

L'analyse rapide des récentes situations au sud de la frontière prouve que le système américain de déontologie policière, malgré ses grandes différences, n'est guère mieux que le nôtre. Lorsque l'on regarde l'impunité des policiers dans les affaires Trayvon Martin et Eric Garner, on en vient rapidement à la conclusion que les enquêtes et procès avec jury (à majorité blanche) ne sont rien de moins qu'une arnaque. La non-responsabilité des policiers dans ces différentes causes, ainsi que dans bien d'autres impliquant des Afro-Américains et des agents de la « paix », représente clairement un doigt d'honneur à la population qui réclame davantage de transparence et d'impartialité ; c'est hors de tout doute une honte, une tache à l'intégrité du métier de policier, ainsi qu'une gifle au visage des proches des victimes.

Oui, le système judiciaire, autant étasunien que québécois et canadien, est exécrable par son administration, son fonctionnement, son manque d'éthique et sa très grande partialité. Les crimes à caractère raciste et subséquemment l'impunité des WASP en sont définitivement la preuve tangible et irréfutable. Oui, il existe, particulièrement aux États-Unis, deux justices : une pour les riches (en particulier les blancs) et une autre, beaucoup moins avantageuse pour ne pas dire désavantageuse, pour les pauvres et les immigrants (surtout les noirs).

Les maux qui gangrènent la justice, sa gestion et son application, voire sa neutralité absolue doivent être éradiqués. Pour cette raison notamment, il importe que nos institutions judiciaires, de la police à l'administration de la justice elle-même, soient revues ; plus que jamais, une réforme en profondeur est nécessaire pour combattre les inégalités qui existent dans son application, mais également pour éliminer le cynisme et l'insatisfaction populaire. Tant et aussi longtemps que ces règles élémentaires d'égalités entre les individus - et ce peu importe leur origine, leur orientation sexuelle, leur genre ou leur positionnement politique et/ou religieux - ne seront pas respectées, la population devra se faire un devoir de contester la justice (ou les injustices).

Le régime de permissivité et d'impunité pour les policiers, pour les riches blancs et tous les autres avantagés de nos sociétés occidentales doit prendre fin. Bien entendu, le Québec ne doit pas faire exception à ce principe, surtout lorsqu'on repense à la mort du petit Nicholas Thorne-Belance et à l'injustice devant la non-responsabilité du policier qui roulait pour aucune raison valable (oui, aucune raison valable) à plus de 120 km/h dans une zone de 50 km/h. Le verdict officiel : non coupable! Mais, le verdict empirique c'est : de la négligence criminelle ayant causé la mort. Il ne fait plus de doute, les policiers doivent être tenus responsables de leurs actes, point final... car, tant qu'il n'y aura pas de justice, il ne pourra y avoir de paix durable!

#NoJusticeNoPeace

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