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19/02/2014 12:42 EST | Actualisé 20/04/2014 05:12 EDT

Ces «gens» insupportables...

Avez-vous déjà remarqué la différence de caractère entre les gens de votre entourage ? Certes, vous vous étiez déjà aperçu que Martin parle toujours de lui, rien que de lui, simplement pour se vanter, ou encore que Nathalie est tout le temps en train de se plaindre de sa vie de « marde ». Mais, avez-vous déjà pris le temps de vous arrêter pour analyser l'attitude générale des différentes personnes que vous côtoyez réellement et/ou virtuellement ? L'observation des comportements par fréquence m'a permis de relever certaines tendances, voire certaines généralités. Voici donc une typologie de ceux qui nous entourent.

D'abord, il y a ceux qui chialent tout le temps; vous savez, ces gens qui ne sont jamais satisfaits. Vous reconnaissez sans doute certaines de vos connaissances, certains de vos amis, même des membres de votre famille et quelques-uns de vos collègues de bureau. En effet, nous côtoyons tous une personne qui se lamente inlassablement, et ce peu importe l'endroit, l'activité, le moment ou les invités. Ruminant constamment ses soucis, il est de nature cynique, tout en étant un éternel mécontent. Or, j'ai justement un ami comme ça, il s'appelle Mike. Il critique tout et rien... Pour vous donner un exemple concret, il se plaint continuellement des politiciens, de leurs décisions, mais il n'a jamais mis les pieds dans un bureau de vote. Vous connaissez surement un Mike pour qui le chialage est un sport national...

Par la suite, il y a ceux qui ont tout vu, tout vécu. Vous savez, ceux qui parlent sans cesse d'eux sans écouter les autres. Ils sont facilement reconnaissables lors d'une discussion, car, pires qu'une pintade vantarde, ils abusent du monologue d'une manière chronique ; ils connaissent définitivement tout... (sic). Eh oui, le Ti-Joe connaissant, le narcissique, l'égocentrique - dans mon cas, il se nomme Gabriel - aime clairement être le centre d'attention. Il refuse d'être ordinaire, préférant de loin les spotlights. Cet énergumène se distingue par sa mythomanie maladive et son manque flagrant d'écoute. N'osez surtout pas mentionner que vous avez sauté en bungee, car, avant même que vous ayez terminé votre phrase, il vous aura coupé, pris la parole et expliqué comment « son » saut à l'élastique était ô combien plus spectaculaire! Attention, si vous avez réussi à ingurgiter un steak de 3 livres pour un concours dans un restaurant, il aura sans contredit mangé un steak de 5 livres. Bref, vous voyez le genre... Malheureusement, nous sommes tous confrontés, lors de certaines occasions, à un Gabriel !

Il y a aussi ceux qui donnent toujours des leçons de vie. Un brin (le mot est faible) philosophique, ils affectionnent le fait d'avoir l'air plus catholiques que le pape. Ils aiment discourir sur les grands principes éthiques et moraux, ponctuant souvent leurs exposés de proverbes mâchés au préalable. Ils aiment sans conteste faire l'étalage de leurs connaissances, citant au passage Socrate, Gandhi, Confucius et autres ,et croient, à tort, détenir la vérité absolue. Jacinthe, une collègue universitaire, se croit investie d'une mission socio-divino-philosophique. Pensant tout savoir, elle ne se gêne pas pour s'ingérer dans les conversations d'autrui afin de leur faire la morale. Pauvre Jacinthe, tu es vraiment chiante!

Il y a, bien entendu, ceux qui n'ont jamais de temps. Parmi ceux-ci, il y a, d'un côté, ceux qui n'ont vraiment pas de temps - c'est-à-dire, ceux qui en prennent trop sur leurs épaules - et il y a, de l'autre, ceux qui se croient trop occupés. Nous avons tous, dans notre entourage, un bourreau de travail, un workaholic ; un individu qui travaille 50 heures par semaine, fait du bénévolat, siège dans des comités, écrit pour des revues, élève trois enfants et trouve le moyen de s'entraîner le lundi, le mercredi et le samedi... Ces gens-là n'ont jamais de temps. En fait, ils semblent toujours courir après ce foutu moment libre, être à bout de souffle. N'osez pas leur passer un coup de téléphone, ils chercheront à se débarrasser de vous au plus vite afin de continuer leur productivité journalière.

Dans un autre ordre d'idées, il y a aussi l'antipode du workaholic, celui qui pense être trop occupé, mais qui en réalité ne l'est pas du tout. Je vous vois grimacer... On en connaît tous un comme ça. Pour moi, c'est Sébastien, un jeune bureaucrate de 32 ans qui travaille 35 heures par semaine. Mis à part sa partie de hockey hebdomadaire dans une ligue de garage, il ne fait aucune activité à l'extérieur de son travail. Par exemple, lorsque je l'invite à prendre un café, à jouer aux cartes ou encore à simplement rattraper le temps perdu, il est toujours trop occupé. Sa réponse ressemble la plupart du temps à ceci : « Bin là, j'ai ma semaine dans l'corps... Je suis pas mal occupé avec le travail pis toute... ». J'ai toujours le goût de lui répondre quelque chose comme : « Crisse de gros paresseux, tu travailles 35 heures par semaine dans un bureau où tu passes la moitié de tes journées à naviguer sur Internet, alors vient surtout pas me dire que tu es un gars occupé! Tu n'as pas de blonde, pas d'enfant et tu fais peu ou pas d'activités à part ton épicerie le dimanche soir ». Juste à y penser, je fais de l'urticaire...

Par ailleurs, il y a ceux qui n'ont aucune parole. Vous savez ceux qui font des promesses, mais qui ne les tiennent jamais... Ça vous sonne une cloche ? Moi, je les appelle les « pas fiables ». Ouais, vous en avez surement dans votre entourage des pas fiables. Tania, une connaissance, est une « pas fiable ». Elle est toujours prête à tout, elle a toujours la main levée pour effectuer des tâches ou s'occuper d'un évènement. Cependant, une fois venu le moment de respecter ses engagements, elle disparaît aussi vite qu'une coquerelle lorsqu'on ouvre la lumière. Pauvre Tania, si tu savais ce que les gens disent de toi... Tu dois avoir les oreilles qui te silent.

Ça m'amène justement à parler de ceux qui parlent toujours des autres. Avouons, il y en a beaucoup qui aime ça mémérer. Johnny, un collègue de travail, se plaît à blablater d'un tel ou d'un autre. Il faut croire que sa vie est plate et misérable, au point de trouver un intérêt à parler des viandes froides dans le sandwich de Jean-Marc... P-A-T-H-É-T-I-Q-U-E. Mais, il y a pire. Parmi les commères, il y a ceux qui adorent parler dans le dos des gens. Oui, ceux-là... les hypocrites! On en connaît tous des hypocrites, des visages à deux faces. Je pense que je n'ai pas besoin de donner d'exemples.

Il y a également les éternels pessimistes ; vous savez, ceux qui voient le verre toujours à moitié vide, ceux pour qui une pile de documents à remplir est l'équivalent d'escalader le Kilimandjaro. Dans mon cas, c'est Ti-Guy, le mononcle de la famille, l'homme désabusé. Toujours fatigué, l'air piteux, pour lui, la vie est une série d'étapes ardues, sans plaisir et sans bonheur. C'est l'enfer sur terre, rien de moins! Ti-Guy, c'est définitivement le genre de personnes qui draine mon énergie. Heureusement, pour ma part, je ne le vois qu'à Noël.

Enfin, il y a ceux qui ne cessent de parler de leurs problèmes personnels. Vous connaissez sans doute des gens qui ne font que ressasser leurs malheurs. On dirait parfois qu'ils prennent un malin plaisir à parler de leurs épreuves, comme s'ils étaient affligés constamment par des catastrophes « X ». Ceux-là affectionnent particulièrement de vous parler de leur semaine de « marde », de leur vie amoureuse de « marde », de leurs activités de « marde », de leur job de « marde »... bref, de leur vie de « marde » en général. Juste à les écouter régurgiter leurs histoires déprimantes et s'apitoyer sur leur sort me désespère au plus haut point.

* * *

Cela dit, nous en venons souvent à trouver ces gens, qui gravitent dans notre entourage, insupportables. On en vient parfois même à chercher à les éviter afin d'équilibrer notre vie, voire nous libérer de ces sources d'énergie négative. En fin de compte, on en vient indirectement à s'exclure d'une certaine forme de sociabilité afin d'aseptiser notre quotidien. Nous cherchons à fuir ce que nous considérons comme problématique, voire des risques potentiels de désaccords et de disputes.

À notre tour, nous nous lamentons de leur négativisme, de leurs manies fatigantes, de leur narcissisme ou encore de leur pessimisme. Rapidement, nous en venons à oublier pourquoi nous les fréquentons, pourquoi nous leur parlons, voire pourquoi ils sont, à la base, nos amis, nos connaissances, nos collègues, etc.

En fait, il suffit de faire ce petit exercice typologique pour réaliser à quel point nous tenons inconsciemment à eux. Cela nous permet également de réaliser que malgré leurs défauts, ces gens sont remplis de qualités. Sans toujours s'en rendre compte, ils marquent nos vies, ils ponctuent nos journées et mettent parfois du piquant dans une semaine sans épices. Leurs côtés négatifs, ces impuretés, qu'on est si prompt à critiquer, voire à rejeter, deviennent, une fois que nous en sommes conscients, des attributs qui participent à pérenniser le lien que nous avons avec chacun d'entre eux.

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