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12/05/2017 05:38 EDT | Actualisé 12/05/2017 05:46 EDT

Où sont les progressistes aux États-Unis?

Depuis l'élection de Trump, la condescendance s'abat sur le peuple américain. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre que ce genre de phénomène ne pourrait pas se produire ici et que la démesure américaine a cela de particulier qu'elle permet à un personnage comme Trump de surgir.

Depuis l'élection de Trump, la condescendance s'abat sur le peuple américain. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre que ce genre de phénomène ne pourrait pas se produire ici et que la démesure américaine a cela de particulier qu'elle permet à un personnage comme Trump de surgir. Néanmoins, il est faux de croire que cela est le cas. Les populistes de droite comme Trump pullulent et peuvent finir par gagner n'importe où.

Les Américains et les Américaines ne sont pas stupides. En fait, l'attitude condescendante envers le peuple étatsunien masque le sérieux du danger démagogique et risque de mener à une sous-estimation du rapport de force que possèdent certains groupes ou certains individus. En outre, il semble qu'il faille secourir l'Amérique d'une certaine condescendance, car celle-ci peut provoquer de grands élans de pessimisme généralisé.

Or, l'antidote à ce pessimisme et au mépris du peuple américain peut certainement être trouvé dans l'Amérique du bas et notamment, au niveau des villes comme espace d'affirmation d'une certaine tradition progressiste étatsunienne. Cette Amérique du bas se compose notamment des maires et des mairesses, des conseillers et des conseillères et parfois même, des membres du sénat. Mais ce sont avant tout les municipalités qui semblent être le point focal de la résistance institutionnelle face aux politiques réactionnaires des républicains et des démocrates.

Car, si la tête de l'État et les grands postes de pouvoir sont occupés par la droite revendiquée et par celle qui se prétend de gauche, d'autres espaces politiques sont quant à eux occupés par de véritables progressistes. C'est le cas de Bernie Sanders comme ex-maire de gauche, comme sénateur indépendant du Vermont et comme ex-candidat à la présidence. Sa volonté de changer les choses concrètement, d'incarner l'espoir d'une génération et de faire trembler les structures d'un vieux parti en déroute mérite d'être rappelée.

C'est aussi le cas de Kshama Sawant, la conseillère résistante de Seattle qui se bat avec fougue pour un autre monde et qui conjugue la cause féministe, la lutte antiraciste et le socialisme. C'est finalement le cas du regretté Murray Bookchin mort en 2006 et qui théorisait ce que pourrait être une politique réellement démocratique, franchement libertaire et manifestement progressiste.

Alors que capitalisme est parvenu à un stade mondialisé et que les États sont devenus les terreaux fertiles de la droite nationaliste, est-il possible qu'il faille se saisir des municipalités comme espaces politiques propices au développement d'un mouvement d'émancipation globale?

Alors que capitalisme est parvenu à un stade mondialisé et que les États sont devenus les terreaux fertiles de la droite nationaliste, est-il possible qu'il faille se saisir des municipalités comme espaces politiques propices au développement d'un mouvement d'émancipation globale? C'est une thèse qui commence de plus en plus à se répandre.

À vrai dire, son potentiel est intéressant malgré les nombreux défis que s'oppose un tel changement de paradigme. En effet, le slogan «agir localement, penser globalement», qui émane de plus en plus à gauche, amène des perspectives intéressantes par rapport à de nombreux enjeux. Réfléchir concrètement la question de l'environnement en prenant le taureau de l'étalement urbain par les cornes ou encore agir en faveur d'un meilleur accès aux services de transport en commun est quelque chose qui est à portée de main, et ce, bien plus que de parvenir à gouverner l'État.

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