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16/10/2018 15:23 EDT | Actualisé 17/10/2018 10:00 EDT

La Faillite du PLQ

Le problème est-il dû à la mauvaise intendance du dernier PDG ou à un produit périmé et donc mauvais - tout en gardant à l'esprit leur non-exclusion mutuelle?

D'un autre côté, c'est peut-être Taillefer qui sera pris de vitesse dans cette liquidation, qui rend aujourd'hui abordable à bien des aventuriers une entreprise qui était, hier, hors de prix.
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D'un autre côté, c'est peut-être Taillefer qui sera pris de vitesse dans cette liquidation, qui rend aujourd'hui abordable à bien des aventuriers une entreprise qui était, hier, hors de prix.

C'est effectivement de la plus vieille industrie politique du Québec dont il est question: le Parti libéral du Québec.

Cette grande manufacturière de premiers ministres à la chaîne se trouve mal en point. Oh! On pourrait dire que les comptes, bien qu'en baisse, ne sont pas encore déficitaires et qu'une clientèle fidèle maintient le commerce dans une situation que lui envieraient bien ses autres concurrents. Mais, le constat demeure: l'entreprise enregistre ses pires résultats en 150 ans d'opérations.

Vers une lente agonie?

Sommes-nous face à une lente agonie comme celle qu'a connue Jacob? Il ne saurait être question d'un Rona ou d'un St-Hubert puisque l'entreprise libérale, ce fleuron historique du Québec, a été achetée par l'étranger il y a bien longtemps déjà. Un second Bombardier? Mais voilà belle lurette déjà que le parti confond ses propres coffres et ceux de l'État sans trop de désagréments.

Laissons là les comparaisons et voyons, plutôt, la seule question primordiale quant à l'avenir du commerce:

Le problème est-il dû à la mauvaise intendance du dernier PDG ou bien à un produit périmé et donc mauvais - tout en gardant à l'esprit la non-exclusion mutuelle de ces deux possibilités?

Dans le premier cas, la démission calamiteuse du PDG Couillard résorbera le problème et l'entreprise n'aura qu'à relancer son usine à premiers ministres et reprendre les marchés perdus dans quatre ans.

Dans le second cas de figure, c'est un peu plus compliqué. Certes, le départ d'un mauvais directeur est une bonne chose, mais c'est aussi toute l'équipe du marketing qu'il faudra virer. S'ensuivra une réinvention totale ou façadière du produit. Malgré cela, il se peut qu'on ne puisse éviter une restructuration, ce qui est toujours douloureux pour une entreprise.

Peut-on éviter la restructuration?

Mais la restructuration, après le désastre d'octobre, est-elle évitable? Il semblerait que non. Et déjà, un entrepreneur se propose de racheter l'affaire à prix de liquidation: Alexandre Taillefer. Que l'une des entreprises de ce dernier soit actuellement sous tutelle ne suffit pas à le désarçonner de son sentiment d'être l'homme de la situation, qu'il chevauchera jusqu'à la chefferie du conseil d'administration.

Mais cette dernière se fera attendre, car malheureusement, Taillefer est soit paresseux ou simplement trop pris par ses innombrables séances de dispensation de salmigondis libérales-progressistes, et il ne souhaite pas s'occuper lui-même de la restructuration. Il demande à ce qu'elle s'accomplisse avant qu'il ne prenne les commandes de l'entreprise. Petit détail langagier, il appelle cela une refondation complète.

Un dragon passerait son tour.

Dans l'état des choses, l'entreprise libérale peut-elle vraiment se permettre de passer? Son cours baisse! Déjà, il a perdu encore un point et n'est plus qu'à 29 (il était coté à 70, à la fermeture de la Bourse parlementaire à 32 au moment de sa réouverture) et possiblement que d'autres suivront. Il faut consolider l'action! La marque! Rassurer les actionnaires dont plusieurs ont déjà vendu leurs parts et rejoint la concurrence.

D'un autre côté, c'est peut-être Taillefer qui sera pris de vitesse dans cette liquidation, qui rend aujourd'hui abordable à bien des aventuriers une entreprise qui était, hier, hors de prix.

Car, malgré tout, l'affaire est encore bonne. Peu importe qui s'en portera acquéreur, il pourra compter sur son million de consommateurs, dont le conditionnement à l'image de marque n'a rien à envier à ceux d'Apple ou de... Uber. Et même en faire venir d'autres!

Une chose est certaine, Gérald Fillion aura bien des chiffres à démêler.

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