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06/06/2018 09:00 EDT | Actualisé 06/06/2018 09:00 EDT

Pourquoi s’acharner à refuser des soins de santé à des enfants nés ici, des citoyens canadiens?

J'ai toujours été persuadé que le Québec était l’un des meilleurs endroits au monde pour en avoir. Pourtant…

Sasiistock via Getty Images

Je n'ai pas d'enfants moi-même, mais j'ai toujours été persuadé que le Québec était l'un des meilleurs endroits au monde pour en avoir. Pourtant...

Chaque seconde, environ quatre enfants naissent dans le monde. Un fait banal, mais extraordinaire pour les parents qui accueillent un nouveau bébé. On me dit que la naissance d'un enfant engendre une panoplie d'émotions, autant des hauts que des bas, en passant par la découverte de l'amour inconditionnel et suscitant aussi un lot de stress considérable. Et si en plus, cet enfant tombe malade? Et qu'on ne peut lui offrir des soins de santé adéquats? Je ne peux m'imaginer l'angoisse que doivent vivre ces parents.

J'ai appris à travers le travail de Médecins du Monde que des enfants, pourtant citoyens canadiens, nés au Québec, comme vous et moi, sont exclus du système de santé publique. La raison de ce refus est qu'ils dépendent du statut migratoire précaire de leurs parents. Des parents dont plusieurs sont des travailleurs temporaires, des étudiants, ou encore des personnes en attente de renouvellement de leur statut migratoire ou du dépôt de leur résidence permanente.

Pour répondre aux soins dont ces enfants ont besoin, Médecins du Monde a mis en place une clinique destinée aux personnes migrantes à Montréal. Toutes les semaines, des enfants y sont amenés par leurs parents pour, par exemple, une toux qui s'est transformée en bronchite, une fièvre qui ne veut pas baisser ou d'autres maladies souvent anodines au départ, mais qui se sont dégradées par manque d'accès aux soins de santé. Souvent, ces mêmes parents inquiets s'étaient préalablement présentés aux urgences dans les hôpitaux avec leur enfant malade et avaient dû faire face à un refus de soins par manque d'argent ou d'absence de documents. Ainsi, les enfants de 0 à 5 ans voient leur santé compromise puisqu'ils sont en situation de vulnérabilité en ce qui a trait à leur bien-être physique et aussi psychologique.

C'est inacceptable. Pourquoi s'acharner à refuser des soins de santé à des enfants nés ici, des citoyens canadiens ? Cette situation pourrait pourtant être réglée facilement.

Nous pouvons choisir le déni ou l'indifférence, mais je suis convaincu qu'il faut privilégier le chemin de la générosité, de la solidarité et de l'humanité.

Je suis fier de faire partie d'une société, telle que le Québec, qui tient à son filet social, une communauté qui estime qu'il faut se préoccuper et agir contre les inégalités et les laissés-pour-compte. Nous pouvons choisir le déni ou l'indifférence, mais je suis convaincu qu'il faut privilégier le chemin de la générosité, de la solidarité et de l'humanité. C'est ce que font les 300 bénévoles de l'organisme Médecins du Monde en soignant, accompagnant et témoignant des injustices dont sont victimes ces enfants. Pensons à Stéphanie, infirmière, qui vient faire du bénévolat toutes les semaines à la clinique pour migrants de Médecins du Monde. Et aussi Tania, étudiante en travail social, qui offre de son temps pour soutenir, donner des informations et trouver des services pour les personnes migrantes. C'est parfois dans ces petits gestes altruistes que se trouvent l'humanité et la générosité. De plus, il y a ces 20 000 Québécois et Québécoises, qui dernièrement, ont joint leur voix à celle d'Amnistie Internationale et de Médecins du Monde en signant une pétition pour demander au gouvernement du Québec de donner accès aux soins de santé pour tous les enfants canadiens du Québec. Je remercie ces bénévoles et ces Québécois et Québécoises engagés pour leur geste de solidarité.

À l'approche des élections, je vous demande de faire aussi votre bout de chemin et de faire partie de ce mouvement en faveur de nos enfants. Aidez ces enfants, ces citoyens canadiens, ces oubliés du système à avoir accès à des soins de santé.