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10/09/2013 01:33 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

Tunis, enfin, me voilà !

Après plus de 6 mois de préparatifs, le grand jour est enfin arrivé. Le 15 août dernier, le temps était venu pour moi de quitter le Québec pour m'envoler vers la Tunisie ! Compte tenu du contexte singulier de ce périple, il m'importe de vous le partager.

En février dernier, c'est avec enthousiasme et détermination que j'ai effectué une demande d'admission en Sciences juridiques et politiques à l'Université de Carthage située à Tunis pour la session d'automne. Cette expérience privilégiée s'inscrit dans le cadre de ma formation au baccalauréat intégré en économie et politique à l'Université Laval (BIEP).

Au cours du BIEP, les étudiants ont la chance d'effectuer une session à l'étranger afin de s'exposer aux différentes écoles de pensée internationales. D'ailleurs la plupart de mes collègues ont, tout comme moi, décidé de tenter l'expérience en s'inscrivant dans les grandes universités européennes.

Toutefois, compte tenu de mon intérêt pour la culture orientale et du climat politique tunisien actuel, que je me permets de qualifier d'extraordinaire, je devais saisir cette occasion de vivre ce moment unique de l'histoire de ce pays.

Lorsque j'ai annoncé la nouvelle à mes proches, les deux mêmes questions furent sans cesse abordées : «Ce n'est pas dangereux en Tunisie ?» et «Comment as-tu réussi à convaincre l'Université Laval à reconnaître tes crédits ? »

En ce qui concerne la première question, depuis le déclenchement du printemps arabe en 2011, effectivement, cette région du monde traverse présentement des changements majeurs aux plans social, politique et économique. C'est d'ailleurs le départ de l'ex-dictateur tunisien Ben Ali qui a mis le feu aux poudres et déclenché un soulèvement populaire dans plusieurs autres pays arabes. Heureusement pour le peuple tunisien, le renversement de la dictature n'a pas provoqué la montée de violence que doivent encore subir des millions de Syriens, Libyens ou Égyptiens. Malgré l'importance et la controverse de certains changements en Tunisie, ceux-ci s'effectuent dans un calme relatif.

Ce sont entre autres ces changements qui ont motivé mon départ en Tunisie dans un cadre académique. Le bouillonnement intellectuel de la société tunisienne a profondément influencé mon choix de domaine d'étude à l'université. Par le hasard des circonstances, j'effectuais un voyage d'agrément en Tunisie lorsque la révolte populaire débuta à l'hiver 2010-2011. À cette époque, en traversant le pays, de Tunis à l'île de Djerba tout en faisant un détour par le centre du pays, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes inspirantes qui m'ont transmis leur amour de leur pays. Il m'importait donc de revenir en Tunisie afin de constater son évolution et de pouvoir en témoigner.

En ce qui concerne la deuxième question, je dois souligner la bonne foi et la collaboration dont ont fait preuve le Ministère de l'Éducation tunisien et l'Université Laval. Je me permets aussi de souligner l'aide précieuse que m'ont apportée mes amis tuniso-québécois tout au long de mes démarches. Sans eux, le projet n'aurait jamais pu voir le jour.

Par ailleurs, j'en profite pour souligner que même si plusieurs Tunisiens viennent étudier et vivre au Québec, peu de Québécois font le chemin inverse. Évidemment, les raisons sont connues. Le potentiel économique québécois permet aux Tunisiens d'atteindre leur plein potentiel professionnel, ce que la Tunisie ne peut pas encore offrir à tous.

Malgré cette réalité, selon moi, le Québec a tout intérêt à renforcer les échanges culturels avec l'ensemble de la Francophonie. Mon voyage d'études s'inscrit aussi dans cette volonté d'échange bilatéral afin de renforcer les liens qui unissent nos deux sociétés.

À travers ce blogue, je vous partagerai mon expérience et mes observations de jeune étudiant étranger.

Je vous ferai découvrir la vie à Tunis par sa culture et ses mœurs et je vous décrirai la transformation sociale qui s'opère devant mes yeux. Quelles conséquences cette démocratie naissante aura-t-elle sur le mode de vie du peuple? Encouragera-t-elle une libéralisation des mœurs ou au contraire, les encadrera-t-elle plus que jamais ?

Je laisserai une place toute particulière à la jeunesse tunisienne afin qu'elle puisse nous partager ses ambitions, ses craintes et ses espoirs envers le futur. Existe-t-il un avenir en Tunisie ?

Enfin, je présenterai ma perception du développement de la culture politique tunisienne, particulièrement celle du milieu universitaire. Comment la volonté du milieu étudiant parvient-elle à s'institutionnaliser?

Tout au cours de l'automne, j'espère recevoir vos commentaires et suggestions afin de rendre cette expérience la plus enrichissante pour nous tous.

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