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22/11/2013 12:08 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Le niqab en garderie et les réactions des anglophones

On sait combien la photo montrant des éducatrices en garderie entièrement recouvertes d'un niqab suscite l'indignation du public francophone québécois. Fait étonnant, les parents qui ont inscrit leurs enfants dans cet établissement - et qui pour la plupart ne sont pas musulmans - accusent, eux, les Québécois francophones d'intolérance et de racisme. Et le réseau de télévision en langue anglaise CTV s'en donne à cœur joie, en faisant largement état de leurs réactions sur son site Internet.

En outre, la quasi-totalité des réactions publiées sur le site Internet de la chaîne anglophone soutient par ailleurs le point de vue des parents ainsi que ce qu'ils considèrent l'intolérance des francophones et, bien sûr, du gouvernement péquiste.

Fait assez étonnant de la part d'un organe d'information, qui devrait normalement faire connaître tous les points de vue, le réseau ne se soucie nullement d'expliquer, ni même de rendre compte des inquiétudes exprimées par le public francophone québécois. Ceci tandis que tous les partis politiques qui siègent à l'Assemblée nationale du Québec, dont l'Opposition officielle, ont à l'instar du gouvernement énergiquement dénoncé ce genre de tenue vestimentaire à visage couvert au sein d'un établissement offrant des services à la petite enfance.

Ce à quoi les parents, comme les responsables de la garderie, ont tôt fait de rétorquer que les femmes portent le niqab uniquement lorsqu'elles se trouvent à l'extérieur de l'établissement et devant une présence masculine.

Le réseau CTV reproduit en outre intégralement une lettre rédigée en anglais et signée des parents qui réclament de l'ouverture et de la tolérance de la part des Québécois. «Nous avons pris le temps de connaître ces personnes, de les apprécier et de le respecter en tant que des individus», clament-ils au sujet du personnel de la garderie. Nulle part, ici non plus, ne s'interroge-t-on sur les raisons qui motivent les réactions des Québécois francophones, pas plus qu'on ne s'interroge sur la signification et la portée d'une telle tenue vestimentaire.

Comment expliquer les réactions provenant des milieux anglophones ? Peut-on être aussi indifférent à la signification du niqab et à la séparation qu'il impose aux femmes et aux hommes ? Selon cette conception de la vie en société, un homme, qui n'est pas un proche, doit ainsi être exclu de l'univers où oeuvrent des femmes, et il ne pourra travailler en leur présence que si celles-ci sont entièrement voilées.

Est-il si difficile de comprendre que des Québécois refusent qu'une telle conception du vivre ensemble, fondée sur la séparation des sexes, s'instaure dans notre société ? Quel modèle nos enfants se feront-ils des femmes, dont le visage et/ou les cheveux doivent être couverts en tout temps en public ?

En accusant les Québécois de racisme, nos concitoyens de langue anglaise - rendus imperméables à toute critique sur la religion d'autrui par l'idéologie du multiculturalisme - ne choisissent-ils pas ainsi la voie la plus facile qui leur évite de se remettre en question et d'en débattre de manière rationnelle et sereine ? De plus, ne se montrent-ils pas irresponsables en refusant de manière unilatérale toute discussion sur le sujet et en propageant de fausses accusations, sans tenter le moindrement d'informer et d'instruire leur public sur les inquiétudes, qui ne sont pas dénuées de fondement, des francophones ?

Outre de préconiser la séparation des sexes, le niqab, comme d'ailleurs le voile, est le symbole par excellence de la violation des droits - et non seulement des droits des femmes. Faut-il rappeler que les libertés démocratiques sont inexistantes dans la plupart des pays (sinon dans toutes les sociétés) où les femmes portent le voile, qu'il soit intégral ou non ?

Pour lire l'article du site Internet de CTV, c'est par ici.

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