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22/11/2018 06:00 EST | Actualisé 22/11/2018 06:00 EST

1er anniversaire de la Stratégie sur le logement, mais rien à fêter

Au Québec, 457 340 ménages locataires consacrent plus de la norme de 30% de leur revenu pour se loger, dont 195 635 y consacrent plus de 50%.

Kira-Yan via Getty Images
Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions nuisant à leur sécurité, leur santé (comme sur la photo, de la moisissure) et la pleine jouissance de leurs droits.

Il y a un an, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son ministre responsable de l'habitation, Jean-Yves Duclos, déposaient la première Stratégie fédérale sur le logement de l'histoire du Canada. Pourtant, alors que le compte à rebours vers les élections générales fédérales de 2019 est déjà lancé, peu de choses ont changé pour les ménages locataires mal-logés.

Le nombre effarant de ménages qui vivent des problèmes graves de logement, voire sans logis, exige des initiatives audacieuses. Au Québec seulement, 457 340 ménages locataires consacrent plus de la norme de 30% de leur revenu pour se loger, dont 195 635 très précaires, puisqu'ils y consacrent plus de 50%.

Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions nuisant à leur sécurité, leur santé et la pleine jouissance de leurs droits.

Un logement trop cher, en mauvais état, voire insalubre ou trop petit, est le lot quotidien de trop nombreux locataires. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions nuisant à leur sécurité, leur santé et la pleine jouissance de leurs droits. Pour les femmes victimes de violences, les enfants, les personnes en situation de handicap et les Autochtones, l'impossibilité de vivre dans un logement adéquat a des conséquences particulièrement dramatiques, qui font souvent les manchettes.

Il y a un an, messieurs Trudeau et Duclos déclaraient que «la vision de la Stratégie nationale sur le logement est que tous les Canadiens disposent d'un logement répondant à leurs besoins et qui est abordable». Or, peu des mesures présentées jusqu'à maintenant assurent que les logements construits soient réellement accessibles financièrement aux ménages à faible et modeste revenu.

Non seulement la majorité des sommes allouées par Ottawa pour la Stratégie ne sera dépensée qu'après les élections de 2019, mais aucune n'est directement réservée pour le développement du logement social. Il s'agit de la seule formule qui permet de garantir un logement de qualité et véritablement abordable aux ménages à faible ou à modeste revenu, cela de façon durable.

Il faut que le gouvernement libéral comprenne que les centaines de milliers de personnes mal-logées sur son territoire n'ont pas le luxe d'attendre 10 ans. C'est maintenant qu'elles doivent se priver de manger, couper dans l'hydro-électricité, l'habillement de leurs enfants et qu'elles sont chassées de leurs milieux de vie.

Comme plusieurs autres organismes québécois et canadiens, le FRAPRU demande à Ottawa de reconnaître formellement le droit au logement, en présentant sans tarder la loi qu'il a promise.

Malgré ses promesses lors de la campagne électorale qui l'a mené au pouvoir, le premier ministre n'a pas su non plus rassurer les locataires des OSBL, des coopératives d'habitation et des HLM financés par le fédéral, se contentant d'annoncer des mesures temporaires concernant la protection de leurs logements.

Le 22 novembre 2017, en présentant sa stratégie, le gouvernement Trudeau annonçait aussi son intention de mettre en œuvre progressivement le droit de chaque Canadien et Canadienne d'accéder à un logement convenable. Comme plusieurs autres organismes québécois et canadiens, le FRAPRU demande à Ottawa de reconnaître formellement le droit au logement, en présentant sans tarder la loi qu'il a promise.

Ce n'est pas l'argent qui manque pour améliorer les conditions désastreuses de logement, mais la volonté politique.

Nous avons amplement les moyens de combattre l'itinérance et de pallier au manque alarmant de logements sociaux et communautaires, et ce, dès maintenant. Ce n'est pas l'argent qui manque pour améliorer les conditions désastreuses de logement, mais la volonté politique. Pour preuve, le cadeau récent de 2,3 milliards$ fait à Chrysler pour éponger sa dette, alors que cette somme correspond à peu près au montant annuel revendiqué par le FRAPRU au fédéral, pour le logement social.

Le projet de loi qui sera déposé dans les prochaines semaines, tout comme le dernier budget avant les élections, doivent être à la hauteur des besoins et des objectifs ambitieux énoncés dans la Stratégie. D'ici là, nous n'avons rien à fêter.

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