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25/11/2015 10:04 EST | Actualisé 25/11/2016 05:12 EST

Unis contre les violences faites aux femmes

Les coûts humains, économiques et sociaux associés à la violence envers les femmes sont trop élevés pour qu'on se contente d'y remédier à la pièce.

Je suis un homme, un syndicaliste, un militant, et la violence envers les femmes me révolte.

Le seul fait de savoir qu'en 2011 plus de 170 000 femmes ont été victimes d'un crime violent, que plus de 3000 femmes séjournaient quotidiennement dans des maisons d'hébergement, et qu'en une seule année environ 430 000 Canadiennes ont rapporté avoir été agressées sexuellement, me glace le sang.

Je suis une femme, une syndicaliste, une militante, et les violences dont sont victimes mes concitoyennes de tous les groupes culturels, ethniques, sociaux et économiques, ainsi que de tous les groupes d'âge, m'affligent. L'existence à grande échelle de ce phénomène, tristement illustrée par plus de 1000 femmes autochtones disparues ou assassinées, a de quoi scandaliser en 2015.

Je suis un homme et en ce jour consacré à la lutte contre les violences envers les femmes, j'invite tous mes confrères à essayer de mieux les comprendre et de les combattre. Nous ne sommes pas impuissants face à ce phénomène, bien au contraire : nous faisons partie de la solution. Il ne s'agit pas de courir la terre entière pour agir : simplement d'aider à concrétiser l'égalité femme-homme dans nos milieux de travail serait déjà un grand pas pour l'humanité.

Je suis une femme, et les statistiques qui mettent au jour quelque 40 000 arrestations résultant d'affaires de violence conjugale au Canada me bouleversent. Je suis consternée d'apprendre que les femmes âgées de 15 à 24 ans sont les principales victimes d'homicide dans une proportion de trois contre une par rapport aux autres tranches d'âge. Je suis pétrifiée à l'idée que les femmes autochtones risquent huit fois plus que les autres d'être tuées par leur conjoint.

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Les violences envers les femmes sont multiples : il y a celle qui tue ou qui blesse visiblement, celle qui blesse sans ecchymoses apparentes, celle qui contraint, impose, harcèle, intimide, écrase et humilie. Il existe aussi une violence banalisée au quotidien. Pour se développer, elle s'alimente des inégalités femmes-hommes qui perdurent dans de nombreux milieux - professionnel, politique, médiatique, religieux. Pourquoi cette situation est-elle aussi incrustée ici ? L'adoption des chartes canadienne et québécoise aurait dû conférer aux femmes le statut de citoyennes à part entière. L'égalité juridique n'entraîne pas automatiquement l'égalité empirique : les lois ne peuvent à elles seules enrayer la violence, ni la circulation de préjugés et de stéréotypes à l'égard des femmes. Un changement de mentalités s'impose.

Les coûts humains, économiques et sociaux associés à la violence envers les femmes sont trop élevés pour qu'on se contente d'y remédier à la pièce. Au Canada, les frais liés aux soins médicaux, sociaux ou judiciaires et les pertes en salaires et en productivité engendrés par ce problème de société sont évalués à 4,2 milliards de dollars. L'importance de ces coûts pourrait être réduite si, entre autres, on se donnait la peine de faire de la prévention dans les écoles.

L'Organisation mondiale de la santé estime à ce titre que les investissements dans la prévention et les services aux victimes sont largement insuffisants. Il faut que les gouvernements remédient à la situation dès maintenant.

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Nous sommes un homme et une femme, un militant, une militante, des syndicalistes. En ce début de la campagne des douze jours d'action pour l'élimination des violences envers les femmes, nous demandons aux gouvernements d'agir en mettant sur pied les commissions nationale et québécoise sur la violence envers les femmes autochtones pour faire la lumière sur ce problème criant d'actualité. À l'échelle du Québec, il est impératif de cesser les compressions irréfléchies qui fragilisent la santé financière des femmes. Améliorons plutôt leurs conditions de travail pour favoriser leur autonomie financière et aider celles qui sont plus exposées à vivre des problèmes de toutes sortes.

Une société se doit de lutter contre les violences envers la moitié de sa population : c'est une condition sine qua non à sa possibilité de progresser sur tous les plans.

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