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25/11/2015 09:53 EST | Actualisé 25/11/2016 05:12 EST

Une lettre à Facebook

C'est plus facile de digérer certains événements lorsque l'on pointe du doigt, plutôt que d'y réfléchir et de l'analyser avec un esprit critique.

J'hésite. Une trace, un post de plus dans les médias. Un encouragement de plus pour ce mouvement qui cherche à faire parler. On ne fait pas de fumée sans feu, comme l'on dit.

Je suis de tout cœur avec ceux qui sont touchés de près ou de loin par ces actes de terrorisme et d'extrémisme. Cela dit, je questionne la place des médias mais surtout leur pertinence puisque, si l'on suit cette logique, beaucoup d'événements qui ne sont pas médiatisés devraient l'être...

Nous ne vivons pas dans un monde où tout est rose, où la paix règne sur la scène internationale.

La solution miracle? Il y en a sûrement pas, parce qu'on est dans le gris. Le gris où un filtre Facebook nous donne l'impression d'être si proche de cet enjeu, où la mauvaise information cède place à la terreur. L'impression que la lecture d'un article nous permet de détenir la science infuse. Ce gris qui nous permet de nous proclamer expert en la matière sur les réseaux sociaux.

Ce même gris où les décisions politiques, économiques, militaires et internationales n'arrivent pas à s'accorder.

Ce mouvement de terrorisme et d'extrémisme part de loin et est alimenté consciemment ou inconsciemment par l'Occident, par diverses politiques, par diverses décisions. Certains vont dire que rien n'excuse ces actes barbares, que rien ne justifie cette violence. Je suis en accord. Gardons à l'esprit que de regarder la vue panoramique, c'est aussi ça, être un citoyen.

C'est dans la nature humaine de chercher une raison, une explication, un coupable, parce que du coup la réalité passe mieux. C'est plus facile de digérer certains événements lorsque l'on pointe du doigt, plutôt que d'y réfléchir et de l'analyser avec un esprit critique.

Le 13 novembre, rien n'a été inventé: les attentats, la barbarie, les extrémistes religieux, l'opinion public, rien. Les canadiens ont été sensibilisé par le fait que ce terrorisme, cette guerre qui nous apparaissait si loin, s'est maintenant rapprochée. Il a toujours été et il sera toujours question d'extrémistes de tous genres posant des gestes contre l'humanité en raison de leur logique personnelle, peu importe ce que les médias peuvent laisser paraître. Et ces individus sont plus souvent qu'autrement complètement barjos, jouant avec leurs instruments favoris: la terreur et l'incertitude.

Au final, je ne sais trop quoi en penser, je suis grise comme la planète. Parce qu'il y a beaucoup trop de variables dans l'équation que je ne connais pas assez bien. Comment, en si peu de temps, je le répète, plusieurs se proclament spécialistes en la matière. Cette attaque, ces attaques, à petite ou grande échelle, méritent une analyse.

Avant de porter un jugement sur notre société ou celle du voisin, sur la couleur ou bien sur la religion, sur les réfugiés ou les terroristes, pouvons-nous prendre le temps de nous informer correctement? Pensons à Paris, mais pas seulement à Paris. Pensons à l'islam, mais pas seulement au terrorisme.

L'histoire, la géographie, la sociologie, la politique et les thèmes en découlant comme la culture, la guerre et la religion. Les sciences humaines vous direz, ne portent pas un nom vide de sens.

Les Canadiens seront confrontés à deux grands enjeux: l'humanitaire et le militaire. J'ai donc un souhait à faire pour les guider dans leurs jugements et leurs opinions. Qu'ils se basent sur ces sciences humaines plutôt que sur le contenu des médias sociaux et des médias de masse pour se forger un avis de citoyen crédible. Qu'ils analysent et s'informent en ayant comme pilier l'histoire, la géographie, la sociologie et la politique pour tenter de comprendre la réalité des acteurs de cette guerre, les radicaux et leur manque d'éducation, ainsi que les décisions des gouvernements concernés.

Mes pensées sont avec les victimes et les proches de tous et chacun vivant les répercussions de cette guerre, parce que oui, il s'agit d'une guerre même si elle ne porte pas un nom aussi officiel qu'elle le pourrait. Guerre omniprésente, dommageable et si difficilement contrôlable en raison de sa source si humaine mais si inhumaine à la fois.

Il ne faut pas se leurrer, le monde est gris, et ce, depuis la nuit des temps.

On peut choisir d'être impressionné ou d'être informé.

L'éducation reste la meilleure des armes. À qui la chance?

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