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20/01/2018 08:00 EST | Actualisé 20/01/2018 08:00 EST

Les enfants, premières victimes du conflit au Kasaï

Les abus dont sont victimes les enfants doivent cesser et les auteurs doivent être traduits en justice.

Partout au Kasaï, les histoires se ressemblent. Lorsque les violences ont débuté, des familles se sont sauvées dans la forêt, fuyant parfois à trois ou quatre reprises, et ce, même au beau milieu de la nuit.
© UNICEF/UN0120278/Rose
Partout au Kasaï, les histoires se ressemblent. Lorsque les violences ont débuté, des familles se sont sauvées dans la forêt, fuyant parfois à trois ou quatre reprises, et ce, même au beau milieu de la nuit.

Au Kasaï, une des régions les plus pauvres de la République démocratique du Congo (RDC), les enfants sont les premières victimes de la crise qui a débuté en août 2016, lorsque des combats ont éclaté après qu'un chef traditionnel ait été tué lors d'un affrontement avec les forces de sécurité. La situation s'est détériorée en 2017, déclenchant une vague de violences qui a engendré des conséquences dans neuf des 26 provinces du pays. Lorsque les violences ont débuté, des familles se sont sauvées dans la forêt, fuyant parfois à trois ou quatre reprises, et ce, même au beau milieu de la nuit.

La crise a eu un effet dévastateur sur les enfants. Ils ont été blessés ou tués, et ont été victimes de violences sexuelles et de détentions arbitraires. Là où la violence persiste, les enfants continuent à être utilisés au sein des milices. Les abus dont sont victimes les enfants doivent cesser et les auteurs doivent être traduits en justice. Les enfants devraient être en sécurité au sein de leur foyer, à l'école et dans les aires de jeux, et ne pas être forcés à combattre sur le champ de bataille. Ils ne devraient pas être blessés ou tués.

En raison de la violence, 850 000 enfants ont fui leur maison. Ils ont été privés pendant des mois de soins de santé, d'eau et d'assainissement, d'une nutrition équilibrée et d'un accès à l'éducation.

400 000 enfants dans la région du Kasaï souffrent de malnutrition aiguë sévère à la suite du manque de soins de santé, d'eau et d'une bonne nutrition en raison de la longue période de fuite engendrée par la violence. Sans aide, ces enfants risquent de mourir.

© UNICEF/UN0126953/Wessels
Deux mères et leurs enfants sont assises à l'extérieure d'une clinique soutenue par l'UNICEF, à Kananga.

440 000 enfants n'ont pas été en mesure de terminer leur année scolaire 2016-2017 en raison de la violence, de la destruction des infrastructures scolaires, ainsi que de la mort et de la fuite des membres du personnel enseignant.

© UNICEF/UN0120251/Rose

Après une année d'insécurité permanente au Kasaï, les enfants peuvent finalement retrouver le chemin de l'école. Les salles de classes sont un endroit clé pour favoriser la guérison des enfants, car ils peuvent se concentrer sur leur avenir et penser à leurs études, à leurs amis et à jouer.

© UNICEF/UN0120281/Rose

Bipendu et sa famille habitent aujourd'hui à Kananga, mais viennent de la région de Tshikapa, à environ 250 kilomètres plus à l'ouest. Bipendu est âgée de 8 ans. Le sourire qui illumine son visage est celui d'une enfant qui retourne finalement en classe. Elle a manqué une année complète d'école à cause du conflit et a du rattrapage à faire, mais elle est heureuse d'entreprendre ce nouveau défi.

Il y a de l'espoir, mais la crise est loin d'être terminée.

Aujourd'hui, de nombreux territoires du Kasaï sont redevenus sécuritaires et les services de base ont timidement repris; environ la moitié des personnes déplacées sont rentrées chez elles. Cependant, les besoins demeurent énormes. Pendant la crise du Kasaï, 220 centres de santé ont été détruits, pillés et endommagés. Plus de 400 écoles ont été attaquées et 100 d'entre elles ont été complètement détruites.

Au moins 9 000 enfants ont été séparés de leur famille en raison de la violence et ont besoin d'une aide particulière.

© UNICEF/UN0120295/Rose

Freddy était avec sa famille quand son village a été attaqué. Ils ont pris la fuite dans toutes les directions. Il n'a pas revu sa famille depuis. Il n'avait jamais été livré à lui-même auparavant. Il a erré dans la forêt pendant plusieurs semaines jusqu'à ce qu'il arrive à Mbuji Mayi et trouve refuge dans un centre pour les enfants non accompagnés.

En mettant en œuvre des programmes d'aide humanitaire tout en renforçant des programmes de développement structurel, l'UNICEF et ses partenaires ont apporté un soutien à plus de deux millions de personnes depuis le début de la crise. Malgré cela, trop d'enfants victimes de la crise restent sans aide. Il faut davantage de moyens afin d'éviter que des dizaines de milliers de victimes de malnutrition sévère aiguë meurent et que des milliers d'autres enfants ne puissent pas recommencer à aller à l'école.

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