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24/05/2014 09:28 EDT | Actualisé 24/07/2014 05:12 EDT

Zsofika à Cannes

Quelle belle chance de pouvoir lancer la carrière d'un court métrage dans le plus grand festival du monde, Cannes! Zsofika a ainsi pu bénéficier d'une belle projection au Short Film Corner.

Par Maxime-Claude L'Écuyer, réalisateur

Quelle belle chance de pouvoir lancer la carrière d'un court métrage dans le plus grand festival du monde, Cannes! Grâce au programme «Talent tout court», orchestré par Téléfilms Canada et Danny Lennon de Prends ça court, Zsofika a pu bénéficier d'une belle projection devant une salle hier, au Short Film Corner.

Zsofika est mon 4e court métrage, il met en vedette Georges Molnar, comédien d'origine hongroise qu'on connaît pour avoir interprété, entre autres, La paresse dans un tableau vivant de François Girard, présenté il y a une quinzaine d'années au Musée d'art contemporain de Montréal. Zsofika raconte l'histoire d'un homme qui revient chez lui, après avoir consacré sa vie à la guerre. Dans cette maison où il fut jadis heureux, désormais à l'abandon, il s'efforce de retrouver l'essence de ce qu'il a perdu. Livrée à ses remords, sa promesse trahie hante chaque trace laissée par son souvenir. Tourné dans une magnifique demeure bourgeoise des années 20, laissée à l'abandon et figée dans le temps, le film déroule le fil de la mémoire d'une vie, jusqu'au dernier souffle du personnage. Par ailleurs, cette demeure a fait l'objet de quelques articles, dont l'un dans le Huffington Post.

Jean Barbe, l'auteur de Comment devenir un monstre a signé un superbe monologue intérieur et, fait inusité, a mis sa plume au service du personnage une fois le film monté. Le monologue a d'abord été écrit en français, texte que Georges Molnar a traduit en Hongrois, sa langue d'origine, pour conserver l'authenticité du personnage, en gardant toute la musicalité de cette langue. Ainsi, les sous-titres mettent encore davantage en valeur le texte de Jean Barbe qui prend toute sa force.

C'est une première pour moi à Cannes et dès mon arrivée, j'ai été happé par le tourbillon. Les belles rencontres se sont succédé, les files interminables pour voir les films et tout le reste! J'ai des amis producteurs que je vois rarement à Montréal avec lesquels j'ai passé de bons moments, chose que l'on essaie de faire chez nous et que nous n'arrivons pas à faire... Il faut bien aller à Cannes pour rencontrer les gens importants de l'industrie du cinéma! Au début, on se sent un peu dépassé; d'ailleurs ceux qui ont déjà une expérience du festival disent que ça prend trois jours pour commencer à comprendre comment ça fonctionne. Puis, on se laisse porter par la vague. Le temps file, les journées sont longues, mais tellement remplies qu'on doit se raisonner : impossible de tout voir, de tout faire.

Un soir, entre deux projections, j'attendais sur un banc de parc, me reposant un instant. Je demande tout bonnement l'heure à un homme d'une soixantaine d'années assis à mes côtés. On échange quelques mots, il me dit qu'il est Hongrois et producteur du film White God, présenté en compétition dans la catégorie «Certain regard». Quel hasard ! Je lui parle de Zsofika et il est étonné que mon court métrage soit dans sa langue d'origine, je lui remets mon film. En rigolant, je lui suggère de présenter mon court avant son long métrage en Hongrie, il me dit pourquoi pas et me remet sa carte. Bon, est-ce que cela se concrétisera un jour? L'avenir le dira, mais c'est un peu ça l'aventure de Cannes !

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