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15/01/2019 11:14 EST | Actualisé 16/01/2019 16:52 EST

L’éducation à la sexualité, pas de quoi capoter!

Éduquer nos adultes de demain au sujet de la sexualité est une façon de contribuer à un Québec en meilleure santé.

Shestock via Getty Images
Les enfants et les ados ont besoin de se faire entendre et d’être pris·es au sérieux quand il est question de sexualité. Il importe que l’on reconnaisse leurs besoins, qu’on s’intéresse à leur vécu et qu’on y accorde de l’importance et de la valeur.

Depuis une dizaine d'années, L'Anonyme offre des activités de prévention et d'éducation afin de promouvoir la santé sexuelle, l'adoption de comportements sécuritaires et le développement d'un esprit critique favorisant des relations égalitaires et consensuelles. Notre équipe de professionnel-les formé-es en sexologie a le plaisir d'aller à la rencontre des jeunes dans les écoles et souhaite informer leurs parents sur les intentions bienveillantes et profitables du retour de l'éducation à la sexualité.

Chers parents des enfants et des adolescent·es qui bénéficieront d'un enseignement à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec,

Cette missive vous est adressée dans le but de vous informer sur les intentions bienveillantes et profitables derrière ce projet. Vos craintes, vos questionnements et vos préoccupations sont légitimes.

Bien entendu, il s'agit de vos enfants et, comme tous bons parents, vous leur souhaitez le meilleur dans tout et pour tout. Et si l'éducation à la sexualité permettait à vos jeunes d'adopter des attitudes et des comportements plus sécuritaires et réfléchis, à se respecter et à respecter les autres, à mieux déceler et respecter le consentement de leur partenaire, à considérer toutes les personnes comme égales, sans égard à leur genre ou leur orientation sexuelle, à faire des choix éclairés face à leur vie personnelle?

Et si cela leur octroyait la possibilité de développer, dans le futur, un meilleur sens des responsabilités et une meilleure considération d'autrui? À devenir les adultes informé·es et responsables de demain?

Les cours d'éducation à la sexualité qui seront dispensés ne tournent pas qu'autour des relations sexuelles, de la grossesse et des infections transmissibles sexuellement et par le sang.

Bien sûr, ces éléments sont fondamentaux et il va sans dire qu'ils seront abordés de manière à ce que les jeunes développent un esprit critique et puissent faire des choix éclairés. Toutefois, la sexualité humaine est multidimensionnelle et globale, c'est-à-dire qu'elle rassemble aussi plusieurs autres aspects, comme les changements associés à la puberté, les relations amoureuses égalitaires et sans violence, le consentement sexuel (on n'en parlera jamais assez), l'image corporelle positive et on en passe.

Les jeunes se posent beaucoup de questions, s'inquiètent et s'interrogent: «Suis-je normal·e?»

Les ados découvrent les sentiments amoureux et leur sexualité, parfois à tâtons ou de façon maladroite. Certaine·s ont parfois honte ou se sentent coupables d'essayer de comprendre leurs corps et ses nouvelles réactions.

Qu'on le veuille ou non, les jeunes sont exposé·es à la sexualité de façon plus ou moins consciente: publicités, clips musicaux, émissions télévisées, pornographie, contenus explicites qui circulent sur les différents réseaux sociaux, mythes, fausses croyances et histoires abracadabrantes racontées par ses ami·es à l'école. Ces images influencent leurs perceptions de ce que devraient être la féminité et la masculinité. L'éducation à la sexualité, c'est aussi d'aborder tout ça, par une approche positive.

C'est d'apprendre aux jeunes, en leur proposant des outils, qu'on a le droit de dire non à un contact sexuel quand on n'est pas d'accord ou qu'on n'en a pas envie et que les autres ont ce même droit. C'est de leur enseigner à s'affirmer (librement et de façon éclairée), à reconnaître leurs limites et leurs besoins en matière d'intimité, à lutter contre l'homophobie et la transphobie, etc.

L'éducation à la sexualité sert aussi à leur transmettre du contenu éducatif qui concorde avec leur stade de développement psychosexuel ainsi qu'avec leurs besoins spécifiques en la matière.

Bien sûr, on n'apprend pas les mêmes choses à un·e enfant de 5 ans qu'à un·e adolescent·e de 14 ans, que ce soit en mathématiques, en français, en sciences ou dans la vie en général. C'est pareil quand il est question de sexualité.

En somme, les enfants et les ados ont besoin de se faire entendre et d'être pris·es au sérieux quand il est question de sexualité. Il importe que l'on reconnaisse leurs besoins, qu'on s'intéresse à leur vécu et qu'on y accorde de l'importance et de la valeur.

Éduquer nos adultes de demain au sujet de la sexualité est une façon de contribuer à un Québec en meilleure santé.

Ce texte a été écrit par l'équipe du programme d'éducation sexuelle de L'Anonyme.

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