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06/05/2019 09:55 EDT | Actualisé 06/05/2019 13:12 EDT

L’humain se retrouvera dans un marché du travail robotisé, mais à quel prix?

Et si nous pouvions développer autre chose en tant qu’humains, qui soit complémentaire aux algorithmes, aux aptitudes des robots qui nous dépasseront de toute façon, de manière mécanique?

Seyed Morteza Shakeri / EyeEm via Getty Images
Et si notre sensibilité humaine avait déjà pour vocation de nous diriger vers une intelligence autre, et que nous n’en avons pas encore découvert tous les potentiels?

Si vous trouvez que le monde va trop vite, que vous témoignez de la détresse d'un ou de plusieurs proches ou que vous-même êtes prisonnier de la spirale infernale du marché du travail qui nous déconnecte de plus en plus de notre être?

Devrons-nous suivre des formations continues — au prix de l'épuisement — pour rester en compétition avec les algorithmes de l'intelligence artificielle? Si les robots, éminemment plus performants, remplacent l'humain dans de multiples emplois, comment gagnerons-nous notre vie?

Comment se développer sans toujours le faire en fonction du marché du travail?

Jordan a commencé à prendre des amphétamines pour tromper son stress et augmenter sa performance intellectuelle. Ainsi, il pouvait rentrer au travail sans sentir son état se dévitaliser. Savez-vous que de nombreuses personnes ont recours à des pilules parce qu'ils ne pourraient pas survivre au stress et à la cadence du travail? Peut-être est-ce votre cas.

Comme Jordan, vous avez peut-être de la difficulté à résister à la dernière technologie, au cellulaire dernier cri qui vous en met toujours plein la vue. Comme lui, vous voulez garder votre travail et pour cela, vous devez rester performant, être en santé, en vitalité. Votre plaisir à consommer vous pousse à travailler sans vous demander si vous avez l'énergie pour satisfaire vos moindres désirs de consommation.

On est dans la logique capitaliste de la performance où on a besoin d'augmenter nos chances de réussite. Pour ce faire, au lieu de remettre en question ce qui affecte notre énergie, on cherche à augmenter la réalité de notre corps, de notre cerveau. C'est pour se rendre la vie plus facile qu'on agit ainsi, croit-on. Mais jusqu'où ira-t-on?

Comme des milliers de personnes, Jordan attend la prochaine version de son cellulaire. Le nombre d'applications qu'il utilise chaque jour facilite aussi grandement sa vie. Il peut surveiller sa pression, faire des jeux pour garder ses neurones alertes, sans compter toutes les fonctions de base comme ne jamais se sentir seul en textant dès qu'il a besoin, à ses amis, à sa femme, à ses parents à l'autre bout du monde. La planète est devenue petite grâce à des technologies de plus en plus accessibles et miniatures. Ça aussi ça facilite nos vies!

Jordan voyage beaucoup. Il a éventuellement décidé d'accepter de se faire implanter une puce pour ne pas attendre à l'aéroport. Le temps qu'il sauve est important. En plus, ça lui donne l'impression d'avoir un privilège que les autres n'ont pas ;-)

Comme des milliers de personnes, Jordan veut pouvoir consommer ce qu'il veut quand il veut. C'est pour cette raison qu'il accepte de travailler au rythme de plus en plus effréné du marché.

Un jour, pressé par le temps, Jordan se précipita en voiture pour aller chercher sa fille à l'école. La chaussée était glissante, la visibilité quasi nulle. Bien que prudent et alerte, il n'a pas vu la voiture sur son côté gauche. Le chauffeur a perdu le contrôle et a percuté violemment la voiture de Jordan. Cet accident lui a fait perdre une jambe... D'abord sous le choc, il a eu du mal à s'habituer à sa prothèse qu'il trouvait lourde et rigide. S'ensuivit une dépression.

Il ne se reconnaissait pas. D'habitude, Jordan voyait toujours le bon côté des choses. Cet état mental le perturba. Jordan a alors entrepris de chercher ce qui se fait de meilleur pour faciliter ses déplacements. Une jambe contrôlée par les influx nerveux de son cerveau grâce à un microprocesseur! Rien de moins!

Au moment où il a fait le choix de cette technologie, la SAAQ ne couvrait que les prothèses standards. Jordan n'hésita pas et investit de sa poche dans cette technologie. Ce n'est que plus tard que la SAAQ a commencé à assurer son genre de prothèse plus facilitante. Les banques et les assureurs vont s'adapter à ce mode de vie de plus en plus commun. L'une pour prêter et l'autre, pour protéger cette réalité augmentée.

Jordan devint de plus en plus intéressé par les facilitateurs offerts par l'intelligence artificielle. Peu de temps après sa dépression, il eut vent de cette puce implantée dans le cerveau. Un institut promet que cette technologie peut contrer entre autres la dépression et l'Alzeimer. En plus, les chercheurs sont en train de développer l'augmentation de la mémoire et du calcul.

Jordan y voit là un immense intérêt. Il pourra rester en compétition avec les algorithmes de l'intelligence artificielle sans formations continues! Sans s'épuiser intellectuellement. Cela l'excite au plus haut point!

Est-ce que ses collègues «naturels» vont rester derrière sans rien faire?

Dans les forums de Cyborg, des centaines d'adeptes de l'intelligence artificielle sont en train d'orienter notre futur vers cette réalité augmentée, comme l'exprime l'exemple de Jordan. Jusqu'où iront ces hommes et ces femmes pour rester aussi performants que des robots? Quelle pression mettront-ils sur tous les autres travailleurs?

Et si nous pouvions développer autre chose en tant qu'humains, qui soit complémentaire aux algorithmes, aux aptitudes des robots qui nous dépasseront de toute façon, de manière mécanique?

Et si nous protégions nos droits en tant qu'humains naturels, si nous protégions notre être essentiel (présence, lumière, l'étincelle qui produit la vie, la vitalité) pour qu'il reste en équilibre à partir de ses propres forces, dans le marché du travail?

L'humain se connait-il suffisamment pour se déclarer forfait devant les robots ? Pour estimer que les algorithmes sont le fait d'une intelligence supérieure?

Et si la découverte de soi amenait l'humanité vers une intelligence aux dimensions insoupçonnées? Et si notre sensibilité humaine avait déjà pour vocation de nous diriger vers une intelligence autre, et que nous n'en avons pas encore découvert tous les potentiels?

Nous souhaitons que chaque être puisse exercer son plein droit de se préserver de la pression grandissante d'un capitalisme technologique qui pourrait pousser les plus ambitieux d'entre nous, à utiliser l'intelligence artificielle à contresens de l'évolution naturelle de la vie, au-delà de la facilité.

Pourquoi ne pas explorer ces avenues intérieures, en plus de l'intelligence artificielle? Ainsi nous nous assurerons que jamais les robots ne donneront sens à notre vie, et que ce sera bien l'inverse.

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