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Intelligence artificielle: ce qui nous attend et pourquoi vous devriez vous y intéresser

Nous avons le devoir de trouver l’équilibre entre faciliter nos vies ou les régler sur des algorithmes.
Les politiciens et institutions devraient s’intéresser à cette dépendance, comme à une nouvelle drogue ravageuse, celle de la facilité, ou dopamine sur commande.
Les politiciens et institutions devraient s’intéresser à cette dépendance, comme à une nouvelle drogue ravageuse, celle de la facilité, ou dopamine sur commande.

À l'ère de l'égoportrait, chacun sait à quel point nous regardons la surface du monde et que nous nous faisons soit berner soit bercer par ses profondeurs. En réalité, nous ne voulons pas savoir ce qu'il y a au fond, brrr...

Nous avons peur. Peur de perdre notre confort matériel, nos habitudes, nos rituels, et surtout notre plan de retraite. Alors nous fermons tous les yeux bien fort pour ne pas être le prochain sur la longue liste des malades chroniques, des faillites, des usagers des banques alimentaires ou pires encore, des itinérants aux prises avec une maladie mentale.

Quel sombre avenir suis-je en train de décrire? C'est simplement la face cachée du capitalisme et vous le savez très bien. Nous y sommes tous enchaînés de près ou de loin. Vous êtes un pro-environnementaliste? Vous multipliez votre présence dans des CA de pointe? Dans tous les cas, vous êtes un consommateur qui doit travailler pour s'offrir un logis, manger et prendre des vacances.

Tout n'est qu'une question d'équilibre. Sauf pour la logique capitaliste qui ne s'émeut jamais des injustices ni des changements climatiques.

Notre avenir se joue entre ceux qui détiennent tous les leviers pour accumuler des richesses et ceux qui se soucient de leur milieu de vie.

Ceux qui font partie du problème sont aussi une solution

Les tenants du capitalisme ont compris que les meilleures places sont dans les avancées technologiques de pointe, tant pour accumuler des richesses que pour s'approprier les leviers du système, pour ne pas dire du vivant.

Ceux-là sont sur tous les CA d'entreprises de technologie, en particulier d'intelligence artificielle. Et comme vous et moi ne nous y intéressons pas, ne les blâmons pas de décider à notre place comment vivre notre vie. Cet aveuglement volontaire, ça fait notre affaire, non?

Ces leaders ont beaucoup d'influence sur nos vies en raison des solutions pragmatiques qu'ils savent apporter concernant notre santé, nos affaires, etc.

Si ce système capitaliste est le moins mauvais de tous, le rythme effréné qu'il doit emprunter dans le développement des technologies engendre la plupart de nos problèmes de santé globale.

Réactions? Puisqu'on ne peut pas éviter le capitalisme sauvage, certains préfèrent en profiter et se lancer intensément dans l'arène, motivés par les gains. Ceux-là contribuent à l'accroissement des richesses et rendent notre confort encore possible. Le prix: l'environnement, la santé globale de l'être.

D'autres se retirent vers une vie plus modeste, plus équilibrée, prêts à vivre sans levier, mais bien assis sur le réel. Le prix: un appauvrissement relatif qui les rend inéligibles aux leviers financiers et aux médias qui en dépendent, mais ils enrichissent la santé globale de leur être et celle de leur entourage.

Indéniablement, nous sommes tous responsables d'entretenir la souffrance et la douleur humaine dans cette chaine de consommateur/travailleur. Si vous travaillez dans le domaine du coaching pour entreprises, vous devez souvent constater qu'il y a des limites à faire croire aux leaders qu'on peut motiver ad vitam aeternam les gens sans qu'ils y perdent leur santé physique, mentale, voire le sens de la vie.

Chaque entreprise est bénéficiaire et à la fois victime des effets disruptifs de la technologie, ce qui crée une pression accrue et constante sur les travailleurs.

J'ai moi-même décidé de mettre ma formation en lignenaïvement en 2015. J'ignorais qu'en quatre ans, je serais obligée d'apprendre et d'utiliser les plateformes des GAFA pour faire valoir ma formation. J'ignorais qu'en quatre ans, je serais obligée d'apprendre et d'utiliser les plateformes des GAFA pour faire valoir ma formation.

À l'époque où j'ai développé mon site web (1998), l'un des premiers en développement personnel, l'état d'esprit était complètement différent et les leaders capitalistes ignoraient encore tout de l'impact de la toile. Mais j'ai bénéficié d'une aura internationale que je n'aurais jamais pu me payer en publicités et j'ai constaté l'impact.

Aujourd'hui, au beau milieu de ce qui est devenu une jungle où quelques leaders tirent les ficelles du capitalisme, je n'avais pas tellement envie de me lancer dans l'aventure de Facebook, plateforme qui s'adresse de plus en plus à des professionnels.

La drogue de la facilité

Les outils d'aujourd'hui — dont les algorithmes — sont très performants et plus accessibles que jamais. Pourquoi je les utilise? Parce qu'ils rendent ma tâche plus facile. C'est le principal attrait de l'intelligence artificielle. Et par cette même facilité, nous pourrions, si nous ne restons pas vigilants, sombrer dans une spirale descendante.

Les politiciens et institutions devraient s'intéresser à cette dépendance, comme à une nouvelle drogue ravageuse, celle de la facilité, ou dopamine sur commande.

Si nous ne développons pas notre force mentale, serons-nous assez fort pour ne pas nous laisser impressionner par l'intelligence artificielle? Nous avons le devoir de trouver l'équilibre entre faciliter nos vies ou les régler sur des algorithmes.

Pourquoi le développement des technologies représentet-elles un danger?

Jacques Attali explique très bien dans son livre Une brève histoire de l'avenir comment la démocratie découle du capitalisme.

Je résume: en créant de la richesse, on peut construire la cité, voire une civilisation. Les gens s'individualisent et prennent conscience de leur potentiel. Ils le développent et deviennent de meilleurs travailleurs. Ils sont plus compétitifs.

Le capitalisme repose sur l'accumulation de bien, de la liberté d'en être le propriétaire et de la concurrence.

Or cette liberté dépend de la croissance incessante du marché de l'économie. C'est ici que surgit le besoin vital d'avancées technologiques. Pour créer une croissance constante, il faut inventer toujours de nouvelles technologies qui facilitent le confort matériel — et nous en bénéficions tous!

Voilà. Pour se perfectionner, il faut être concurrent, avoir de meilleurs cerveaux qui doivent réfléchir à des inventions de plus en plus petites et rapides. J. Attali termine sur deux issues possibles. La pire, celle d'un hyperempire dont les leaders des GAFA seraient les rois qui ruineraient notre humanité par l'avènement de l'homme-machine. Loin d'être une fiction, vous faites déjà partie des clients potentiels!

Voilà pourquoi vous devriez vous intéresser aux avancées technologiques et à la politique!

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