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15/02/2015 08:34 EST | Actualisé 17/04/2015 05:12 EDT

Une course? Vraiment?

Ce que les militants du Parti québécois voient en PKP, c'est le chevalier d'industrie, une denrée rare dans les rangs du parti. Mais, pour peu qu'on s'y arrête et qu'on oublie un instant qui il est, on est en droit de se demander ce qu'on peut espérer de lui.

La course à la chefferie est maintenant officiellement commencée. C'est presque une surprise de l'apprendre tant il semble que les candidats l'aient entamée depuis longtemps. Des six qui se bousculaient au portillon, il n'en reste plus que cinq. Jean-François Lisée a accompli le tour de force de se retirer de la course pour la direction d'un parti dont il s'était déjà sorti lui-même auparavant. Après avoir émis des doutes sur la pertinence d'avoir un candidat encore trop étroitement lié à l'empire médiatique Quebecor, il avait révélé son opposition au projet de loi sur une charte de la laïcité concoctée par son collègue Bernard Drainville. Eut-elle été présentée à l'Assemblée nationale qu'il aurait voté contre, nous annonce-t-il. Comme solidarité ministérielle, on a déjà vu mieux!

Donc, s'alignent maintenant sur la ligne de départ cinq candidats: Pierre Céré, Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, Martine Ouellet et Pierre Karl Péladeau, ce dernier bénéficiant, dit-on, d'une avance confortable. Cet avantage, il l'a obtenu non par un talent politique confirmé, mais bien par sa notoriété comme propriétaire de Quebecor. Ce que les militants du Parti québécois voient en lui, c'est le chevalier d'industrie, une denrée rare dans les rangs du parti. Mais, pour peu qu'on s'y arrête et qu'on oublie un instant qui il est, on est en droit de se demander ce qu'on peut espérer de lui à la lumière de ses plus récentes performances.

Récemment, il a avancé ne pas avoir à répondre aux questions des journalistes, préférant s'en remettre à sa page Facebook pour nous exposer le fruit de ses réflexions. Il s'est indigné de recevoir des appels de ceux-ci sur son téléphone portable. En commission parlementaire, au cours de l'été, il est intervenu de façon répétée pour que le gouvernement favorise Québecor, dans son effort pour acheter Vision Globale, propriétaire notamment des Studios Mel's. Il s'est aussi distingué en demandant une chanson en français au groupe anglophone de Montréal Groenland lors d'un concert en Abitibi. Il a sans doute jugé que d'être l'ex-propriétaire de la chainé Sun Media qui hébergeait le Quebec basher de service qu'est Ezra Levant, l'autorisait à cette vertueuse manifestation profrançaise.

Bref, il n'y a rien là de bien prometteur, côté jugement. Sans oublier qu'il demeure l'actionnaire principal de Québecor, même s'il s'est engagé, une fois devenu chef du PQ, à mettre ses actions dans une fiducie sans droit de regard.

De le voir ainsi avoir la préférence des militants péquistes pour devenir le prochain chef du parti est bien déconcertant. En plus d'avoir fait montre de bien peu de jugement et d'encore moins de flair politique, il n'a à ce jour présenté aucune idée, hormis une vague profession de foi sociodémocrate et l'engagement de tenir un référendum au moment jugé opportun.

C'est bien peu. Mais ça semble suffisant. Comme si le fait d'être un homme d'affaires prospère à qui tout a réussi était d'un symbolisme assez fort au PQ pour balayer sous le tapis toute forme d'hésitation. Ou de sens critique...

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