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10/09/2018 14:59 EDT | Actualisé 10/09/2018 15:05 EDT

40 000 immigrants par année? Attendons voir!

Ont-ils des solutions à la grande concentration des immigrants à Montréal, alors que le problème du manque de travailleurs sévit aussi dans les régions?

Il appert que ceux qui trouveront la porte plus étroite pour entrer au Québec peuvent être classés dans le groupe des plus aptes à intégrer le marché du travail.
Getty Images/iStockphoto
Il appert que ceux qui trouveront la porte plus étroite pour entrer au Québec peuvent être classés dans le groupe des plus aptes à intégrer le marché du travail.

François Legault ne ment pas quand il dit qu'il a l'intention de réduire le nombre d'arrivée d'immigrants de 50 000 à 40 000 s'il est élu. L'intention, il est possible qu'il l'ait effectivement! C'est facile d'avoir une intention. Quant à savoir s'il le fera vraiment, c'est une tout autre question. En fait, je crois même que le scénario qui met en scène son recul sur cette question est déjà écrit, prêt à être livré.

Il faut savoir que le Québec a son mot à dire sur la catégorie dite des immigrants économiques, ce qui représente 60% du total. Le Canada garde la haute main sur ceux venus ici sur la base de la réunification familiale et sur les réfugiés. On peut facilement penser, sans trop caricaturer, que dans l'ensemble de ceux venus rejoindre leur famille, il y a un bon nombre de personnes âgées et de femmes qui resteront au foyer, des gens qui ne viennent pas ici intégrer le marché du travail.

Il appert donc que ceux qui trouveront la porte plus étroite pour entrer au Québec peuvent être classés dans le groupe des plus aptes à intégrer le marché du travail.

Il appert donc que ceux qui trouveront la porte plus étroite pour entrer au Québec peuvent être classés dans le groupe des plus aptes à intégrer le marché du travail. Alors que la main-d'œuvre manque au Québec actuellement, on peut penser que c'est un peu alarmant! En plus, ces nouveaux arrivants sont aussi de nouveaux consommateurs de biens et de services. Leur nombre resterait stable alors que l'on diminuerait la quantité de ceux qui pourraient travailler à contrer cette hausse des besoins.

M. Legault veut donc diminuer de manière égale, à hauteur de 20% approximativement, le nombre d'immigrants dans les trois catégories. Pour ce faire, il faut convaincre le premier ministre du Canada de le faire pour lui ou de lui confier les pouvoirs pour le faire. Voilà qui est très douteux! En fait, M. Legault sait très bien qu'il essuiera une fin de non-recevoir et que ce sera là sa porte de sortie pour renier cet engagement, ou fortement l'édulcorer.

Il est vrai que cette déclaration s'inscrit dans une constante que l'on retrouve dans le discours de M. Legault et comme dans celui d'autres personnes: l'immigration est traitée comme un problème. M. Legault sait que l'aborder ainsi, c'est plaire à certains électeurs inquiets. C'est jouer sur l'insécurité chronique des Québécois sur la question de leur survie! Mais est-ce la chose responsable à faire, de la part d'un homme politique qui aspire aux plus hautes fonctions?

Du côté des libéraux, c'est tout le contraire: l'immigration, c'est plus qu'un avantage, c'est une valeur.

Du côté des libéraux, c'est tout le contraire: l'immigration, c'est plus qu'un avantage, c'est une valeur. S'y attaque-t-on que M. Philippe Couillard sort les griffes. S'y attaque-t-on que l'on fait montre, selon lui, d'intolérance crasse.

On peut demander comment il se fait que, si cette question est si importante pour lui, il ait laissé, comme membre d'un conseil des ministres puis premier ministre lui-même, le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (MIDI) sombrer autant dans l'incompétence. Au point d'être fortement tancé par la vérificatrice générale dans un rapport assez dévastateur sur sa gestion!

Ont-ils des solutions à la grande concentration des immigrants à Montréal, alors que le problème du manque de travailleurs sévit aussi dans les régions?

On peut se demander aussi comment il se fait que cette question reste relativement absente de la campagne électorale. Bien sûr, les aspirants au poste de premier ministre nous parlent de chiffres dans lesquels semble se résumer toute la question de l'immigration. Mais ont-ils des solutions à la grande concentration des immigrants à Montréal, alors que le problème du manque de travailleurs sévit aussi dans les régions? Ont-ils quelque chose à dire sur la manière de redresser la situation au ministère même? Savent-ils comment bonifier les services offerts aux immigrants de manière à ce qu'ils soient vraiment en mesure d'apprendre le français et d'intégrer le marché du travail? Savent-ils comment il faut faire pour les sélectionner plus efficacement?

S'ils ont des réponses à ces questions cruciales, il faut croire qu'ils jugent cela trop compliqué pour daigner nous en parler!

L'immigration n'est pas en soi, de par sa nature propre, bonne ou mauvaise. Tout dépend de ce que l'on en fait. Mais il est indéniable que c'est actuellement une réponse partielle à la pénurie des travailleurs au Québec. Que les Québécois décident de recevoir moins d'immigrants, c'est leur droit et leur décision. Mais il faudrait leur dire, en toute transparence et honnêteté, que cela viendra avec du manque de personnel et une diminution dans la disponibilité et la qualité des biens et services offerts. Il faudra vivre avec.

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