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14/07/2016 11:52 EDT | Actualisé 14/07/2016 11:52 EDT

Le sport, vecteur de fierté nationale... sauf au Québec!

Le Québec serait beaucoup mieux servi s'il développait son élite de jeunes hockeyeurs et s'il se représentait comme nation fédérée au sein de l'IIHF. Car oui, il y en a des nations «fédérées» dans ce grand bal des nations de hockey.

Philippe Couillard n'est pas seulement le premier ministre du rapetissement de l'État québécois, de l'austérité budgétaire; c'est surtout le premier ministre du rapetissement du Québec en général.

Sa bataille, c'est de combattre le moindre sentiment de fierté nationale au Québec. Tout faire pour que le Québec soit petit, ratatiné, inapte.

En Europe, où les esprits vibrent encore des effluves de cet exceptionnel Euro de soccer, le premier ministre du Québec a été questionné sur la perspective de voir un jour le Québec se représenter en tant que nation fédérée sur la scène sportive.

Comme l'ont fait le Pays de Galles et l'Irlande du Nord lors de l'Euro. Rien de plus normal.

Sauf si cette nation est dirigée par un homme qui fait partie de ceux qui nient qu'elle existe. Car c'est bien de ça qu'il s'agit quand Philippe Couillard répond à cette question de la façon suivante :

« Je suis très content qu'on ait une équipe canadienne. On est tous des Canadiens et on est très heureux de l'être. »

On le répète, Philippe Couillard est premier ministre d'une nation dont l'existence -toute symbolique dans le contexte du parlementarisme canadien - a été reconnue par l'ancien premier ministre du Canada.

Mais pour le plus fédéraliste, le plus « canadien » de tous les premiers ministres de l'histoire du Québec, la seule perspective de faire naître un sentiment de fierté nationale au Québec par le biais d'événements sportifs est tout simplement intolérable.

Pire, pour justifier sa position, il s'appuie sur un postulat qui est tout à fait faux : « On est tous des Canadiens et on est heureux de l'être ». Une affirmation qui nie le fait que 40 % des Québécois au minimum sont indépendantistes, donc qu'ils ne se voient pas comme « Canadiens » du tout et que la majorité des Québécois se disent « Québécois d'abord » et pour certains « Canadiens ensuite ».

Le sport, vecteur de fierté nationale

Quand arrivent les grands événements mondiaux de la planète sport, j'ai hâte; là, c'était l'Euro! Je scrute les alignements des uns, des autres. Nouvelle formule cette fois-ci à l'Euro, plus de pays qui participent au tournoi. Une effervescence gagne chacune des nations; il est permis de rêver... On ne sait jamais! C'est le propre des événements sportifs internationaux de stimuler le sentiment de fierté nationale. Rien de plus normal!

Et il y a ces plus petites nations qui jubilent du simple fait de s'être qualifiée. Des nations comme la nôtre, au Québec. Des nations fédérées. L'Irlande du Nord, le Pays de Galles y étaient; meilleure façon selon les fédérations nationales de développer l'élite du soccer de chez elles... Se frotter aux meilleurs. C'est tout naturel. Le Pays de Galles par exemple, fort d'un parcours jusqu'aux demi-finales, a récolté un joli pactole qui sera remis à sa fédération « nationale » de soccer.

Et que dire des Vikings! De leur enthousiasme contagieux! Combien de Québécois ont été charmés par les Islandais, petite nation capable de grande chose!

Philippe Couillard préfère un Québec petit.

Oui, ça fait rêver. Mais pas Philippe Couillard. Cet éteigneur de la nation québécoise est horripilé à la seule perspective que cette nation québécoise puisse recommencer à rêver justement.

Philippe Couillard préfère un Québec petit. Dans le Canada sportif qui est un champion du marketing des événements internationaux de sport afin de mousser l'identité, la fierté nationale canadienne.

Le Québec, grand oublié des nations de hockey dans le monde...

Si Philippe Couillard voulait le bien des jeunes sportifs du Québec plutôt que son obsession de ratatiner le Québec, il militerait pour que la Belle province se représente en tant que nation fédérée; surtout au hockey, notre passion nationale.

Chaque année, la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF en anglais) présente la coupe du monde masculine. Il s'agit d'un tournoi printanier de très grande envergure : le groupe mondial qui rassemble les 16 meilleures équipes au monde et trois divisions intérieures au sein desquelles les nations s'affrontent afin d'aspirer, un jour, joindre le rang du groupe mondial.

En tout cette année, 47 équipes nationales ont participé à ce grand tournoi international de hockey. En moyenne, il y avait 21 joueurs sélectionnés par nation; un total de plus de 900 joueurs.

Le Québec aura été représenté cette année par le Gatinois Derek Brassard, seul Québécois retenu par l'équipe du Canada.

Un Québécois sur plus de 900 joueurs.

Les Québécois mangent du hockey, la province compte sur une fédération « nationale » compétente, développée. Le Québec compte sur de nombreux joueurs d'élite qui auraient pu faire partie d'une équipe nationale dans le groupe mondial à ce tournoi. Le « Québec nation » serait parmi les huit meilleures équipes du monde à ce tournoi, j'en suis convaincu.

La Hongrie aura envoyé 23 joueurs se frotter aux meilleurs, car elle avait gagné son groupe de relégation l'an dernier. Même chose pou le Kazakhstan. La meilleure façon de développer son élite... Se frotter aux meilleurs.

Eh oui, il y en a des nations « fédérées » dans ce grand bal des nations de hockey.

Le Québec aura envoyé un joueur. C'est la même chose lors des Championnats mondiaux juniors de l'IIHF. Le Québec envoie en moyenne trois joueurs d'âge junior par année au sein de Team Canada. Toujours les joueurs d'exception. À talent égal, 99 % du temps, on choisit le joueur canadien. Car cette distinction existe au Canada. Ô qu'elle existe. Le Québec serait beaucoup mieux servi s'il développait son élite de jeunes hockeyeurs et s'il se représentait comme nation fédérée au sein de l'IIHF.

Eh oui, il y en a des nations « fédérées » dans ce grand bal des nations de hockey. Les champions « juniors » de l'IIHF des moins de 20 ans en zone Asie en 2016... Hong Kong. Une nation « fédérée » qui progresse rapidement sur la planète hockey.

Mais surtout pas le Québec. Tout faire pour que jamais ne naisse de sentiment de fierté nationale au Québec.

Préparez-vous pourtant à une orgie de publicité pro Canada dès l'automne. Le grand tournoi des meilleurs joueurs juniors de l'IIHF passera par Montréal et Toronto en décembre-janvier. Une orgie de publicité sportive dopée à la fierté canadienne.

Car tant que ce n'est pas le Québec, c'est tout à fait normal d'être fier de sa nation.

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