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14/04/2015 11:50 EDT | Actualisé 14/06/2015 05:12 EDT

Mon choix est fait: fièrement, ce sera Martine Ouellet

Aujourd'hui, c'est la dernière journée pour devenir membre du PQ et se donner la chance d'appuyer un candidat, je suggère fortement à tous les indépendantistes, à tous les nationalistes, de le faire.

Pourquoi Martine Ouellet? Pourquoi devenir membre du PQ maintenant? Car j'étais de ceux qui avaient demandé avec le plus d'insistance que ce parti se questionne, qu'il accepte de parler, au grand jour, des raisons qui expliquent ses échecs passés, qu'il accepte de s'ouvrir aux indépendantistes qui refusent de le joindre et ceux qui militent ailleurs, qu'il accepte de se questionner sur les raisons qui poussent un politicien brillant comme Jean-Martin Aussant à faire cavalier seul et fédérer de façon efficace, brillante, un segment de la population qui échappe trop souvent au PQ: les plus jeunes.

La course à la chefferie actuelle n'est pas parfaite, mais dans le climat politique actuel où le parti qui gouverne s'est fait élire en refusant de présenter un programme politique, par le seul appui béat d'un électorat captif (oui il est vrai que certains le regrettent aujourd'hui, mais ils sont trop silencieux et encore minoritaires). Souvent, cet électorat libéral provincial conteste la gouvernance Harper au fédéral, s'entichant de Trudeau ou de Mulcair, mais se trouve en appuyant le PLQ à livrer le Québec aux idéologues d'une droite copiée sur celle de Harper; nauséabond paradoxe. Dans ce contexte politique donc, il est capital que les indépendantistes répondent à la gouvernance libérale illégitime de Couillard par un brassage d'idées à partir duquel on pourra proposer un programme de gouvernance qui saura rassembler le plus grand nombre.

Car si Philippe Couillard et ses ministres aiment se réclamer de la «majorité silencieuse», l'analyse des appuis libéraux depuis un an montre plutôt que le PLQ perd des plumes (le dernier Léger pour Le Devoir montre que seulement 5% des francophones se disent très satisfaits du gouvernement Couillard contre 42% qui sont très insatisfaits; fait à noter, seulement 27% des électeurs caquistes se disent très ou plutôt satisfaits de cette gouvernance - voir image ci-dessous). Bref, la majorité silencieuse désapprouve cette gouvernance illégitime.

Il y a beaucoup d'éléments que j'ai entendus lors de cette chefferie qui m'encouragent, qui m'intéressent. De Martine Ouellet, j'aime la clarté du propos, la concision. Le PQ doit mettre de l'avant sa raison d'être, l'indépendance. Chaque jour, Couillard et le Parti libéral s'emploient à ratatiner, rapetisser le Québec, en faire un champ de ruines sur lequel il ne restera plus qu'à assoir le Canada... À cette gouvernance fédéraliste radicale, le PQ doit opposer la seule alternative viable, l'indépendance. Martine Ouellet propose la clarté sur cet enjeu. Sur la question du pétrole, ou de la démocratie étudiante, chaque fois, Martine Ouellet répond par une proposition claire, cela me plaît beaucoup. Bref, si Martine Ouellet, ses propositions ne font pas partie de la solution au PQ à naître... comme on dit par chez nous, « Ce parti est dans marde » selon moi.

Je joins le PQ pour appuyer Martine Ouellet mais non sans avoir aussi des affinités pour les autres candidats. J'ai des doutes quant au registre d'un million de signatures pour enclencher le référendum que propose Alexandre Cloutier mais je salue le fait qu'il ait placé la question du rassemblement de toutes les forces indépendantistes au centre de sa campagne. Cloutier était certainement mon choix numéro 2.

Cependant, si au terme de cette course à la chefferie les membres choisissaient un autre candidat, le plus important pour moi demeure que a) le prochain chef fasse siennes certaines des propositions phares qui ont permis aux autres candidats de rallier tant d'appuis et b) que les membres acceptent le verdict et travaillent avec celui qui aura été choisi. Le Québec ne peut se permettre un autre cycle de 8-10 ans de gouvernance libérale qu'au coût de son assimilation complète au Canada en tant que province comme les autres et tout ce que cela implique selon un idéologue comme Couillard. Je préfère ne même pas y penser.

Devenir membre d'un parti politique n'est pas une mince affaire, pas le genre de chose que l'on fait sur un coup de tête. En 2011, suite à la vague orange au fédéral, je m'étais questionné sur la pertinence de devenir membre du NPD au fédéral afin d'y faire entendre plus de voix résolument indépendantistes. Je connaissais des gens, élus à la surprise, qui étaient indépendantistes; dans le staff aussi. J'ai vite déchanté. Les voix indépendantistes ont vite été tues. Fort de cet appui inespéré, Mulcair et compagnie se sont attelé à regarder vers l'ouest du Québec, là où le potentiel de croissance du NPD réside. Quand les intérêts du Québec divergeaient de ceux du ROC, le NPD a toujours pensé en fonction du pouvoir; et comme ce parti pourra difficilement faire mieux au Québec que la vague orange de 2011...

J'ai toujours fait partie de ces indépendantistes réfractaires à être membre de tout parti politique au Québec. Nous sommes plus nombreux qu'il n'y parait. Ainsi, je n'ai jamais été membre du PQ auparavant. Jamais.

Mais cette fois-ci, si je demeure dans la marge, indépendantiste certes, mais passif au sein de cette course, j'ai la ferme conviction que j'aurai manqué une occasion importante de faire entendre ma voix. Le 15 avril est la dernière journée pour devenir membre du PQ et de se donner la chance d'appuyer un candidat, je suggère fortement à tous les indépendantistes, à tous les nationalistes, de le faire. Le Québec a grand besoin que le PQ redevienne une force en qui l'on a le goût de croire, une force à l'Assemblée nationale pour se faire la voix de la majorité de Québécois qui en ont marre que le Parti libéral piétine et méprise la population, toujours au profit des mêmes...

Idéalisme? Peut-être. Mais céder au cynisme, c'est accepter le règne libéral, c'est consentir au ratatinement du Québec. Désolé, mais je préfère rêver. Mieux encore, je propose qu'on se retrousse les manches et qu'on fasse le ménage. Qu'on commence ce grand balayage par l'envoi de ce régime qui a fait tant de tort au Québec dans les poubelles de l'histoire...

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