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17/10/2015 09:20 EDT | Actualisé 17/10/2016 05:12 EDT

«L'appui aux conservateurs outrageusement sous-estimé par les sondeurs»

Les conservateurs mènent, et pourraient même aspirer à une courte majorité.

Connaissez-vous Micheal Marzolini? Les plus âgés, peut-être? Et pourtant, dans le monde des campagnes électorales interminables et de la multiplication indécente de sondages trop souvent farfelus, tous devraient le connaître...

Pourquoi?

Car Micheal Marzolini revendique la seule prévision 100% «sur le piton», comme on dit! En 1988, alors qu'il travaillait pour le réseau CTV, ce sondeur (et sa firme Pollara Strategic) ont réussi à prévoir sans marge d'erreur (à 0,0%) le résultat de l'élection fédérale.

Bang! Drette dessus! Au diable la marge d'erreur. On dit que cet exploit n'avait jamais été réussi avant, et on est certain qu'il n'a jamais été accompli après.

Bien au contraire. C'est plutôt l'inverse qui se produit. L'industrie de l'enquête d'opinion politique se cherche. Elle est sur le point de s'écrouler, la population ne faisant guère confiance aux sondages...

Le vote conservateur est outrageusement sous-estimé

Quand Marzolini se prononce sur les sondages, son opinion est très prisée. Une sommité dans le domaine, il s'est prononcé cette semaine, non pour prévoir le résultat de l'élection, mais plutôt pour apporter une précision fort intéressante. Selon le fondateur de Pollara, ceux qui sondent la campagne en cours sous-estiment outrageusement l'appui réel aux conservateurs.

Warren Kinsella l'a rencontré et fait part de son analyse dans un texte du Hill Times publié jeudi:

Marzolini aggregated the numbers offered up by the (few) reputable pollsters in Election 42. He superimposed those numbers on various demographic groups--old, young, male, female, families, and so on.

"Canadians 55 and older...wield the most clout this election," Marzolini wrote. "They vote in higher numbers than anybody else, and so far this campaign they are overwhelmingly Conservative. If these were the only voters, Stephen Harper would win his largest majority ever, 16 per cent ahead of his closest rival."

Observing that older voters vote more, and vote Conservative more often, is no revelation. Noting that young people vote less, and vote Liberal or New Democrat more often, is also no big bombshell. Both have been common knowledge for a long time.

But Marzolini looked at the dozens of polls that have been released nearly daily throughout this interminable election campaign--and he did so through the prism of age. And this is what he found:

"The Conservatives are very weak among young voters, and amongst all the demographics that don't tend to vote. This won't hurt them. Their support is almost exclusively among high turnout groups, including seniors. Their support in the polls is therefore extremely understated."

"Extremely understated." What does that mean, in hard numbers? Marzolini doesn't equivocate. He assesses the current vote yield for each party as 37 per cent Conservative, 32 per cent Liberal, and 27 per cent New Democrat. That may not be a majority, but it's close.

Bref, les conservateurs sont très forts au sein des segments de l'électorat qui votent le plus, et se trouvent désavantagés au sein des segments de l'électorat qui votent le moins.

Si on ajoute ces éléments à l'analyse des chiffres des sondeurs les plus réputés (dont la méthodologie est partagée et fiable), on obtient un portrait très différent de celui qui est le plus souvent partagé par les médias. Les conservateurs mènent, et pourraient même aspirer à une courte majorité.

L'inconnue demeure le taux de participation des segments de la population qui votent le moins: les 18-30 ans, les plus démunis, les nouveaux arrivants, etc. Rien ne laisse présager que le taux de participation chez les plus jeunes explosera dans le cadre de l'élection en cours. Vrai que la participation au vote par anticipation fut élevée, mais selon plusieurs analystes, c'est autant le fruit d'une campagne électorale interminable que d'un intérêt plus poussé envers la course en elle-même.

L'analyse de Michael Marzolini a trouvé écho auprès du PDG de EKOS Politics, Frank Graves, qui écrivait plus tôt cette semaine que le sort du premier ministre sortant Stephen Harper serait réglé si la «génération des cellulaires» (les plus jeunes électeurs) votaient en grand nombre. Mais pour renverser une tendance démographique lourde - non seulement les plus âgés votent plus, la pyramide démographique est en leur faveur car ils sont beaucoup plus nombreux - il faudra que les jeunes votent beaucoup plus que les 3 sur 10 qui l'ont fait en 2011 (18-24 ans).

De façon plus réaliste, je m'attends personnellement à ce que le taux de participation chez les jeunes soit un peu plus élevé, mais rien qui ne puisse renverser la tendance du vote captif chez les plus âgés. Avantage Harper indéniablement, ici.

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