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23/07/2013 05:02 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

Valide-moi!

Pourquoi avons-nous tant besoin de l'approbation des autres? Parce qu'on ne « s'approuve » pas soi-même. Ce faisant, on ressent un vide qu'on n'arrive pas à combler de manière autonome. Résultat : on cherche cette approbation à l'extérieur, dans les regards, dans les gestes, dans les paroles des autres.

Nécessairement, on vit de la frustration lorsque les autres ne nous approuvent pas, lorsqu'ils ne nous valident pas. On part ainsi en quête d'une personne qui saura le faire. Souvent, on finit par trouver. Mais parfois, non.

Et le sentiment de colère continue de nous envahir. La colère. Vous savez, ce sentiment dit «négatif»? Personnellement, je ne crois pas qu'il existe d'émotions positives ou négatives. À la base, on ressent tous et ce, de manière innée, six émotions dites primaires; la joie, la colère, la peur, la surprise, le dégoût, la tristesse. Sur six, quatre sont forcément « négatives » et une (la surprise) possède le potentiel de l'être.

Ouf. Ça en fait, des probabilités de ressentir des émotions « négatives » dans une vie! Et cela, sans compter les émotions complexes qui s'y rajoutent; la jalousie, l'envie, le découragement, la fatigue et j'en passe.

Mais pourquoi ne crois-je pas que ces émotions en sont des négatives? Justement parce qu'elles sont normales. Parce qu'il est sain de les vivre. Elles font partie de nous, de nos vies et ce, qu'on le veuille ou non. Ce qui serait négatif, voire malsain, serait de ne pas se donner le droit de les ressentir. Alors oui, je concède, il est désagréable de les vivre. Mais avez-vous remarqué que plus vous tenter de les enfouir, plus elles prennent de la force?

Je personnifie souvent les émotions; je les imagine en train de vouloir attirer mon attention contre mon gré. Elles finissent toujours par lever le ton, s'agiter, voire crier et me secouer les épaules pour que je les reconnaisse, pour que je leur donne le droit d'exister même si je n'en ai fichtrement pas le goût!

Mon constat? Plus je les laisse « exister », moins elles persistent. Plus je me donne le droit de ressentir la gamme complète d'émotions, plus je suis capable de faire face aux émotions « négatives » efficacement et retourner paisiblement à la joie, à la détente, au bien-être.

Alors, il est primordial qu'on se donne le droit. Qu'on se valide. Se valider ne veut pas dire s'apitoyer! Non. Ça veut simplement dire accepter que le sentiment désagréable est en nous mais qu'il finira, comme tout le reste, par passer. Parce que oui, même les moments de joie finissent par passer. Ainsi, mieux vaut les savourer sans les prendre pour acquis!

Tout autant que la validation, la relativisation est primordial. Qu'entends-je par « relativisation »? Se comparer aux autres, car c'est bien connu, « qui se compare se console »? Pas du tout. En fait, je trouve plutôt illogique de penser ainsi. Selon cet adage, cela signifierait qu'on ne pourrait jamais vivre nos émotions « négatives » car il y aura toujours pire que nous. Inversement, suivant cette même logique, on ne pourrait jamais être heureux, puisqu'il y aura toujours plus heureux que soi.

Ce que j'entends par relativiser, c'est plutôt de voir à quel point notre réaction à une situation est intense vis-à-vis l'impact réel de cette situation sur notre vie. C'est de la mettre en perspective avec les autres choses qui agrémentent notre vie et se demander : « Est-ce que l'élément négatif entache tout le reste ou non? » Souvent, la réponse est non. Mais souvent, on s'entête à saboter nous-mêmes tout le reste qui allait pourtant bien! Ah, cette peur d'être heureux, cette crainte de ne pas mériter ce qui nous arrive, cette hantise de ne pas savoir quoi faire du bien-être.

Alors, cette semaine (pour commencer!), donnez-vous le droit de vivre vos émotions, même si elles sont désagréables. Rappelez-vous qu'elles finiront par passer mais acceptez qu'en ce moment, elles sont présentes.

Bonne validation!

Le secret des gens heureux