LES BLOGUES
11/03/2014 12:12 EDT | Actualisé 11/05/2014 05:12 EDT

Je m'aime!

Il y a quelque temps, j'écrivais que mes limites étaient ce qui faisait de moi une personne unique que j'apprends à aimer. Un lecteur inconnu a commenté que j'étais une narcissique finie..

Il y a quelque temps, j'écrivais que mes limites étaient ce qui faisait de moi une personne unique que j'apprends à aimer.

Un lecteur inconnu, qui a un avatar en forme de pomme et un faux nom, a commenté que j'étais une narcissique finie, une ado attardée qui a encore le biais perceptif d'être unique au monde.

Le choc, en lisant ce commentaire. Si j'avais écrit que je me détestais, que je voulais être autrement, que je n'arrivais pas à être parfaite, que j'étais nulle de ne pas y arriver, aurais-je reçu sa pitié, sa sympathie...ou encore du mépris? (Après une très courte recherche, j'ai constaté que cette personne non identifiée passait son temps à écrire des commentaires désobligeants sur l'ensemble des billets de blogue des différents collaborateurs. T'sais, quand tu « t'aimes tellement » (heu-hum) que la seule façon que tu as trouvé pour t'estimer un tant soit peu soit en dénigrant les autres...)

Nous sommes dans une ère et dans un contexte culturel où chialer est la norme, voire encouragé. On se « tombe sur la tomate » pour tout et pour rien, on est rassuré quand les autres font de même. Mais n'est-ce pas là un signe d'une bien faible estime personnelle, que de se dénigrer de la sorte? Ou encore, est-ce une façon de recevoir les compliments des autres? Est-ce de la fausse modestie?

Et tout récemment, j'ai reçu le commentaire d'une dame me disant que j'étais courageuse de clamer haut et fort que je m'aimais telle que je suis, sans craindre les commentaires d'autrui. J'ai été troublée: pourquoi aurais-je peur des commentaires des autres? Et de quels commentaires fait-elle référence? Ceux qui me traiteront de narcissique? Ceux qui ne m'aiment pas comme je suis? Eh bien, je préfère être aimée pour ce que je suis vraiment et être détestée pour cette même raison que de me faire apprécier et haïr pour ce que je ne suis pas.

Et ce que je dis là, ce n'est pas que je m'aiiiimmme tellement que je passe mes journées à me contempler dans le miroir en me trouvant donc beeellllleee ou encore, à relire les articles que j'ai publiés dans les trois dernières années en me trouvant dooooonc bonne et intelligente! Loin de là. Je suis ultra critique envers moi-même. Seulement, j'essaie de plus employer de mots condescendants quand je m'adresse à moi-même. Je tente de me réserver le même sort de respect que j'offre à ceux qui m'entourent. J'essaie de me traiter comme si j'étais ma meilleure amie. Parce que c'est ce que je devrais être pour moi. C'est ce qu'on devrait tous être pour soi-même.

En se respectant, en se priorisant, en se permettant des pauses, des compliments, du recul, de l'empathie, on se permet de ne pas dépendre des autres pour combler ces besoins. On permet aussi aux autres de bénéficier de notre bien-être, de notre disponibilité et de notre réceptivité. Brené Brown, une docteure américaine en travail social parle d'ailleurs du « Power of vulnerability » (le pouvoir de la vulnérabilité) dans sa conférence TedX. En gros, elle constate que la différence entre les gens heureux et malheureux est la suivante : les premiers se donnent le droit d'être qui ils sont, d'être vulnérables. D'avoir des défauts, des limites. Et les seconds, non.

Je préfère - et de loin - être heureuse. Parce que oui, je m'aime assez pour croire (pas encore tous les jours de ma vie, mais bon, j'y travaille) que je mérite d'être heureuse, de faire des choix pour moi, qui m'apporteront joie et bonheur et par ricochet, apporteront la même chose aux gens qui me sont proches.

Je vous souhaite tellement de découvrir la même chose! De vous donner le droit d'être heureux et de prendre des décisions qui vous mèneront vers cet état intérieur.

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