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22/11/2018 13:27 EST | Actualisé 22/11/2018 13:33 EST

Plus de professionnels dans nos écoles, svp!

Le problème actuel est plus large: l’école n’arrive pas à répondre aux besoins criants des élèves par manque de ressources, de bonne volonté et de sens des priorités.

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Le personnel professionnel est trop souvent visé par les coupes de postes. On demande désormais à l’enseignant d’appliquer le plan d’intervention sans pouvoir parler à l’orthopédagogue, au surveillant d’être un peu psychologue…

Nous apprenions cette semaine que la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP) développe un projet-pilote afin que les intervenants scolaires puissent mieux agir lorsqu'arrive un cas de sextage entre élèves.

Pourtant, de nombreux autres problèmes importants vécus par les jeunes attendent, pendant ce temps, d'être résolus. Bien que ces initiatives soient louables, elles ne corrigent qu'un problème spécifique. Le problème actuel est plus large: l'école n'arrive pas à répondre aux besoins criants des élèves par manque de ressources, de bonne volonté et de sens des priorités.

Les jeunes qui fréquentent les établissements d'enseignement y arrivent avec un bagage personnel pas toujours réjouissant: troubles d'apprentissage, problèmes d'estime de soi, anxiété de performance, cyberintimidation, violence familiale...

Devant ces situations, les professionnels de l'éducation sont les mieux outillés pour intervenir au sein des équipes-écoles, pour développer des solutions en collaboration avec leurs collègues et pour mieux soutenir les élèves touchés. Le Conseil supérieur de l'éducation l'a lui-même reconnu dans son avis «Pour une école riche de ses élèves», publié l'an dernier. Mais il faut évidemment qu'il y ait des ressources professionnelles disponibles dans l'école.

Un manque de ressources

Malheureusement, la réalité est souvent tout autre: le personnel professionnel est trop souvent visé par les coupes de postes. On pellette alors une partie de son travail vers d'autres, qui n'ont pas les compétences nécessaires pour le faire. Par exemple, on demande à l'enseignant d'appliquer le plan d'intervention sans pouvoir parler à l'orthopédagogue, au surveillant d'être un peu psychologue...

La force d'une école repose sur son équipe et sur la collaboration entre ses membres.

Plusieurs deviennent surchargés et développent un sentiment d'impuissance. Ou encore, l'école se déresponsabilise en orientant les parents d'enfants vivant des difficultés vers des ressources externes qui ne font pas le lien avec les intervenants scolaires. Cette aide apportée à l'externe ne rapporte assurément pas autant aux autres acteurs de l'école et elle en sera moins bénéfique pour l'ensemble des élèves, car elle n'aura profité qu'à celles et à ceux qui y auront eu accès. Pourtant, pendant ce temps, les souffrances se multiplient à l'intérieur de nos établissements.

La force d'une école repose sur son équipe et sur la collaboration entre ses membres. En cette Semaine des professionnelles et des professionnels de l'éducation, la FPEP-CSQ tient à souligner le travail essentiel qu'ils réalisent au quotidien et elle tient à souligner la nécessité que ces femmes et ces hommes soient davantage présents dans nos écoles. Il en va du bien de tout le monde!

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