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13/12/2014 02:05 EST | Actualisé 13/02/2015 05:12 EST

Le droit de «catiner» n'existe pas Mesdames!

On a beau dire tout ce que l'on voudra, l'avènement du Dr Barrette en politique, et plus particulièrement au ministère de la Santé, est sans doute l'une des multiples belles surprises du Gouvernement Couillard. Sceptique à ses débuts, j'ai appris à l'aimer et l'apprécier au jour le jour. Avec la force d'un bulldozer bardé de gros bon sens, il passe outre les grincements de dents pour imposer sa réforme tous azimuts, et je lui dis BRAVO.

Mais voilà que les groupes féministes, et des femmes comme Julie Snyder et cie, montent aux barricades pour revendiquer le droit de se faire faire un enfant aux frais de l'État (Projet de Loi 20 : Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée). Le Dr Barrette a annoncé depuis longtemps que cette politique (que je qualifie ici de marchandisation de l'enfant) cesserait. Et il était temps. La simple illustration du cas pathétique de Joël Legendre nous démontre bien les dérives d'une politique à l'origine remplie de bonnes intentions, mais qui a été mal foutue et détournée de son objectif principal. Il était urgent d'agir, ne serait-ce que pour clarifier la situation de la mère porteuse qui n'est pas un concept juridiquement reconnu dans notre droit civil, et souhaitons que celui-ci ne le devienne jamais. Les risques de dérive sont trop élevés au niveau de l'éthique et de la morale.

Certaines personnes sont outrées de l'exigence d'une évaluation psychosociale des « parents » avant le début du processus de procréation assistée. À lire et à entendre certains propos, on constate que les opposants n'ont pas pris la peine de lire le projet de loi 20. Cette évaluation n'est pas requise lorsqu'on fait appel aux ressources du couple, mais uniquement lorsqu'un tiers est impliqué. Voilà qui est sage. Prendre un ovule ou du sperme d'une tierce personne exige effectivement une rencontre à trois avec un psychologue afin de bien mesurer les impacts d'une telle procédure qui aura - on s'en doute - des répercussions irréversibles dans la vie des personnes impliquées dans la démarche. C'est le gros bon sens. Combien de cas se sont malheureusement retrouvés devant les tribunaux un peu partout dans le monde où l'on revendiquait « après coup » la paternité ou la maternité d'un enfant? La sagesse nous enseigne une certaine prudence élémentaire.

Et que dire de ces femmes qui - sans conjoint - veulent se « commander » un enfant via les banques de sperme? Cette démarche ne devrait jamais être soutenue financièrement par l'État. Et dans un monde idéal, elle devrait même être proscrite. Il y a des limites à encourager le plaisir égoïste des gens. L'État n'a pas à cautionner une situation qui heurte la morale à ce point.

Enfin, la procréation assistée serait interdite aux enfants de moins de 18 ans - une bonne chose - et aux femmes de plus de 42 ans. Certaines crient déjà à la discrimination basée sur l`âge - comme si mettre un enfant au monde avait du sens à un âge aussi avancé! Et on va nous citer cette désaxée en Italie qui a accouché dans la soixantaine - comme s'il s'agissait d'un exemple à imiter! Avoir un enfant passé 42 ans veut aussi dire que l'adolescence sera vécue avec des parents dans la soixantaine. Ce scénario doit être l'exception puisqu'il relève du ridicule. Personne ne va me convaincre de l'idéal de cette situation complètement loufoque. Oui, il existe des cas d'exceptions, mais l'État n'a pas à les encourager ni même les supporter financièrement.

Les féministes auront beau hurler à l'atteinte à leurs droits fondamentaux, il n'en est rien. Tout ce débat n'est pas une histoire de « femmes », mais bien de parentalité et de bien-être d'un enfant qui - faut-il le souligner - n'a pas demandé à venir au monde. Voilà l'essentiel du débat. Avoir un enfant n'est pas un droit ni une marchandise qu'on se procure au supermarché du coin. Barrette a eu le courage de mettre de l'ordre éthique dans tout ce bordel déplorable. Il a agi en bon père de famille. Voilà un exemple rafraîchissant. Merci Dr Barrette.

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