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08/05/2018 09:00 EDT | Actualisé 08/05/2018 09:00 EDT

La saga de la dalle-jardin

Appelez-là dalle-jardin ou dalle-parc, cette grande et large passerelle qui devrait enjamber le futur échangeur Turcot verra-t-elle finalement le jour?

La Presse canadienne
Depuis l’annonce de la disparition de la dalle, les citoyens se sont mobilisés sans cesse pour réclamer son retour.

Une étude de faisabilité de 125 000$ lancée récemment par la Ville de Montréal donne de l'espoir. Cette dalle a fait l'objet de bien des débats depuis que le ministère des Transports, de la mobilité durable et de l'Électrification des transports l'a intégré au projet de réaménagement de l'échangeur en 2010.

Quelques mois plus tard, surprise, la dalle disparaît des plans. Raison invoquée : son coût est trop élevé. Rapidement, des groupes comme Sauvons la Falaise (falaise Saint-Jacques), le Comité de bon voisinage Turcot, Piétons Québec et le Centre d'écologie urbaine ont demandé qu'elle soit réintégrée au projet. Ils ne digèrent pas la raison donnée par le ministère pour abandonner la dalle. Et pour cause, la dalle, construite au coût de 40 M $ ne représenterait que 1 % du coût total estimé du réaménagement de l'échangeur Turcot (4 milliards $).

Ce retrait, en catimini, de la dalle donne une idée de l'importance que le gouvernement Couillard accorde au transport actif.

Ce retrait, en catimini, de la dalle donne une idée de l'importance que le gouvernement Couillard accorde au transport actif. Cette infrastructure est pourtant d'une importance vitale pour relier le quartier Notre-Dame-de-Grâce à l'arrondissement du Sud-Ouest. Elle permettrait aux piétons et aux cyclistes d'éviter d'avoir à faire un détour de sept kilomètres, le trajet nécessaire pour contourner l'échangeur. Elle permettrait aussi aux citoyens actifs du haut de la ville d'avoir un accès plus rapide au canal Lachine et au fleuve. Enfin, elle permettrait de corriger une erreur du passé, où à l'époque « du tout à l'auto », on construisait des infrastructures routières en pensant d'abord aux automobilistes.

Une mobilisation pour la dalle-jardin

Depuis l'annonce de la disparition de la dalle, les citoyens se sont mobilisés sans cesse pour réclamer son retour. En 2017, une pétition organisée par Équiterre et le Conseil régional de l'environnement de Montréal (CRE Montréal) avait même recueilli 10 000 signatures. En juin de la même année, une manifestation avait même lieu pour réclamer le retour de la fameuse dalle.

Les coûts de la construction de la dalle ne seront pas moins élevés à la fin du projet!

En réponse aux pressions des citoyens, le ministre des Transports de l'époque, Laurent Lessard, mentionnait qu'il attendrait la fin du réaménagement de l'échangeur Turcot pour reconsidérer le projet. On se demande bien pourquoi. Les coûts de la construction de la dalle ne seront pas moins élevés à la fin du projet!

Le retour de la dalle?

Octobre 2017, un changement de garde survient à Transports Québec. Le nouveau ministre, André Fortin, se montre intéressé au retour de la dalle. Il laisse planer la possibilité qu'elle revoie le jour.

On peut légitimement se demander pourquoi cette consultation? La dalle présentée au début du projet Turcot faisait bien l'affaire de tous les adeptes de transport actif.

Récemment, des consultations ont même eu lieu pour connaître ce que les citoyens veulent et une étude de faisabilité a été annoncée. On peut légitimement se demander pourquoi cette consultation? La dalle présentée au début du projet Turcot faisait bien l'affaire de tous les adeptes de transport actif. Mais, en dernière analyse, le plus important c'est qu'un lien soit créé pour permettre aux citoyens actifs de passer plus rapidement du nord au sud et vice versa.