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17/12/2018 10:37 EST | Actualisé 17/12/2018 10:45 EST

Nul besoin de choisir entre la protection de la planète et la création de richesse

Il faut réaliser que la transition énergétique ne repose pas sur un arbitrage ingrat à faire entre protection de la planète et création de richesse.

Parce que la transition énergétique requiert la mise au point et l'implantation de technologies plus efficaces, elle porte en soi d'immenses occasions de développement économique.
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Parce que la transition énergétique requiert la mise au point et l'implantation de technologies plus efficaces, elle porte en soi d'immenses occasions de développement économique.

Il faut saluer la bonne nouvelle: dans son discours inaugural du 28 novembre, le premier ministre François Legault a explicitement fait de l'enjeu climatique une préoccupation de son gouvernement. Quant à la façon dont cette préoccupation s'incarnera dans des gestes concrets, on jugera l'arbre à ses fruits. D'ici là, la chance doit être au coureur. La chance, certes. Mais pas le temps.

Le Québec a déjà pris beaucoup de retard sur son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% en 2020, par rapport à ses émissions de 1990.

Selon le plus récent inventaire québécois des émissions de GES, en 2016, à quatre ans de l'échéance, nous n'en étions qu'à 9,1%. Le nouveau gouvernement n'est certes pas imputable de ce retard. La question n'est pas là.

Cependant, le gouvernement doit prendre des mesures efficaces et urgentes pour combler ce retard. Les discussions en cours à la COP24 ou les divergences lors de la rencontre des premiers ministres, la semaine dernière, nous le rappellent avec vigueur.

Une vérité toute simple

Le transport est à lui seul la source de 43% de nos émissions de GES. Pendant que l'ensemble des autres secteurs d'activité réduisaient leurs émissions de près de 24% (et dépassaient ainsi l'objectif de 20%), le secteur du transport augmentait les siennes de 22%. Le secteur des transports et ses entreprises doivent bénéficier de l'aide nécessaire pour acquérir de nouvelles technologies propres, et ainsi améliorer leur bilan environnemental et diminuer dans bien des cas leurs coûts de déplacement.

Les transports collectifs et autres modes de transport alternatifs doivent être privilégiés, ainsi que des carburants autres.

Cela dit, nul besoin d'attendre d'avoir réinventé la roue pour mener à bien des initiatives porteuses. Au Québec, des outils et programmes existent déjà, qui ne demandent qu'à être dynamisés ou recadrés pour remplir adéquatement leur mission et contribuer significativement à la baisse de nos émissions de GES.

Vers une stratégie de transition énergétique

La stratégie de transition énergétique du Québec repose sur deux outils fondamentaux: le plan d'action sur les changements climatiques (PACC) et le système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre (SPEDE). Non seulement le SPEDE a pour rôle de freiner l'émission de GES en leur assignant un coût, mais les recettes gouvernementales du SPEDE financent l'essentiel du Fonds vert, créé en 2006 pour financer des initiatives réductrices de GES.

Ces outils n'ont pas été à la hauteur des attentes. De l'avis de la FCCQ, trois conditions gagnantes sont de nature à leur redonner l'efficacité qu'ils auraient dû toujours avoir.

D'abord, il est déconcertant de constater que le Fonds vert accumule les surplus, qui totalisaient près d'un milliard de dollars au 31 mars dernier.

Il faudrait augmenter l'imputabilité des ministères et organismes responsables des programmes, en confiant à une tierce partie, et en rendant publique l'évaluation de leur performance face au Fond vert.

Une première condition gagnante serait donc, tout en préservant les montants dédiés au transport collectif, de consacrer rapidement ces sommes à des actions qui présentent le meilleur coût par tonne d'émissions de GES évitées. Le recours à cet indicateur de performance permettrait de comparer la performance des programmes et de mieux cibler ceux qui nous en offrent plus pour notre argent. Ce n'est malheureusement pas le cas actuellement.

Depuis sa création, le Fonds vert n'atteint qu'environ 20% de ses cibles. D'où une seconde condition gagnante: augmenter l'imputabilité des ministères et organismes responsables des programmes, en confiant à une tierce partie, et en rendant publique l'évaluation de leur performance. Le gouvernement pourrait ainsi s'inspirer de l'approche mise en place par la Régie de l'énergie envers les distributeurs, qui doivent faire évaluer leurs programmes d'efficacité énergétique par une tierce partie et publier des rapports d'amélioration externes.

La FCCQ a recensé plus de 170 initiatives financées par le Fonds vert, dont plus des deux tiers ne permettront vraisemblablement pas des réductions significatives des émissions à court et moyen termes. Aussi, une troisième condition gagnante serait de recentrer le choix des mesures et des programmes pour se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire ceux qui permettront de maximiser la réduction des émissions GES.

Il faut surtout réaliser que la transition énergétique ne repose pas sur un arbitrage ingrat à faire entre protection de la planète et création de richesse.

Il faut intensifier nos efforts pour accélérer la transition énergétique du Québec. Il ne s'agit pas simplement de faire plus, il faut surtout faire mieux: mieux choisir nos programmes, mieux en mesurer les résultats, et ce, pour mieux réduire notre empreinte de carbone.

Il faut surtout réaliser que la transition énergétique ne repose pas sur un arbitrage ingrat à faire entre protection de la planète et création de richesse. Parce que la transition énergétique requiert la mise au point et l'implantation de technologies plus efficaces, elle porte en soi d'immenses occasions de développement économique.

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