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16/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 16/03/2018 09:00 EDT

Immigrer au Québec et travailler en région

Le Québec accueille des immigrants depuis très longtemps, mais le contexte a rarement été aussi favorable à leur pleine participation à l'économie québécoise.

Classen Rafael / EyeEm via Getty Images

On parle beaucoup des problématiques de main-d'œuvre des entreprises québécoises. Le taux de chômage est si bas que l'on commence à vivre l'envers de la médaille du plein emploi dans plusieurs régions, c'est-à-dire le manque de travailleurs. Nous arriverons rapidement au constat que pour la première fois depuis longtemps, le défi du Québec n'est plus de créer assez d'emplois pour ses chômeurs, mais plutôt de trouver assez d'employés pour les emplois à combler! Le manque de main-d'œuvre est le principal obstacle à la croissance des entreprises québécoises et représente une problématique encore plus criante pour les employeurs à l'extérieur de la région métropolitaine.

Le Québec doit tirer avantage du fait qu'un nombre sans précédent de personnes à travers le monde souhaite acquérir des expériences de travail à l'étranger. De nombreux employeurs dans pratiquement tous les secteurs doivent faire appel à des travailleurs étrangers pour pourvoir leurs postes vacants et les entreprises n'ont pas toutes besoin de main-d'œuvre hautement qualifiée. Il y a donc des possibilités pour des profils variés. En ce sens, la diversité et l'inclusion, ce n'est pas un enjeu, c'est une nécessité. Une étude de l'Institut du Québec, réalisée pour la FCCQ, démontre d'ailleurs que le Québec devait viser un solde migratoire minimum de 60 000 immigrants, alors qu'il est actuellement à près de 30 000. Il faut donc à la fois accueillir plus d'immigrants qui répondent à nos besoins de main-d'œuvre et assurément mieux les retenir.

Notre conviction profonde est que l'emploi constitue l'outil d'intégration le plus efficace.

Plusieurs questions ont été soulevées quant à la capacité du Québec à bien intégrer ces futurs concitoyens. Notre conviction profonde est que l'emploi constitue l'outil d'intégration le plus efficace. La FCCQ a maintes fois rappelé qu'il est essentiel que les profils professionnels des nouveaux arrivants répondent davantage aux besoins du marché du travail et que les critères de sélection soient conséquemment ajustés.

Nous avons également souligné l'importance de faciliter l'implantation des familles des travailleurs partout au Québec, là où les entreprises ont besoin d'eux. Alors que 86 % des immigrants s'installent à Montréal, 55 % des emplois disponibles sont en région. Une condition essentielle pour une intégration professionnelle réussie est donc de faire en sorte que les nouveaux Québécois répondent à la fois aux compétences recherchées, mais également à la localisation géographique de cette demande de main-d'œuvre. Il faudra augmenter de façon importante le nombre d'immigrants qui arrivent avec une offre d'emploi validée; ce qui nécessite que le ministère de l'Immigration fasse en sorte que les employeurs obtiennent un accès simplifié au profil des candidats immigrants avant même leur arrivée au Québec.

Selon Statistique Canada, la tendance des immigrants à posséder une entreprise après 4 à 7 ans dépasse celle de la population née ici.

Par ailleurs, plusieurs personnes immigrantes souhaitent créer leur entreprise et contribuer à la vitalité de notre économie, devenant créateurs de main-d'œuvre et générant d'importants bénéfices financiers, sociaux et culturels pour la société québécoise. Selon Statistique Canada, la tendance des immigrants à posséder une entreprise après 4 à 7 ans dépasse celle de la population née ici. Loin de prendre l'emploi « des autres », plusieurs nouveaux arrivants créeront non seulement le leur, mais celui de nombreux concitoyens. Le Québec doit mieux accompagner ces entrepreneurs dans le démarrage de leurs entreprises.

Le Québec accueille des immigrants depuis très longtemps, mais le contexte a rarement été aussi favorable à leur pleine participation à l'économie québécoise. À nous de relever ce défi.

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