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09/10/2018 15:17 EDT | Actualisé 09/10/2018 15:27 EDT

«TLMEP» a manqué une occasion de remercier Chrystia Freeland

Chrystia Freeland et ses négociateurs sont des héros, compte tenu du fait qu'ils ont réussi à négocier quelque chose d'acceptable dans des conditions extrêmement difficiles.

TLMEP a fait preuve de partisanerie en affichant son dédain de la classe politique fédérale.
Chris Wattie / Reuters
TLMEP a fait preuve de partisanerie en affichant son dédain de la classe politique fédérale.

Chrystia Freeland et ses négociateurs sont des héros, compte tenu du fait qu'ils ont réussi à négocier quelque chose d'acceptable dans des conditions extrêmement difficiles.

Surtout, en tant que femme, la capacité de madame Freeland à nager dans des eaux diplomatiques normalement infestées de requins, mais où ici le mépris semble être la nouvelle norme pour écraser même ses propres citoyen(ne)s, ce n'est rien de moins qu'exceptionnel.

TLMEP a manqué l'occasion de la remercier publiquement d'avoir défendu les intérêts du Canada et du Québec.

Lors de son passage sur le plateau de l'émission dimanche dernier, le 7 octobre 2018, TLMEP a manqué l'occasion de la remercier publiquement, au nom de tous les francophones du pays, d'avoir défendu les intérêts du Canada et du Québec.

La décision éditoriale de l'émission de se pencher uniquement sur la gestion de l'offre, afin, semble-t-il, de satisfaire la hargne des agriculteurs québécois, ne tient compte ni de la difficulté de négocier avec l'égocentrisme brutal de l'administration américaine ni de la résilience de la ministre devant les insultes et les menaces. En plus, elle a bien voulu faire l'entrevue totalement en français alors que sa langue maternelle est l'anglais, langue quand même bien utile pour négocier avec les Américains.

Plutôt que de souligner ses efforts et lui donner le respect qu'elle mérite, TLMEP a fait preuve de partisanerie en affichant son dédain de la classe politique fédérale.

Plutôt que de souligner ses efforts, ce qui aurait été digne, et lui donner le respect qu'elle mérite, TLMEP a fait preuve encore une fois de partisanerie communautaire en affichant son dédain de la classe politique fédérale, comme elle le fait systématiquement envers ses invités politiques libéraux. Pourtant, les Québécois ne sont pas tous souverainistes ou antifédéralistes. Un peu de réserve aurait fait du bien, surtout à madame Freeland.

Quand on voit repartir la ministre Freeland avec une carte qui souligne la légalisation de la marijuana pour oublier sa «mauvaise décision» — on aura compris celle sur la gestion de l'offre —, c'est qu'on refuse délibérément de reconnaître les efforts d'un fédéraliste ou d'un membre du gouvernement libéral, quels qu'ils soient.

Ça, c'est une honte. Et c'est extrêmement décevant de la part d'une société d'État.

Surtout que, en contrepartie, tout de suite après, on accueillait une directrice d'école québécoise qu'on a louangée pour son engagement envers la réussite des jeunes, mais qui aurait pu s'inspirer de la ministre Freeland pour maitriser sa propre langue française. Ça, ça passe dans le beurre. Personne ne l'a souligné. Et on lui donne une carte complaisante et pleine de reconnaissance.

En prenant celle-ci comme exemple, une meilleure carte à offrir à la ministre Freeland aurait pu se lire: «Madame Freeland, pour votre flegme exemplaire devant l'intransigeance, votre fermeté devant l'irrationnel, votre sensibilité à l'égard du peuple francophone du Canada, et votre contribution exceptionnelle à notre société, je demande à Justin Trudeau d'ériger un monument en votre nom, que vous portez fort bien d'ailleurs.»

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