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17/03/2016 12:36 EDT | Actualisé 18/03/2017 05:12 EDT

Romulo Larrea à Montréal, quatrième capitale du tango dans le monde

Montréal est devenue la quatrième capitale du tango après Buenos Aires, Berlin et Amsterdam. Et cela, grâce au bandonéoniste Romulo Larrea, un Uruguayen installé au Québec en 1978 et qui n'a eu de cesse de transmettre sa passion à sa nouvelle patrie.

L'origine du tango est incertaine. Probablement né à la fin du XIXe siècle dans les bas-fonds peu fréquentables des faubourgs de Buenos Aires, parmi des hommes de la campagne venus rechercher une vie meilleure dans la grande ville, il aurait aussi un rapport avec les négriers qui appelaient tango le lieu où ils parquaient les esclaves noirs avant leur embarquement vers l'Amérique. C'est toutefois bien de la fin du XIXe siècle que l'on peut dater ce type de musique et cette danse aux contours globalement définis - avec ses évolutions récentes qui ne le privent pas de sa spécificité - et que tout le monde reconnait et apprécie aujourd'hui.

Le tango n'est pas resté confiné à la capitale argentine. S'il a conquis le monde entier, il s'est plus spécialement installé dans des grandes villes comme New York, Paris, Berlin, Stuttgart ou Amsterdam, et aussi Montréal.

Ainsi, Montréal est-elle devenue la quatrième capitale du tango après Buenos Aires, Berlin et Amsterdam. Et cela, grâce au bandonéoniste, compositeur, arrangeur et directeur musical du groupe L'Ensemble, Romulo Larrea, un Uruguayen formé par Astor Piazzolla installé au Québec en 1978 et qui n'a eu de cesse de transmettre sa passion à sa nouvelle patrie. Depuis, l'artiste a multiplié ses tournées en Europe et en Amérique du Sud comme du Nord. Il a partagé la scène avec les plus grandes vedettes de la scène musicale et a reçu de nombreuses distinctions au fil des ans.

Le voici de nouveau au Québec pour une nouvelle tournée de concerts chantés et dansés. L'ouverture en a été faite ce mercredi 16 mars 2016 en offrant une superbe prestation au théâtre Outremont à Montréal, avec son groupe L'Ensemble composé de sept musiciens, dont lui-même, d'une chanteuse à la voix chaude et profonde, et de deux couples de danseurs de tango.

Entouré de ses musiciens, deux violonistes, une altiste, une violoncelliste, un contrebassiste et un pianiste, son bandonéon posé sur son genou surélevé, il mène la danse et plonge le spectateur dans l'atmosphère à la fois mélancolique et fière des cabarets pauvres et parfois mal famés où les hommes sont prêts à se battre pour une question d'honneur, mais aussi à succomber devant le déhanchement des femmes. Les éclairages sont très beaux et les couples comme la chanteuse changent de tenues vestimentaires en fonction de chacun des morceaux joués.

On entend dans la musique la plainte des difficultés de la vie, rehaussée par des accents de joie et de gaité pas toujours justifiée. Musique très nostalgique, elle est l'occasion de prestations dansées où les couples semblent traverser tous les états de la vie amoureuse, de la complicité à la dispute, de la fâcherie à la réconciliation et à l'amour torride...

Rencontre particulière de la musique instrumentale, de la chanson et de la danse, le tango semble à priori démodé et peut-être pour cette raison totalement indémodable. On ne s'étonnera pas qu'il soit encore aujourd'hui capable de conquérir un public très jeune, intéressé par l'acquisition de cette danse d'improvisation qui en fait un exercice langoureux, intéressant et nullement mécanique. Sorte de dialogue entre les deux partenaires, le tango peut ainsi prendre des formes très variées en fonction de ceux qui s'y adonnent. Toute l'année, à Montréal, plusieurs lieux et écoles permettent de s'initier au tango. Et l'été, de nombreux parcs se remplissent de ses amateurs de tous âges pour danser sous les étoiles et rendre hommage à cette tradition désormais bien établie de Montréal, quatrième capitale du tango dans le monde.

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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