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16/12/2016 02:06 EST | Actualisé 16/12/2016 02:06 EST

«Les héros» comme on les aime

«Les héros», adaptation de la pièce Le vent des peupliers du Français Gérald SIbleyras, est un hymne à la vie et une pièce délicieuse dans laquelle on rit ou on sourit en s'attachant progressivement à ses trois ordinaires et pourtant merveilleux personnages.

Dans une belle région de France qui ressemble un peu à la Provence, un hospice pour vétérans de la guerre 14-18 où résident trois vieux pensionnaires qui n'apprécient guère les soins d'une certaine sœur Madeleine. Trois hommes âgés marqués par la Grande Guerre où tant de soldats ont péri, et qui n'ont d'autre activité que regarder le temps qui passe, célébrer les anniversaires - et surtout les décès - des autres pensionnaires...

L'éclat d'obus que Philippe a reçu dans la tête fait qu'il tombe très souvent dans les pommes et sort de son évanouissement en proférant des paroles de combat. La même guerre a blessé la jambe d'Henri et l'a condamné à boiter et à se déplacer difficilement à l'aide d'une canne. Quant à Gustave, peut-être la guerre l'a-t-il rendu très grincheux et un peu mythomane. Toujours est-il qu'il passe son temps à se plaindre et à faire des reproches à tout le monde...

Rien de très réjouissant à la situation de ces trois anciens soldats abandonnés de tous. Et pourtant... Les héros, adaptation de la pièce Le vent des peupliers du Français Gérald SIbleyras, est un hymne à la vie et une pièce délicieuse dans laquelle on rit ou on sourit en s'attachant progressivement à ses trois ordinaires et pourtant merveilleux personnages.

Dans un décor absolument superbe, la terrasse d'une très ancienne bâtisse surplombée d'un arbre gigantesque et qui donne, certes sur un cimetière, mais aussi une colline couverte de peupliers, les trois hommes ont élu domicile durant leurs journées et comptent bien protéger ce bastion de tout envahissement des autres pensionnaires. Car il y a une menace. L'autre terrasse de l'hospice, que l'on ne voit jamais, doit subir des travaux prochainement. Inévitablement les pensionnaires qui y traînent durant leurs journées vont vouloir se déplacer là où nos trois non-héros veulent poursuivre leurs échanges bien à l'abri des autres et surtout de Sœur Madeleine. Plus d'armes comme à la guerre pour pouvoir se protéger. Il n'y a d'autre issue que la fuite. L'Indochine est un peu loin, un pique-nique ne réjouit pas Gustave, reste le plan de rejoindre la colline et ses peupliers afin de voir le monde autrement.

Et l'on assiste aux discussions, disputes, jalousies, élans de solidarité entre ces trois hommes si différents et que le destin a rapproché sur cette terrasse. Chacun a sa vie, son passé, son tempérament, ses bons et ses mauvais côtés. Avec le chien de pierre qui orne la terrasse, ils forment comme une petite famille que le spectateur découvre peu à peu. Et tous ont leurs aspects réjouissants, attendrissants, humains et particulièrement attachants.

Les trois acteurs de la pièce sont chacun merveilleux dans son genre. Gustave joué par Guy Mignault est un affreux grincheux, finalement au cœur tendre. Henri interprété par Michel Dumont (qui a aussi assuré l'adaptation de la pièce) est un gentil vieux garçon qui a gardé toute sa fraîcheur et sa grande naïveté. Quant à Philippe, dont le rôle est tenu par Marc Legault, c'est à la fois le plus drôle, le plus fragile et aussi le plus fort, de cette joyeuse équipée.

Les héros font passer un moment extrêmement agréable et nous rappellent que toute personne mérite d'être connue et a toujours bien des choses à apporter aux autres.

Les héros, du 14 décembre 2016 au 4 février 2017, au théâtre Jean-Duceppe à Montréal

Ce billet de blogue a aussi été publié sur info-culture.biz

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