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24/01/2019 10:58 EST | Actualisé 24/01/2019 11:34 EST

«Grupo Corpo» de retour à Montréal dans une production réglée au quart de tour

Grupo Corpo est une troupe composée d'une vingtaine de jeunes artistes éblouissants de talents et dont on sent le plaisir de travailler ensemble et de se donner totalement au public.

Les danseurs ressemblent parfois à des sortes de poupées mécaniques dont tous les membres s'agitent à une allure folle.
José Luiz Pederneiras
Les danseurs ressemblent parfois à des sortes de poupées mécaniques dont tous les membres s'agitent à une allure folle.

Du fait de sa population bigarrée en raison de ses origines diverses, le Brésil bénéficie de multiples influences culturelles et religieuses: Autochtones, Portugais, Africains, à quoi s'ajoutent les immigrants du monde entier qui ont peuplé le pays jusqu'à aujourd'hui. Rodrigo Pederneiras sait tirer parti de toutes ces empreintes comme chorégraphe de l'extraordinaire troupe Grupo Corpo, de retour à Montréal pour un programme double dans le cadre de Danse Danse.

Ainsi, le spectacle s'ouvre sur un hommage à Jean-Sébastien Bach, le compositeur qui atteint l'apogée de la musique baroque pleine de contrastes et d'expressivité. Bach a été maintes fois revisité par des courants musicaux autres que classiques.

C'est sur une interprétation du compositeur Marco Antônio Guimarães de différents morceaux de Bach que les danseurs proposent une prestation des plus virtuoses et dont on sent qu'elle est réglée à la seconde près.

Pour marquer l'élévation de la musique de Bach et son usage fréquent de l'orgue, des dizaines de tubes métalliques ornent le haut de la scène d'où descendent les danseurs au début du spectacle, et qui servent à certaines de leurs acrobaties par la suite. Car la danse vue par Rodrigo Pederneiras est un mélange de danses classique et contemporaine particulièrement athlétiques et qui exigent parfois des talents acrobatiques à ses artistes.

Des danseurs vus à contrejour, on ne voit d'abord que les silhouettes. Puis, en pleine lumière, et selon les tableaux, ils revêtent des sortes de justes au corps noirs, puis bleus rois et enfin dorés qui donnent à leurs mouvements une beauté supplémentaire. Leurs danses extrêmement rapides, parfaitement coordonnées avec des décalages subtils, maintiennent leurs corps toujours debout ou presque.

Les danseurs ressemblent parfois à des sortes de poupées mécaniques dont tous les membres s'agitent à une allure folle, mais parfaitement en accord avec la musique, donnant presque l'impression que ce sont eux qui la produisent.

La deuxième partie du spectacle, Gira, est influencée par l'une des religions que l'on trouve au Brésil, l'umbanda, proche du candomblé, une sorte de mélange de religions africaine et chrétienne qui laisse une grande place au culte des âmes. Revêtus de longues jupes blanches, les danseurs et les danseuses apparaissent torses nus avec le cou entièrement maquillé d'une peinture rouge sang.

Si leurs mouvements sont tout aussi rapides que dans le premier ballet Bach, les danseurs dans Gira manifestent nettement plus de liberté dans leurs corps qui semblent aller parfois jusqu'à la transe. Le découpage de leurs muscles, leur souplesse extraordinaire et leur énergie ainsi libérée est encore plus visible et stupéfiante pour le spectateur.

Grupo Corpo est une troupe composée d'une vingtaine de jeunes artistes éblouissants de talents et dont on sent le plaisir de travailler ensemble et de se donner totalement au public.


Grupo Corpo, du 23 au 26 janvier 2019, au théâtre Maisonneuve à Montréal.

Cet article a aussi été publié sur pieuvre.ca