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17/02/2016 02:29 EST | Actualisé 17/02/2017 05:12 EST

«Glengarry Glen Ross» du grand David Mamet

Dans cette intrigue avec suspense qui tient en haleine le spectateur, les joutes verbales sont féroces, les dialogues brillants, le rythme effréné, l'action pleine d'humour.

Créée en 1983, la pièce de l'américain David Mamet, Glengarry Glen Ross se situe à Chicago dans le milieu très masculin de la vente immobilière. Il faut vendre, vendre à tout prix, vendre pour être le meilleur et remporter la Cadillac mise au concours, vendre pour ne pas être renvoyé et se retrouver au chômage, vendre pour survivre tout simplement.

Aussi, tous les coups sont-ils permis? Quatre agents immobiliers employés par les agences Glengarry Highland et Glen Ross Farms sont mis au pied du mur et vont faire tout ce qu'ils peuvent en deux jours pour tenter de vendre des biens aux acheteurs potentiels d'un fichier plus ou moins prometteur: flatter, mentir, insulter, intimider, corrompre, cambrioler...

Glengarry Glen Ross © François Laplante-Delagrave

Dans un beau décor très années 60 - même si le texte annonce une action 20 ans plus tard - les huit hommes de la pièce se confrontent dans des joutes verbales où insultes et coups bas ne manquent pas. À l'arrière du décor, sur l'immense mur de brique où trône une ancienne publicité de Lucky Strike, la jeune femme en costume marin a l'air d'observer de son œil amusé les agitations de ces hommes réduits à l'état de quasi bêtes sauvages.

Dans cette intrigue avec suspense qui tient en haleine le spectateur, les joutes verbales sont féroces, les dialogues brillants, le rythme effréné, l'action pleine d'humour. Car au bout du compte et tout au long du déroulement de la pièce, est pris qui croyait prendre, ce qui ne manque pas d'étonner le spectateur et de déclencher ses rires...

Le texte bénéficie d'une adaptation et d'une traduction en français de Denis Bouchard, auxquelles Frédéric Blanchette - le metteur en scène du projet - a également contribué. Les rôles sont tous très bien tenus. Les décors très agréables, le tout sur fond d'excellent jazz au piano qui met bien dans l'ambiance. Le spectacle d'1h30 passe à toute vitesse. On en sort très amusé.

Un très bon moment à passer pour découvrir ou redécouvrir ce géant et désormais classique de l'écriture qu'est David Mamet, digne héritier d'Arthur Miller et d'Harold Pinter.

Glengarry Glen Ross, du 2 au 27 février 2016 au Théâtre du Rideau Vert à Montréal.

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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