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21/02/2019 11:09 EST | Actualisé 21/02/2019 11:10 EST

Double programme de Jan Martens à l’Usine C à Montréal

«Ode to the Attempt» est plus explicite, au moins par le titre et la liste des 13 tentatives que Jan Martens prétend proposer aux spectateurs.

Entre danse et performance, c'est avec le corps que s'exprime Jan Martens, le sien ou celui d'autres artistes pour lesquels il conçoit ses spectacles. Pour trois soirs seulement, l'Usine C présente un double programme : BIS, un solo ou presque, conçu pour la danseuse Truus Bronkhorst, et Ode to the Attempt où le chorégraphe se met en scène lui-même.

BIS

Truus Bronkhorst semble être un homme lorsqu'elle apparaît sur scène dans le chaos d'une musique assourdissante pour tracer des phrases à la craie sur le sol: «Stay... Leave... Come back...». Après avoir été transportée comme un corps mort sur toute l'étendue de la scène, elle retire ses survêtements dans le silence apaisant qui s'installe.

La première séquence ne dure que quelques minutes, et toute la suite semble la cause douloureuse de la crise du début. Voici la danseuse, revêtue d'un juste au corps noir en dentelles, qui ne masque rien de son âge. Exposée en hauteur, ce qui ressemble d'abord à de doux gémissements se transforment en cris de douleurs, patiemment et lentement prononcés par l'artiste qui tourne sur elle-même au ralenti, dans un clair-obscur qui met l'accent sur son corps ou sur l'ombre de celui-ci. La répétition des gestes évoque ensuite peut-être le BIS du titre et des lamentations inévitables que rencontre chaque humain au cours de son existence.

Ode to the Attempt

Ode to the Attempt est plus explicite, au moins par le titre et la liste des 13 tentatives que Jan Martens prétend proposer aux spectateurs. Face à son ordinateur dont l'écran se projette sur le mur immense du fond de scène, on le voit d'abord frénétiquement ouvrir de multiples fenêtres, répondre à ses courriels, consulter divers sites, son agenda, se prendre des selfies... Puis sur une page Word, il note devant nous les 13 items de ce que seront ses tentatives pour sa proposition dansée, comme rendre les spectateurs conscients de ce qui arrive, bouger, remercier les morts-vivants, envoyer un message codé à son ex, être classique, minimaliste, provocateur mais rigolo, doux et charmant, finir sur une fin kitch...

Inutile de dire que certaines tentatives échouent et volontairement. Rien de classique dans la danse de Jan Martens, la séquence minimaliste sur une musique sérielle est en revanche très réussie. Jan Martens n'est pas un personnage qui cherche vraiment à être doux et charmant, mais plutôt à déranger. Il est en effet assez drôle dans ses propositions, et la fin est volontairement et totalement kitch, ce qui boucle le côté à la fois drôle et dérangeant de sa proposition.

BIS + Ode to the Attempt, du 20 au 22 février 2019, à l'Usine C à Montréal

BIS

Concept Jan Martens
Interprétation Truus Bronkhorst
Conception lumière Steffie De Haan
Conseil Marc Vanrunxt
Supervision technique Michel Spang
Production Frascati Producties Diffusion internationale A Propic/Line Rousseau et Marion Gauvent Remerciements ICKamsterdam
Présentation Usine C, avec le soutien du Conseil des arts du Canada, du gouvernement flamand et Dutch Performing Arts Fund

Ode to the Attempt

Concept et interprétation Jan Martens
Production GRIP

Diffusion internationale – A Propic / Line Rousseau, Marion Gauvent Remerciements Jeroen Bosch, Kristin De Groot, Michel Spang, Joris Van Oosterwijk, BProject Partners : Jheronimus Bosch 500 (Pays-Bas), Comune di Bassano del Grappa (Italie), Dance Umbrella London (Angleterre) , La Briqueterie/CDC du Val de Marne (France), D.ID Dance Identity (Autriche), Festival Cement (Pays-Bas), Dansateliers Rotterdam (Pays-Bas), Fonds Podiumkunsten Performing Arts Fund (Pays-Bas)

Cet article a aussi été publié sur pieuvre.ca

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