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11/11/2015 12:12 EST | Actualisé 10/11/2016 05:12 EST

Traduire le rêve, un dessin à la fois

L'idée en soi est bien simple: demander à des personnes en situation précaire de définir et d'imaginer leur maison idéale

Comment définiriez-vous votre maison idéale? Pourquoi? Le concept du «chez-soi» diffère d'une personne à l'autre. Pour certains, le tout se résume à une ambiance, une odeur, un moment. Pour d'autres, il fait référence à un pays, un endroit en particulier, à une pièce de la maisonnée. Or, qu'en est-il de ces gens en situation précaire, qui n'ont pas de toit sur leur tête? Quelle est la définition de leur chez-soi idéal? Un questionnement légitime qui a donné naissance au projet urbain Espace de rêve/Dream Home.

Espace de rêve/Dream Home, c'est la concrétisation d'un travail acharné de plus d'une quarantaine de personnes: artistes, médiateurs de l'organisme Exeko, architectes et étudiants en architecture, le tout mené d'une main de maître par Colleen Lashuk et Suzanne Doucet, deux architectes prônant la collaboration communautaire ainsi que l'architecture inclusive et participative. Le projet s'inscrit aussi dans la lignée des activités Métissages Urbains d'Exeko, soit des résidences artistiques où riment mixité sociale et créativité.

Donc, l'idée en soi est bien simple: demander à des personnes en situation précaire de définir et d'imaginer leur maison idéale: «À la base, c'est un projet d'architecture communautaire expérimentale. Nous avions constaté que les personnes en situation d'itinérance étaient souvent exclues du débat sociopolitique tournant autour des questions d'accessibilité au logement et d'aménagement de l'espace urbain montréalais. Pourtant, elles sont les principales touchées par les décisions des hauts placés. Il était impératif pour nous, de leur donner la parole et de les amener à concevoir leur ville, selon leurs idéaux», explique Suzanne.

Fait intéressant, les maquettes sont accompagnées de plans élaborés par un groupe de bénévoles, composé d'architectes et étudiants: «Pour nous, il était primordial d'amener l'idée encore plus loin. Nous voulions que le dialogue perdure et prenne une autre trajectoire. Pour ce faire, nous avons donné aux maquettes une deuxième vie avec l'aide de plus d'une trentaine de bénévoles. Elles ont été traduites et interprétées en plan. Une manière pour nous d'ancrer le projet dans notre réalité urbaine et surtout de le concrétiser», renchérit Suzanne.

Louise, étudiante à la maîtrise à l'Université de Montréal, s'est occupée d'interpréter la maquette de Marcel Paul. Ce dernier a conçu une maison «Auto-Sufflogique»: écologique et autosuffisante. Volubile et visiblement fier de son œuvre, Marcel ne tarissait pas d'éloges envers le projet, qu'il trouvait stimulant et nécessaire. Louise, quant à elle, a vu en Espace de rêve/Dream Home l'occasion de faire sa part: «J'ai voulu faire partie de l'aventure parce que je crois que l'architecture peut aider les gens défavorisés et sans logement. En plus d'ouvrir la porte à la discussion, il est intéressant de voir comment ces personnes perçoivent leur chez-soi», dit tout sourire l'étudiante. C'est seulement lors du vernissage de l'exposition que les bénévoles ont pu rencontrer les artistes et échanger sur le fruit de leur dur labeur. Une expérience qui semble avoir été appréciée des deux côtés.

L'exposition se déroule en ce moment même, du 3 au 17 novembre 2015 au YMCA Centre-Ville (1440, rue Stanley, Montréal).

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