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28/04/2016 10:04 EDT | Actualisé 29/04/2017 05:12 EDT

Une ère nouvelle pour les chercheurs d'emploi et les recruteurs

Nous évoluons dans un monde où ce sont de plus en plus les candidats qui choisissent leurs employeurs.

Que diriez-vous si les avancements technologiques de demain vous permettaient de changer la couleur de votre auto à l'aide d'une application en quelques secondes seulement? Et que diriez-vous si, dans le futur, vous pouviez dénicher un nouveau défi de carrière tout aussi rapidement qu'une nouvelle teinte pour votre auto? Farfelu comme idée? Peut-être pas, car tout indique que nous allons dans cette direction.

L'ère digitale révolutionne l'industrie de l'emploi tout autant que l'industrie automobile. Au niveau des ressources humaines, la transformation est particulièrement notable dans l'attraction et la rétention de talents de choix. Afin de demeurer compétitives, les entreprises n'ont d'autre choix que d'emboîter le pas au mouvement visant la création d'environnements favorables aux employés.

La révolution où le candidat devient maître est amorcée

Le vieillissement de la population et l'apparition d'une main-d'œuvre plus instruite ayant accès à plus d'informations transforment l'univers de l'acquisition de talents. Dans certains secteurs, les candidats qualifiés se font plus rares et leurs exigences s'avèrent plus nombreuses.

Auparavant, seuls les chercheurs d'emploi devaient faire preuve de ténacité, de professionnalisme et de savoir-faire pour dénicher un boulot. Aujourd'hui, ce rôle de séduction revient tout autant à l'employeur. Les chercheurs d'emploi peuvent se réjouir de cet inversement des positions de force, car il améliore leurs conditions de travail et leurs perspectives de carrière.

Se faire remarquer

Avec l'adoption graduelle du marketing employeur, les entreprises cherchent à séduire les candidats qui peuvent remplir leurs postes. Elles utilisent une panoplie de stratégies marketing et d'outils pour attirer ceux qu'elles convoitent : marketing de contenu, marketing automatisé, marketing relationnel, réseaux professionnels, média sociaux, notifications, sections de carrière, vidéos, témoignages et autres.

Encore beaucoup d'investissements sont dédiés aux affichages pour recruter des chercheurs actifs et semi-actifs. Par contre, avec l'épuisement des candidats de choix dans ce bassin d'actifs, on peut s'attendre à ce qu'un nombre croissant d'initiatives en recrutement ciblent bientôt les candidats passifs.

Soigner sa réputation

Sur les sites d'emploi, nombre sont les employeurs à créer des fiches descriptives invitantes. Il s'agit d'une démonstration indéniable de la nécessité qu'ont les entreprises à se faire connaître et/ou à se distinguer aux yeux des chercheurs d'emploi. Par ailleurs, les entreprises doivent aussi protéger leur réputation d'employeurs et encourager la rétention de leurs recrues.

Depuis quelques années, les chercheurs d'emploi ont la possibilité d'utiliser Glassdoor pour évaluer, détériorer ou améliorer la réputation d'un employeur. Dans le futur, cette pratique pourrait très bien s'intensifier et s'étendre aux divisions et équipes internes, car bien des professionnels voudront évaluer le microclimat des grandes organisations.

Créer des défis excitants

Déjà, nous assistons à des pénuries dans certaines professions et il devient urgent de modifier les modèles traditionnels d'emploi, le but premier étant pour les employeurs de repérer le plus rapidement possible la bonne personne pour combler un besoin spécifique. Les entreprises devront recruter davantage par projets, objectifs et défis, que par bagage de connaissances et d'expérience. Les candidats pourront remplir leur mission puis passer à autre chose, plutôt que de demeurer chevronnés aux mêmes tâches.

Afin de s'ajuster à cette nouvelle réalité, les plateformes d'emploi passeront en mode «entremetteurs» pour fournir aux employeurs et aux chercheurs d'emploi la passerelle d'échange nécessaire. N'est-ce que pas la direction dans laquelle évolue LinkedIn depuis sa création?

Se faire recruter par les chercheurs d'emploi

Nous évoluons dans un monde où ce sont de plus en plus les candidats qui choisissent leurs employeurs. La preuve, des notifications d'emplois que les candidats reçoivent de LinkedIn et autres sites de carrière spécialisés leurs proposent déjà une brochette d'employeurs à la recherche de leur profil.

Tout porte à croire qu'avec le Big Data et les nombreux outils d'indexation disponibles, le jumelage continuera de se perfectionner, amenant du même coup une implication accrue du chercheur d'emploi.

La tendance annonce un rôle proactif au chercheur d'emploi, qui pourra dresser une liste de critères plus détaillés que jamais, de ses préférences professionnelles, et en un clic obtenir une liste d'ouvertures de postes correspondant à ses critères. On aura, par exemple, le chercheur d'emploi X qui pourra spécifier des éléments aussi personnalisés que l'horaire de travail préféré (matinée, après-midi, soirée, nuit), le type d'emploi (mandat temporaire, temps plein, temps partiel), la spécialisation souhaitée (génie aérospatial, analyse de structure), et ainsi de suite.

À bien des égards, cette révolution du monde de l'emploi est déjà amorcée. Tel qu'évoqué précédemment, on peut déjà apercevoir ici et là des indices précurseurs de l'univers de l'attraction et la rétention des talents de demain. Par ailleurs, plusieurs outils novateurs apparaissent graduellement pour optimiser le maillage entre les chercheurs d'emploi et les recruteurs. Ce qui reste, à mon avis, le plus grand progrès de tous (qu'a amené l'avènement de l'ère numérique) constitue l'avancée du candidat sur un terrain autrefois dominé pas l'employeur, soit la liberté de choisir. Malgré tout, les progrès ne sont pas terminés, et avant de pouvoir changer son auto de couleur ou sa carrière en quelques secondes avec le mobile à la main, il faudra patienter encore un peu...

Sonia Desrosiers sur LinkedIn.

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