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28/02/2015 08:32 EST | Actualisé 30/04/2015 05:12 EDT

L'exclusion du Bloc du débat des chefs: un geste contre la démocratie

La présence du Bloc au débat est essentielle et participerait à la richesse des échanges. Il importe donc que le consortium des médias ne cède pas à la partisanerie.

Nous apprenions récemment que l'exclusion du Bloc québécois des débats lors des prochaines élections fédérales était une possibilité, gracieuseté des conservateurs et des néodémocrates. À cet égard, il faut protester vigoureusement devant cette option, car il y a dans ce geste inacceptable un déni de la démocratie québécoise.

Il est aberrant que ces deux partis souhaitent limiter le nombre de participants aux «principaux partis» et donc empêcher la présence de Mario Beaulieu, chef du Bloc québécois. La raison évoquée, soit que le contraste entre Stephen Harper, Justin Trudeau et Thomas Mulcair serait plus marqué sans les trois autres chefs sur scène, ne laisse aucun doute sur le but recherché : isoler les autres partis et leurs idées, et ainsi diminuer leur visibilité chez les citoyens.

Il apparait que le Canada réduit encore le Québec à l'insignifiance par ce coup bas. On perçoit bien que les idées du Québec sont balayées du revers de la main et il y a malheureusement péril dans la demeure d'Ottawa. Cette tactique, aucunement étonnante, sert avant tout les conservateurs, libéraux et néodémocrates qui souhaitent amoindrir la remontée du Bloc.

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Alors que Québec a voté pour le Bloc pendant 20 ans et qu'il a tout de même obtenu le quart des votes aux dernières élections, Ottawa voudrait fermer la porte au Bloc, à ses idées et donc au Québec. Il y a là un non-sens. Le Bloc a toujours sa pertinence; il n'y a qu'à voir que sur un nombre considérable de questions et d'enjeux, le Bloc est le seul qui défend les intérêts des Québécois envers et contre tous.

Prenons à titre d'exemple le projet d'oléoduc de TransCanada qui nous est imposé et duquel nous ne bénéficierons aucunement, le dossier de l'assurance-emploi qui impose à nos travailleurs saisonniers des conditions intenables, la juridiction fédérale du transport ferroviaire qui empêche la mise en place de tout programme québécois d'électrification des transports, la Loi sur la clarté référendaire qui est décriée unanimement par tous les partis politiques à l'Assemblée nationale.

Faut-il rappeler que les libéraux, les néodémocrates et les conservateurs travaillent pour le Canada et n'ont eu de cesse de démontrer leur déconnexion face aux enjeux qui touchent les intérêts nationaux du Québec? La triste réalité, c'est que leur intérêt envers le Québec est passager et électoraliste. Ces partis préfèrent s'en remettre ad vitam æternam à la volonté canadienne plutôt que de se préoccuper de la nation québécoise.

Par ailleurs, l'injustice est d'autant plus flagrante qu'on se rappellera qu'en 2008, Elizabeth May, cheffe du Parti Vert, avait été invitée aux débats parce qu'un député libéral avait changé de parti au profit de celui de Mme May, tandis que les députés actuels du Bloc ont été dûment élus sous la bannière du Bloc québécois.

La présence du Bloc au débat est essentielle et participerait à la richesse des échanges. Pour ce faire, il importe que le consortium des médias ne cède pas à la partisanerie, puisque c'est eux, au final, qui doivent décider des règles entourant les débats médiatiques et non « certains » chefs de partis.

Ce texte est cosigné par les membres de l'exécutif de Génération nationale: Florence Beaudet, Sébastien Bilodeau, Julie Durand, Mathieu Pelletier, Étienne Boudou-Laforce et Simon-Pierre Savard-Tremblay

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