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15/01/2018 09:00 EST | Actualisé 15/01/2018 14:41 EST

Les trois dossiers santé qu'il faut surveiller en 2018

Une chose est sûre, comme en 2017, les politiciens qui s’occupent des dossiers de santé seront très occupés en 2018!

Le cannabis s’agit probablement du plus important dossier santé en 2018.
Matthew Roharik via Getty Images
Le cannabis s’agit probablement du plus important dossier santé en 2018.

La réforme des soins de santé dispensés aux autochtones par le gouvernement fédéral

Le gouvernement Trudeau a procédé à un important brassage de structures ministérielles afin d'améliorer les conditions de vie des peuples autochtones. La ministre étoile Jane Philpott, auparavant ministre de la santé fédérale, s'est vue remettre le nouveau ministère des Services aux Autochtones. Elle sera responsable d'améliorer les conditions de vie des citoyens autochtones.

La ministre Philpott est une médecin de famille qui a une très bonne compréhension des déterminants sociaux de la santé.

Pour celle-ci, les soins de santé ne se limitent pas seulement aux traitements médicaux, mais aux conditions de vie qui causent à la base les problèmes de santé.

La ministre concentrera dans la prochaine année ses interventions sur:

  • L'accès à l'eau potable dans toutes les réserves autochtones.
  • Diminuer le nombre d'enfants autochtones retirés de leurs familles et pris en charge par des familles d'accueil.
  • Améliorer l'hébergement sur les réserves autochtones
  • Améliorer l'accès aux soins de santé aux enfants autochtones, en respectant le récent Principe de Jordan (Jordan's Principal) du Tribunal Canadien des Droits de la Personne. Ce jugement stipule qu'un enfant autochtone doit avoir accès aux mêmes soins qu'un enfant non autochtone. Concrètement, la ministre a fait la promesse que les demandes pour des services de santé seront plus rapidement payées par le gouvernement fédéral.

La négociation sur les Lois 130 et 20 est retirée des mains du ministre Barrette et sera négociée directement par le cabinet du premier ministre

Le ministre restera-t-il en poste jusqu'aux prochaines élections ? Sera-t-il le candidat santé pour le parti libéral en 2018 ?

Devant la menace de poursuite en justice par le syndicat des médecins spécialistes, sur la base du non-respect au droit de négociation, le cabinet du premier ministre a écarté le ministre Barrette des négociations officielles. Le cabinet du premier ministre s'occupera lui-même, avec une équipe de négociateurs, de négocier les dossiers des Lois 20 et 130.

Qu'est-ce que cela veut dire pour les patients ? Cela veut dire que le style confrontationnel du ministre Barrette a envenimé trop la situation pour que des résultats tangibles, issus de négociations, puissent voir le jour à la veille des élections provinciales.

Cela veut dire que le style confrontationnel du ministre Barrette a envenimé trop la situation pour que des résultats tangibles, issus de négociations, puissent voir le jour à la veille des élections provinciales.

Contrairement à la Loi 20, la Loi 130 comporte quelques éléments intéressants, soit de forcer la mise par écrit du contrat qui lie les médecins aux administrations des hôpitaux. En ce moment, les règlements qui régissent l'activité des médecins pratiquants dans les hôpitaux sont faits en silos, sans nécessairement consulter les administrations d'hôpitaux. Cette ségrégation empêche souvent la collaboration entre le personnel clinique (les professionnels de la santé) et le personnel administratif (les gestionnaires).

La Loi130 n'est pas une Loi qui permettra de révolutionner l'accès au soin, mais elle pourrait tout de même être une innovation intéressante si elle débouche sur quelque chose de bien fait. Pour y arriver, il faudra laisser aux hôpitaux et aux médecins le pouvoir d'élaborer localement des contrats en fonction des besoins locaux et régionaux, sans que le ministère de la Santé n'intervienne pour dicter une ligne de conduite uniforme à toute la province.

La qualité des soins au Québec est excellente, mais l'accès aux soins est très problématique.

La qualité des soins au Québec est excellente, mais l'accès aux soins est très problématique. La mauvaise coordination entre les services est une des principales raisons du manque d'accès. En d'autres mots, le patient a de la misère à s'orienter dans le système. Une meilleure coopération entre l'administration du réseau et les cliniciens permettrait d'améliorer l'accès aux soins de santé.

L'important donc, sera que la Loi130 favorise la collaboration entre les professionnels de la santé et les gestionnaires dans chaque établissement hospitalier du Québec.

La légalisation du cannabis au Canada

Il s'agit probablement du plus important dossier santé en 2018. Le gouvernement Trudeau maintient le cap vers une légalisation du cannabis en 2018, même si la date d'entrée en vigueur de la Loi est pour le moment floue. Les implications sociosanitaires sont énormes. Personnellement, je suis un partisan de la légalisation, mais il faudra absolument que les provinces aient des politiques de santé publiques cohérentes pour encadrer l'utilisation de la substance.

Il faudra que les consommateurs aux prises avec une dépendance au cannabis puissent recevoir les traitements requis pour traiter leur dépendance.

Par exemple, il faudra s'assurer qu'aucune entreprise de production ou de distribution ne puisse faire la promotion de la substance, pour éviter de faire augmenter par la publicité, la consommation du cannabis au pays. Également, il faudra que les consommateurs aux prises avec une dépendance au cannabis puissent recevoir les traitements requis pour traiter leur dépendance.

Si l'on fait un peu de politique fiction, on peut se demander si la légalisation du cannabis ne mènera pas, à long terme, vers la décriminalisation d'autres drogues récréatives comme la cocaïne et l'héroïne. Une décriminalisation ferait en sorte que les producteurs et vendeurs seraient encore criminellement responsables, mais les consommateurs ne pourraient plus être arrêtés pour possession ou consommation de drogues dures. Au lieu d'utiliser le système de justice pour tenter de faire diminuer la consommation de drogues dures, les gouvernements financeraient des programmes visant à prévenir la consommation et ses complications.

Une chose est sûre, comme en 2017, les politiciens qui s'occupent des dossiers de santé seront très occupés en 2018!

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