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10/03/2017 09:20 EST | Actualisé 10/03/2017 09:20 EST

L'intelligence artificielle aura-t-elle raison de nous?

Notre époque traverse depuis quelques années une révolution tout à fait nouvelle et phénoménale, qui ne laisse pas moins d'un soupçon de frayeur et d'inquiétude. Ce bouleversement historique n'est nul autre que l'intelligence artificielle.

Notre époque traverse depuis quelques années une révolution tout à fait nouvelle et phénoménale, qui ne laisse pas moins d'un soupçon de frayeur et d'inquiétude. Ce bouleversement historique n'est nul autre que l'intelligence artificielle. Ce terme désigne l'ensemble des techniques mises en œuvre par un robot-logiciel en vue de reproduire une copie conforme de l'intelligence et de la rationalité humaines, à l'aide d'algorithmes assez complexes. Nous constatons les effets de ce phénomène tous les jours, aussi banal que cela puisse nous sembler. Il suffit de voir les magasins près de nous. Les caisses automatiques au Maxi du quartier, les tout nouveaux kiosques digitaux de commande personnalisés de McDonald, les livraisons de marchandises par drone d'Amazon, etc. Les compagnies ne cessent de se tourner vers l'intelligence artificielle pour réduire leurs coûts et ainsi, optimiser leurs économies d'échelles. Bien évidemment, le bonheur des uns ne peut se faire, sans le malheur des autres. Il est inévitable que ces changements drastiques aient un impact réel sur l'offre d'emploi à venir.

La technicisation d'une société permet à celle-ci de pouvoir se développer et progresser dans une panoplie d'enjeux, tels la médecine, les arts, la recherche scientifique, les technologies de l'information, et beaucoup plus. Mais il serait aussi pertinent de mesurer les impacts plus sombres que cela peut entrainer à court et long terme, pour pouvoir y trouver une alternative, quand cela sera nécessaire. La querelle entre Uber et l'industrie du taxi en est un parfait exemple. D'un côté, nous avons une application mobile des plus ingénieuses, qui s'ajuste à l'offre et la demande, pour permettre à sa clientèle de faire d'importantes économies. De l'autre côté, nous avons des taxieurs qui voient tranquillement leur part de marché se dissoudre, compromettant ainsi leur avenir professionnel dans le secteur. Le jugement moral prend ainsi toute sa valeur, puisqu'il nous pousse à faire un choix entre l'éthique sociale du bienêtre collectif et le concept d'adaptation pour survivre propre au capitalisme moderne.

Vous comprendrez alors que le débat Uber-Taxi est ce qui nous attend dans un avenir rapproché pour de multitudes d'autres confrontations, qui se feront de plus en plus nombreuses et importantes, d'où la complexité de l'enjeu. Dernièrement, la compagnie américaine Freightliner LLC a lancé en mai 2015, son tout premier camion de livraison par un système de pilotage automatique dans les autoroutes du Nevada.

On ne peut s'empêcher d'appréhender avec une certaine crainte, les répercussions à venir sur l'industrie du camionnage, qui risque aussi de connaitre, à plus grande échelle, un bouleversement structurel radical. Les camionneurs risquent de voir leurs emplois s'envoler comme des petits pains à leur tour, mais cela risque d'être encore plus percutant pour la société sachant que le camionnage représente le moyen d'échanges commerciaux le plus utilisé à l'intérieur d'un territoire. Bien évidemment, d'autres types de métiers risquent heureusement de se créer à la suite de ces changements. The Boston Project a réalisé dernièrement une enquête sur les métiers du futur. L'étude concluait que 60% des professions qui recruteront en 2030 n'existent pas encore. De plus, l'enquête soulignait que 50% des compétences seraient obsolètes d'ici deux ans.

Le secteur des ressources humaines est constamment en train de se restructurer et de s'ajuster pour faire face aux nouveaux défis auxquels les générations Y et Z feront face dans les prochaines années. Une chose est certaine, l'avenir poussera la population à devoir s'intellectualiser davantage, puisque les métiers se feront de moins en moins manuels. Il serait alors pertinent de connaitre quelle sera la part de personnes qui bénéficieront de ce paradigme technologique, en comparaison avec les «perdants» du nouveau système. Comme disait un fameux proverbe berbère sur la profession : celui qui possède un métier est comme celui qui possède un château fort. Cette phrase est très révélatrice, car elle souligne l'importance du métier qui est bien plus qu'une simple vocation professionnelle, mais un outil quotidien qui permet à l'Homme de rester psychologiquement et physiquement occupé pour ne pas sombrer dans le désarroi du temps perdu.

Quel avenir pour notre société alors ? Les plus optimistes d'entre nous diront qu'une solution encore indéterminée fera surface pour pouvoir se réajuster à ces changements et que l'être humain a toujours été confronté à des situations lui demandant de s'adapter en permanence. Quant aux pessimistes, ils diront que la confrontation sera inévitable et potentiellement violente, car cela risque d'aggraver le phénomène d'inégalités qui gangrène déjà de nombreuses sociétés aux quatre coins de la planète. La réponse ? Seul le temps nous le dira. Jusque là, il faudra trouver une façon de se réinventer, et au plus vite.

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