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17/08/2018 12:39 EDT | Actualisé 18/08/2018 10:31 EDT

Le programme Objectif emploi et les jeunes: les masques sont tombés!

C’est avec grande honnêteté qu’une élue a brisé le silence du gouvernement et dévoilé les véritables intentions discriminatoires du programme Objectif emploi.

Le programme Objectif emploi a surtout été dénoncé pour les pénalités financières qu’il impose à tout premier demandeur d’aide sociale qui ne parvient pas à en respecter les conditions.
Caiaimage/Rafal Rodzoch via Getty Images
Le programme Objectif emploi a surtout été dénoncé pour les pénalités financières qu’il impose à tout premier demandeur d’aide sociale qui ne parvient pas à en respecter les conditions.

Lettre ouverte du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec, rédigée en collaboration avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté et appuyée par dix autres regroupements nationaux.


Le programme Objectif emploi continue de faire jaser sur la place publique québécoise. Louangé par certains apôtres du travail à tout prix, il a surtout été dénoncé pour les pénalités financières qu'il impose à tout premier demandeur d'aide sociale qui ne parvient pas à respecter les conditions du programme. Bien sûr, le gouvernement du Québec répète ad nauseam que ces pénalités financières seront appliquées de façon «modérée» et qu'il n'y a rien à craindre...

Malheureusement, la réalité est tout autre. Comme dans le fameux 1984 de George Orwell où le Ministère de l'Amour s'occupe de faire la guerre, le terme «Objectif emploi» cache un objectif beaucoup plus sombre, soit de discriminer la jeunesse du Québec et de l'empêcher de jouir d'un droit qui devrait lui être inaliénable. Ainsi, puisant dans un lexique digne de la novlangue orwellienne, le gouvernement du Québec tente de voiler ses réelles intentions.

À l'origine, Objectif emploi devait s'appliquer uniquement aux jeunes âgés de 18 à 25 ans.

Tout cela aurait pu rester une simple théorie. Mais, fort heureusement pour la défense des droits collectifs des Québécois et Québécoises, c'est avec grande honnêteté qu'une élue a brisé le silence du gouvernement et dévoilé les véritables intentions discriminatoires du programme Objectif emploi. Ainsi, madame Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre au sein de l'actuel gouvernement du Québec, est venue confirmer, devant témoins, nos plus graves soupçons: à l'origine, Objectif emploi devait s'appliquer uniquement aux jeunes âgés de 18 à 25 ans.

Jouer avec les mots

Comme le droit à l'aide sociale est commun à tous et qu'on ne saurait discriminer une personne en raison de son âge, «cela n'aurait pas passé aux Droits et Libertés», pour reprendre les mots de madame Boulet. Face à cette impasse juridique et refusant d'accepter que les pénalités financières sont inutiles, voire dangereuses, les idéologues et apprentis sorciers derrière le programme Objectif emploi ont simplement remplacé le concept de «jeunes âgés de 18 à 25 ans» par celui, plus général, de « primo-demandeurs ».

Il est maintenant de notoriété publique que l'intention derrière le programme Objectif emploi est bel et bien de discriminer les jeunes assistés sociaux. «Certaines informations troublantes semblent venir étayer l'idée que l'intention de viser particulièrement les 18-25 ans a été sciemment camouflée par l'artifice que constitue la notion de primo-demandeur», a déclaré Me Guillaume Boivin, avocat en droit social à Québec.

La discrimination et l'âgisme, sous n'importe quelle forme, ne sont pas des valeurs québécoises.

Dès lors, le message doit être clair pour les membres de l'actuel gouvernement et ceux qui formeront le prochain: la discrimination et l'âgisme, sous n'importe quelle forme, ne sont pas des valeurs québécoises.

Ainsi, nous invitons les futurs élues et élus à regarder la vidéo intitulée «Objectif Discrimination: Le Québec doit réagir» qui a été visionnée plus de 400 000 fois sur Facebook et à faire la seule chose qui soit raisonnable: déclarer immédiatement un moratoire sur les pénalités financières qui sont liées à Objectif emploi, afin de ne pas réduire les jeunes Québécois et Québécoises, ces «primo-demandeurs», à une vie d'itinérance et d'extrême pauvreté.

Regroupements nationaux ayant appuyé la lettre:

Coalition des Tables régionales d'organismes communautaires (CTROC)
Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ)
Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Mouvement des travailleurs chrétiens national (MTCN)
Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ)
Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQACA)
Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC)
Regroupement des organismes en défense des droits (RODCD)

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