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07/04/2016 10:04 EDT | Actualisé 08/04/2017 05:12 EDT

Si nous élisions des députés ayant été malades?

Grâce à la grogne massive des Québécois, des coupes ont été annulées: mais d'où vient donc cet argent que nous n'avions plus?

Coupures, austérité et déficit zéro, voilà ce que nous entendons de la part de nos gouvernements, principalement celui du Québec.

Dans les derniers mois, voire même des années, on annonce et inflige des coupes pour les transferts à des organismes s'occupant des plus démunis, dans les centres de désintoxication, les maisons pour personnes lourdement handicapées, des coupes drastiques à l'aide sociale, sans compter la hache aux organismes en santé mentale (80 millions).

Il me semble que le budget est assez considérable pour continuer à donner les montants nécessaires pour que ces organismes fonctionnent, ces cliniques et toutes ces maisons qui n'ont qu'un point en commun, celui d'aider les plus fragiles de notre société. Travail qui devrait revenir à l'État, puisque nous payons impôts et taxes pour ces services.

Qu'adviendra-t-il de toutes ces coupures? Moins de services, plus d'hospitalisations, désespoirs et rechutes pour plusieurs, et fort probablement des suicides. Tout cela coûtera beaucoup plus cher à l'État que de maintenir ces services en place.

Quand j'entends, ministre après ministre, dire que les coupes n'affecteront en rien les services, que tout ce monde sera relocalisé sans problème, je suis plutôt dubitatif devant de tels énoncés. Le gouvernement nous croit vraiment dupes à l'extrême pour nous cirer les oreilles avec ça.

Regardons de plus près. Le centre Mélaric perd 350 000 $ et dois fermer ses portes. Certaines maisons pour handicapés ont un manque de 80 000 $ à 100 000 $ avec comme objectif fermeture à court terme. Ces coupes ne sont qu'une goutte d'eau dans le budget total du gouvernement.

Grâce à la grogne massive des Québécois, ces coupes ont été annulées : mais d'où vient donc cet argent que nous n'avions plus?

Pourquoi il n'y a plus d'argent pour les plus fragiles, les nécessiteux et les plus démunis de notre société, alors que le gouvernement a haussé le salaire de tous les élus?

Pourtant, il n'hésite pas à donner toujours de meilleures conditions pour les amis du régime. Les indemnités de départ bien salées seront toujours présentes et bonifiées. Pensons-y un peu. M. Vandal, l'ancien président d'Hydro-Québec, a reçu pas moins d'un demi-million de dollars en boni de départ et une rente à vie de 450 000 $. N'oublions pas non plus toutes ces nominations partisanes à gros salaires et aux parapluie dorés qui se déploient à la retraite.

Un sondage SOM-La Presse sur la santé mentale en 2010-2011 démontrait que plus de «54 % des Québécois ne voteraient pas pour un politicien s'ils savaient qu'il présentait des symptômes de dépression».

C'est bien dommage, car si nous avions quelques élus ayant vécu personnellement les affres de la dépression, d'une longue maladie, d'un cancer ou de tout autre problème qui nécessite un suivi de la part de différents organismes tels ceux que je vous citais plus haut, j'ose croire qu'ils seraient plus sensibles, plus humains, moins calculateurs.

Malheureusement, cela n'arrivera tout simplement jamais, parce que tous ces hauts placés et privilégiés de la société ne consultent pas les associations et les groupes d'entraide à qui ils ont coupé les vivres, et ne peuvent donc jamais se rendre compte de leur insensibilité et de leur manque de jugement dans la répartition de la richesse. Tout comme les dommages que cela apporte.

Mais, juste pour jaser, s'ils s'arrêtaient quelques instants, pas plus, je crois que nous aurions assurément plus d'empathie et que cela se refléterait dans les réflexions et décisions concernant les coupes pour les organismes qui assurent le bien-être des moins nantis.

Un gars a le droit de rêver!

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