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14/04/2018 08:00 EDT | Actualisé 14/04/2018 08:00 EDT

«Les jeunes ont autant à enseigner qu’à apprendre»

Si les jeunes sont mobilisés par leur communauté, ils se sentent inclus et encouragés à y jouer un rôle accru.

Getty Images/iStockphoto

Ces dernières années, le Canada a observé un pic dans la mobilisation des jeunes au sein du secteur bénévole. C'est une très bonne nouvelle. Ceci est largement dû à l'exigence d'un minimum d'heures de bénévolat pour obtenir le diplôme secondaire. Cette exigence s'appuie sur le fait que les jeunes ont beaucoup à offrir et que leur participation crée des liens communautaires plus forts et améliore les services.

C'est dans cet ordre d'idée que le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire de Service jeunesse Canada, investira 105 millions de dollars dans des organismes nationaux bénévoles afin d'encourager les jeunes Canadiennes et Canadiens, dans chaque province et territoire, à maintenir leur engagement dans leur communauté.

Pourquoi est-ce si important?

Si les jeunes participent activement à la vie communautaire, même au-delà de leurs études secondaires, ils pourraient jouer un rôle important dans le renforcement et le développement du secteur bénévole et accroître la participation civique en général.

Un récent Caucus ouvert au Sénat a réuni des dirigeants d'organismes sans but lucratif et de bienfaisance pour explorer des perspectives et des stratégies de mobilisation de la prochaine génération de dirigeants. Il en est ressorti trois façons de mobiliser les milléniaux en particulier, dans le développement communautaire pour bâtir une société plus inclusive.

  1. Les jeunes veulent s'engager de façon authentique et significative

D'après Lily Viggiano, spécialiste en mobilisation des jeunes pour la plateforme pancanadienne de jumelage des bénévoles de l'organisme Bénévoles Canada, la clé d'un engagement authentique est de se débarrasser des stéréotypes à l'endroit des enfants du millénaire.

« Les jeunes ne sont pas centrés sur eux-mêmes; au contraire, ils font preuve d'une incroyable empathie qui mène à l'action. » Elle a signalé que les jeunes peuvent être motivés par l'acquisition d'une expérience personnelle ou professionnelle ou par le développement de leur propre identité.

Les jeunes resteront mobilisés s'ils sont appuyés et écoutés, et s'ils ont la latitude pour tracer leur propre voie.

Andy Garrow, directeur du développement jeunesse à Katimavik, a souligné l'importance de laisser une marge de manœuvre aux jeunes pour qu'ils trouvent leurs propres idées. Les jeunes resteront mobilisés s'ils sont appuyés et écoutés, et s'ils ont la latitude pour tracer leur propre voie.

  1. Il faut inclure des jeunes de diverses communautés

Il fut un temps où les bénévoles étaient des gens avec du temps et de bons revenus; des retraités de la classe moyenne qui souhaitaient donner en retour. Marlene Deboisbriand, vice‑présidente de la programmation et des services aux membres à Repaires jeunesse du Canada, a souligné que les jeunes dans les communautés mal desservies ne s'imaginent pas souvent dans des rôles de dirigeants. L'organisme s'emploie à favoriser un sentiment d'appartenance chez les jeunes pour qu'ils développent un désir de servir la société.

Mme Viggiano a affirmé que son organisme se rend souvent directement auprès des communautés mal desservies pour mobiliser les jeunes, afin d'éviter qu'ils aient à se déplacer et ainsi éliminer un obstacle à leur engagement. Elle a expliqué qu'en les rencontrant sur place, elle peut favoriser l'établissement de liens à long terme. Elle a également souligné que les organismes bénévoles doivent tenir compte des capacités physiques diverses et des questions d'accessibilité lorsqu'ils organisent des activités pour les jeunes.

Si les jeunes sont mobilisés par leur communauté, ils se sentent inclus et encouragés à y jouer un rôle accru.

  1. Favoriser le leadership intergénérationnel

Le leadership intergénérationnel signifie de considérer les jeunes non comme les leaders de demain, mais comme les leaders aujourd'hui, a souligné Andy Garrow.

Mme Viggiano a déclaré qu'il faut reconnaître le poids des petites actions et créer des parcours pour permettre aux jeunes de s'épanouir dans leur expérience bénévole au sein d'un organisme, même s'il s'agit d'un engagement épisodique ou axé sur des événements.

Ceci pourrait signifier la reconnaissance que le mentorat offert par une génération plus âgée n'est pas unidirectionnel et que les jeunes ont autant à enseigner qu'à apprendre.

Le leadership intergénérationnel pourrait également signifier de se tenir en retrait, comme l'a souligné Colin Jackson. Le président d'ImagiNation 150 remarque que les jeunes ont de formidables capacités, mais que « nous devons promouvoir et encourager leur expertise », ce qu'il a fait en donnant la parole à sa collègue de 19 ans, Safira Teja, une ambassadrice des jeunes.

Teja a souligné que les possibilités de bénévolat devraient être agréables et socialement engageantes, pour permettre aux jeunes d'y accorder la priorité dans leur emploi du temps. « Donnez-leur la capacité d'agir, a affirmé Teja. Permettez-leur d'être responsables. »

Les jeunes veulent innover et il faut miser sur ce désir. Leur mobilisation positive peut avoir un effet multiplicateur. Ceux et celles qui s'engagent dans le bénévolat sont aiguillés vers l'engagement envers leurs concitoyens, ce qui pourrait entraîner une participation électorale accrue et former d'habiles défenseurs de causes sociales.

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