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15/10/2016 12:07 EDT | Actualisé 15/10/2016 12:07 EDT

L'équité pour atteindre l'égalité, c'est une responsabilité collective

Octobre 2016, une autre année et un autre mois annonçant la grande mobilisation de sensibilisation pour le cancer du sein.

Octobre 2016, une autre année et un autre mois annonçant la grande mobilisation de sensibilisation pour le cancer du sein. Un rendez-vous annuel rappelant encore une fois la nécessité d'investir dans la recherche afin de trouver des traitements pour éradiquer le cancer du sein. Un mois de sensibilisation pour rappeler l'importance de la prévention et dénoncer l'inaction face aux déterminants sociaux et environnementaux considérés comme des causes potentielles aux différents cancers dont celui du sein.

Mais encore une fois, ce mois de sensibilisation devrait nous rappeler que des femmes et des filles sont exclues de toute cette mobilisation, à savoir les femmes et les filles en situation de handicap et les femmes sourdes.

Malheureusement, la situation est toujours la même. Nous n'avons toujours pas un accès plus équitable au système de santé, ni aux différents programmes de prévention ou de soutien. Même si dans l'annonce faite par l'OPHQ en septembre 2015 '' Dépistage du cancer du sein : bientôt plus accessible'' où on nous promettait des changements importants tels que des améliorations au programme québécois pour le dépistage du cancer du sein (PQDCS) le rendant accessible à toutes.

Mais une simple vérification des faits nous indique qu'aucune information pertinente n'est disponible, mais que surtout ces améliorations sont faites à l'emporte-pièce: nous allons d'abord nous occuper de la mobilité réduite, ensuite on travaillera sur les autres handicaps!

Les femmes et les filles en situation de handicap ne font toujours pas partie des statistiques.

On n'arrête pas de nous répéter qu'on est dans un contexte d'austérité (oups) d'équilibre budgétaire, et bien sûr il est facile de comprendre que l'accessibilité au système de santé pour toutes en sera affectée. Nous invitons l'OPHQ et le comité, mis en place par le ministère de la Santé, à consulter les travaux déjà faits sur les pistes de solutions afin de rendre nos programmes accessibles à toutes et à tous.

Oui, bien sûr les statistiques changent d'année en année, la recherche avance et les traitements s'améliorent, sauf que les femmes et les filles en situation de handicap ne font toujours pas partie des statistiques. Beaucoup d'entre elles reçoivent encore en 2016 un diagnostic tardif (faute d'accès au dépistage précoce), ce qui signifie des traitements plus invasifs et souvent un taux de mortalité plus élevé. Nous pourrions énumérer longtemps tous les obstacles et les défis auxquels font face les femmes en situation de handicap, nous vous invitons plutôt à consulter notre étude réalisée en 2013 qui fait la lumière sur cela.

Dès lors, vous remarquerez qu'un questionnement persiste: pourquoi devrions-nous encore en 2016 parler du manque d'accessibilité à des services de santé qui sont, par la loi, accessibles à toute la population? Pourquoi en 2016 devrons-nous encore attendre afin que l'on daigne nous expliquer pourquoi nous sommes les éternelles oubliées?

Que faire? Devrons-nous sortir sur la place publique et revendiquer haut et fort que nous ne serons pas les sacrifiées d'un système qui nous considère comme des citoyennes de seconde zone? Un système qui nous demande d'attendre que l'équilibre budgétaire soit atteint pour qu'ensuite nos demandes soient peut-être considérées?

Selon le Réseau canadien pour le cancer du sein : «Être porte-parole c'est soutenir une cause, une politique, une action. Être porte-parole c'est aussi chercher à obtenir des résultats tangibles. Chacun a la capacité de militer pour une cause, en son nom ou au nom de tiers. Nous nous faisons porte-paroles, car nous remarquons une inégalité ou un déséquilibre. Lorsque nous défendons une cause, nous demandons des changements.»

Il serait donc temps que nous devenions nos propres porte-paroles. Il s'agit de la santé de chacune de nous et de nos enfants. La bonne nouvelle est que vous avez été nombreuses à vous manifester ces derniers mois, vous avez été nombreuses à faire comprendre au gouvernement actuel que vous êtes les premières victimes des coupures drastiques qui touchent notre système de santé et de services sociaux.

Donc, terminons sur une note plus positive : oui il y a du changement, la sensibilisation, ça marche, l'éducation encore plus! La bonne nouvelle est que les femmes et les filles en situation de handicap sont plus au fait, elles sont un peu plus sensibilisées à l'importance d'exiger des services répondant à leurs besoins. Elles revendiquent plus et elles veulent plus connaître leurs droits. Nous sommes prêtes à prendre notre place et à être sur toutes les tribunes afin d'exercer notre droit à être des citoyennes à part entière. L'égalité des droits implique aussi une responsabilité collective et une équité afin que l'accès au système de santé soit simple et équitable.

cancer du sein

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