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19/07/2015 08:35 EDT | Actualisé 19/07/2016 05:12 EDT

Goinfré à bloc

En ce contexte d'austérité - où on gratte les fonds de tiroirs -, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Je feuilletais le cahier Affaires de La Presse du jeudi 16 juillet lorsque je suis tombé sur un visage familier, celui de Thierry Vandal, dans un avis de nomination de la Banque royale du Canada. On y apprend que M. Vandal, PDG d'Hydro-Québec de 2005 au 1er mai 2015 (date de son « départ à la retraite ») vient d'être nommé au conseil d'administration de la RBC. On y apprend aussi qu'il est président du CA de BioFuelNet Canada et qu'il siège à ceux de Veresen inc. (depuis mai dernier), de HEC Montréal et de l'Université McGill.

Que M. Vandal siège à des conseils d'administration, je n'ai aucun problème avec cela. Nous vivons dans un pays en apparence libre et quiconque a le droit fondamental de monnayer ses services. (Il va sans dire que les membres de conseil d'administration des grandes entreprises et institutions financières sont rémunérés en échange de leurs services.) Là où j'ai un problème, c'est qu'un candidat « prestigieux » comme Thierry Vandal risque fort bien de cumuler des nominations à des CA contre rémunération alors qu'il bénéficie - grâce à la société québécoise - d'un parachute doré, et ce, jusqu'à la fin de ses jours.

« Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l'an prochain s'il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu'à mort s'ensuive! À un taux d'indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s'il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. »

Pis encore, rien n'indique que notre bon ex-PDG d'Hydro-Québec - qui s'est contenté grosso modo de livrer les commandes gouvernementales pendant ses dix années en poste - ne renoncera à un traître sou du généreux contrat que lui avait concédé le bon gouvernement libéral de Jean Charest. On dira qu'un contrat est un contrat. Mais en ce contexte d'austérité - où on gratte les fonds de tiroirs -, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Le jour même, j'apprenais que le gouvernement Couillard suspend les activités du Centre de développement pédagogique (pour la formation générale en science et technologie)pour un an. Une autre compression dans le réseau de l'éducation déjà mal en point... Mais pas question de toucher à Thierry Vandal. Après tout, un contrat, c't un contrat...

M. Vandal, bon été. Profitez bien de ce que vous avez « mérité » du gouvernement Charest pour services rendus. J'espère, au minimum, que vous aurez la décence d'être très généreux envers les organismes de bienfaisance du Québec qui ont cruellement besoin d'aide. Vous devez au moins cela à la société qui vous a accordé, contre son gré et grâce aux dirigeants qui veillent à son bien, le parachute doré qui vous gardera bien ouaté contre l'austérité jusqu'à votre dernier souffle...

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