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15/02/2017 06:51 EST | Actualisé 15/02/2017 06:51 EST

La réponse de la FPQ au ministre Gaétan Barrette

Les Québécois le savent, les pharmaciens sont la première ligne en santé de façon quotidienne, et ce, à cause de leur disponibilité et de leur accessibilité. Il est temps de les traiter en conséquence.

En réponse de la réplique du ministre Barrette concernant les dossiers des pharmaciens.

Plusieurs précisions doivent être apportées. Tout d'abord, les nouveaux actes de consultations faits par les pharmaciens en vertu de la Loi 41 ne sont pas optimisés, car ils ne sont pas couverts par l'assurance maladie, mais par l'assurance médicaments et les patients doivent donc débourser franchises et coassurances. Cette barrière à l'accessibilité aux soins est un frein non souhaitable dans un système de santé qui se veut supposément universel. De plus, il est faux de prétendre que les pharmaciens refusent d'accepter d'être rémunérés à 100% par le système public en mettant un terme aux allocations professionnelles.

Nous désirons rappeler au ministre que les pharmaciens ont proposé durant la trêve des ponctions afin de permettre une période de négociations de juin à septembre 2016 d'abolir les allocations contre des honoraires justes et équitables pour les soins cliniques, professionnels et proactifs.

Les économies réalisées grâce à l'abolition de la béquille que sont les allocations auraient pu être injectées dans le système de santé et permettre notamment d'ajuster les honoraires des pharmaciens qui sont quasi gelés depuis 20 ans. Une proposition qui s'est soldée par un étrange refus du ministre de la Santé.

Pourquoi obliger les pharmaciens à dépendre des allocations versées par le privé pour leur survie à cause d'honoraires publics clairement déficients?

Pourquoi obliger les pharmaciens à dépendre des allocations versées par le privé pour leur survie à cause d'honoraires publics clairement déficients? Pour vous donner une idée, si le salaire minimum avait suivi la même évolution que les honoraires des pharmaciens, il serait autour de 7$ de l'heure... Parallèlement, les médecins spécialistes auraient raflé 67 % d'augmentation pour la seule période de 2008 à 2014! Et question de mettre un peu de sel sur la plaie, les pharmaciens ont dû subir des ponctions rétroactives sur ces honoraires presque bloqués depuis les années 90!

Certains répètent ad nauseam qu'il y a depuis deux semaines déplafonnement des allocations. D'autres, moins honnêtes, sortent systématiquement le chiffre de 70% alors qu'ils savent pertinemment que cela ne concerne que quelques molécules. Pourquoi ne pas parler de celles qui sont à 10 ou 15%? Nous répétons que nous n'en voulons plus, nous voulons des honoraires justes!

Pourquoi nos consultations ne sont-elles pas couvertes par l'assurance maladie? Pourquoi le patient devrait-il être pénalisé et payer franchises et coassurances pour des consultations auxquelles il devrait avoir droit gratuitement chez son pharmacien et qui sont d'ailleurs gratuites chez son médecin (quoique plus dispendieuses pour la RAMQ)?

Les Québécois le savent, les pharmaciens sont la première ligne en santé de façon quotidienne, et ce, à cause de leur disponibilité et de leur accessibilité. Il est temps de les traiter en conséquence. Déshabiller un peu plus les pharmaciens pour habiller d'autres groupes est inacceptable...

Affaiblir la première ligne en santé n'a rien de noble comme objectif. Ça ne profite qu'à ceux qui veulent privatiser le système de santé, encore une fois...

En somme, si le ministre est réellement ouvert à l'idée de payer des honoraires justes aux pharmaciens pour leurs services professionnels, nous l'invitons à se pencher sur la proposition de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) et à traiter de façon équitable les pharmaciens, des acteurs incontournables de la première ligne en santé.

Ce texte est cosigné par Nicolas Bergeron, président de la FPQ.

La FPQ est une association indépendante qui rassemble, sur une base volontaire et individuelle, les pharmaciens de tous les milieux: les pharmaciens salariés, les propriétaires, ceux en établissement, en industrie, les pharmaciens à la retraite et les étudiants des deux facultés de pharmacie. Notre but est de promouvoir la profession des pharmaciens, l'avancement de la pratique et l'image du pharmacien pour l'aider à lui donner sa place importante dans notre système de santé.

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