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02/12/2015 09:13 EST | Actualisé 02/12/2016 05:12 EST

«Raciste»: la nouvelle insulte à la mode

C'est malhonnête qu'on nous fasse sentir que le nationalisme québécois est signe de fermeture et que nous devons le rejeter, alors que les immigrants sont eux-mêmes fortement nationalistes pour leurs patries au Québec.

Avec l'influx croissant de l'immigration en Occident depuis les dernières décennies, les sensibles enjeux identitaires refont naturellement surface. Chez plusieurs citoyens «de souche», on s'inquiète des conséquences culturelles, économiques et politiques d'une entrée massive de nouveaux arrivants. Ces inquiétudes, qu'elles soient légitimes ou pas, sont devenues un tabou de société.

Tu t'interroges sur le nombre d'immigrants qui viennent s'installer ici chaque année? On t'étiquètera de raciste. Tu demandes si les nouveaux arrivants s'intègrent à la société d'accueil? On te traitera de xénophobe. Tu affirmes que la langue de communication au Québec est le français? Tu es fermé sur le monde. On nous dit que toute forme de nationalisme québécois est arriéré et signe de fermeture.

Plus personne ne peut se demander quoi que ce soit. À force de se faire traiter de racistes, les gens ont intériorisé une forme de culpabilité. Ils s'imaginent qu'une affirmation identitaire est une forme de repli sur soi. Pour être bien vu aux yeux de la société, il faut rejeter le nationalisme et toute forme de fierté nationale. On voit bien la présence de ce phénomène sur les réseaux sociaux, notamment chez les jeunes.

Et pourtant, la plupart des communautés culturelles affichent haut et fort leur fierté identitaire. Le nationalisme, quand c'est pour eux, c'est correct. Ils affichent les drapeaux de leurs pays partout et défendent farouchement leur identité. Leur langue, leur religion, c'est très précieux pour eux.

Je ne dis pas que c'est un comportement anormal. Je trouve au contraire que c'est normal d'être fier de sa patrie. Cependant, c'est malhonnête qu'on nous fasse sentir que le nationalisme québécois est signe de fermeture et que nous devons le rejeter, alors que les immigrants sont eux-mêmes fortement nationalistes pour leurs patries au Québec.

On nous demande parfois de retirer les sapins de Noël de nos institutions publiques, de construire des institutions pour leurs communautés, de leur accorder des accommodements, etc. Ces demandes semblent toujours acceptables lorsqu'elles proviennent des communautés culturelles, mais deviennent inacceptables lorsqu'elles proviennent de la société d'accueil.

Le nationalisme ne doit pas être sélectif. Soit il est mauvais pour tous les peuples, soit il l'est bon pour tous.

Évidemment, la majorité des immigrants s'intègrent bien, mais il y a une minorité qui ne le fait pas.

Si nous voulons vraiment vivre en paix au Québec, et même ailleurs en Occident, les sociétés d'accueil et les immigrants doivent se respecter mutuellement.

D'une part, la société d'accueil doit définir clairement ses attentes d'intégration pour immigrants, ce qui n'est actuellement pas le cas au Québec. Ils doivent aussi respecter les différences culturelles et les voir comme un avantage pour l'épanouissement de la société.

D'autre part, les immigrants doivent s'intégrer, ou du moins intégrer leurs enfants, notamment au niveau de la langue, à la société d'accueil. S'ils ne sont pas heureux avec les exigences d'intégration d'une société d'accueil en particulier, ils pourront s'établir à un autre endroit qu'ils préféreront.

Présentement, surtout au Québec, il y a un climat d'hostilité entre les deux groupes. Pour y mettre fin, les deux devront se parler et faire un bout de chemin. Sinon, la relation ne fera que s'empirer.

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