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01/11/2015 09:32 EST | Actualisé 01/11/2016 05:12 EDT

Ce n'est pas seulement le PQ qui va mal, toute la politique québécoise s'effrite

Les Québécois sont plus divisés que jamais. Au fond, la seule chose qui les unit est leur insatisfaction.

Ces temps-ci, les médias parlent continuellement des difficultés au Parti québécois. Mais honnêtement, pouvez-vous me nommer un parti au Québec qui va réellement bien?

Le PLQ? En chiffres, oui. Mais dès que l'on pousse l'analyse un peu plus loin, on se rend compte que même ses électeurs le détestent. On peut les comprendre. Comment aimer un parti corrompu jusqu'à l'os et dont les élus placent leurs intérêts et ceux des multinationales avant le peuple? Les libéraux votent PLQ pour des raisons stratégiques, mais le cynisme à son égard est fort et ressenti par tous. Sa base électorale a ses limites et peut décider de lui tourner le dos lorsqu'on s'y attendra le moins. Ce fut le cas pour la Progressive Conservative Association of Alberta il y a quelques mois.

Le PQ? Il a commis beaucoup d'erreurs au cours des deux dernières décennies. Il a d'abord perdu l'appui des jeunes en ne mettant pas son message à jour. Il a mis les communautés culturelles sur son dos. Comme Jacques Parizeau avait dit quelques mois avant son décès, «ça ne veut pas dire que ce n'est pas récupérable, mais ça veut dire que la preuve reste à faire».

La CAQ? Elle aussi a perdu de nombreux appuis des électeurs et de ses députés. François Legault a trop souvent changé les orientations de son parti pour que l'on puisse se faire une idée claire. Son chef semble opportuniste avant tout et sa soif du pouvoir est devenue évidente.

Québec solidaire? Le parti est stagnant. Françoise David est une femme généralement respectée, mais son parti est trop de gauche pour obtenir assez d'appuis pour former un gouvernement. Et c'est sans oublier que sa vie politique comme porte-parole prendra fin un jour ou l'autre en raison de son âge. Son parti survivera-t-il sans elle?

La colère collective n'est pas seulement envers le PQ. S'il en arrivait à disparaître, comme le souhaite de façon morbide les fédéralistes qui veulent l'extinction politique des Québécois, quel parti a la colonne assez solide pour le remplacer?

Habituellement, lorsqu'un petit parti remplace l'un des deux principaux, c'est par une vague d'enthousiasme à son égard. Ce fut le cas pour le Parti québécois de René Lévesque en 1976. Mais cette fois-ci, on ne ressent pas de véritable enthousiasme envers un autre parti en particulier. Où est-ce que cela nous conduira? Très difficile d'anticiper les résultats aux élections 2018 et encore moins ce qui en suivra.

Les Québécois sont plus divisés que jamais. Au fond, la seule chose qui les unit est leur insatisfaction.

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