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Le souverainisme identitaire a échoué, essayons le souverainisme d'ouverture

Les jeunes Québécois ne rejettent pas l'indépendance, mais plutôt le nationalisme conservateur. Si le projet d'indépendance s'adaptait à leur image, l'appui à la souveraineté pourrait facilement dépasser le 50%+1. Les jeunes préfèrent en effet que l'indépendance soit un projet de société et non pas le projet d'un repli identitaire.

Si l'on questionne souvent la pertinence du Bloc québécois à Ottawa, même dans le camp souverainiste, on peut du moins profiter de son existence pour analyser ses résultats et apporter des changements au sein du Parti québécois et du mouvement indépendantiste du général.

Le débat sur le niqab n'a pas eu les effets imaginés sur le comportement électoral des Québécois. Au contraire, le Parti libéral du Canada - historiquement lié au multiculturalisme - a fait de grandes avancées au Québec, y compris dans les circonscriptions à fortes majorités francophones.

Cela démontre une chose: le souverainisme identitaire est le fruit des baby-boomers et n'intéresse pas les jeunes. On dit souvent que la jeunesse québécoise rejette l'indépendance. Je ne suis pas d'accord. Les jeunes souverainistes sont très nombreux malgré le fait que le projet d'indépendance ne représente pas leurs valeurs. Ils ne rejettent pas l'indépendance, ils rejettent plutôt le nationalisme conservateur. Si le projet d'indépendance s'adaptait à l'image des jeunes, l'appui à la souveraineté pourrait facilement dépasser le 50%+1. Ils préfèrent que l'indépendance soit un projet de société et non pas le projet d'un repli identitaire.

Chez les jeunes, les arguments concernant l'histoire n'affectent pas leurs choix politiques. Chez les baby-boomers, les souvenirs du Parti libéral les hante. «Le PLC nous a imposé la Constitution», «Pierre Elliott Trudeau a écrasé les Québécois», «Les libéraux ont refusé de nous reconnaître comme peuple distinct». Bien que tout cela soit vrai, ce ne sont pas des arguments qui convainquent les jeunes. Les valeurs d'humanisme, d'écologisme, de progressisme et de justice sont beaucoup plus porteuses.

Autre remarque: Gilles Duceppe est sans aucun doute un souverainiste, mais son parti fait autant la promotion de la souveraineté que le PQ de Pauline Marois, c'est-à-dire à peu près aucunement. Par crainte de ne pas obtenir d'appui provenant des fédéralistes nationalistes, Gilles Duceppe a mis la souveraineté en sourdine. Pendant les débats, il a avancé un ou deux avantages de l'indépendance et c'est tout. Grave erreur.

Premièrement, les appuis du BQ ne proviennent à peu près que des indépendantistes. Rares sont les fédéralistes qui votent pour le Bloc. Il devrait plutôt miser sur l'indépendance afin de reconquérir les indépendantistes et d'élargir la base indépendantiste. Il faut que le Bloc démontre sa pertinence pour faire avancer la souveraineté. Que feront les députés bloquistes pour l'indépendance? Pourquoi les indépendantistes devraient y revenir ? Le Bloc devra revenir à ses sources.

Bref, je ne considère pas que l'élection de 2015 soit celle d'une défaite pour la souveraineté; elle montre plutôt l'échec du nationalisme conservateur. Je suis bien heureux que les indépendantistes aient pu assister à cette campagne fédérale puisqu'elle permettra de sérieusement remettre en question les stratégies des partis indépendantistes et d'apporter les changements nécessaires à temps pour l'élection provinciale de 2018.

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