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05/01/2016 04:03 EST | Actualisé 05/01/2017 05:12 EST

Le symbolisme du départ de Stéphane Gobeil

Stéphane Gobeil, tout comme François Legault, faisait partie de la branche «pur et dur» du mouvement souverainiste. Ce qui est intéressant est la raison pour laquelle ces hommes politiques ont quitté le PQ pour joindre un parti non souverainiste.

Il y a quelques jours, l'ex-conseiller de Pauline Marois, Gilles Duceppe et Bernard Drainville annonçait qu'il se joignait dorénavant à la CAQ en tant que conseiller politique de François Legault. Ce changement symbolise plusieurs choses qui se produisent actuellement sur la scène politique québécoise.

D'abord, Stéphane Gobeil, tout comme François Legault, faisait partie de la branche «pur et dur» du mouvement souverainiste. Le premier est l'auteur du livre à succès Un gouvernement de trop et le second est auteur d'un budget du Québec souverain qui voulait démontrer la rentabilité d'un Québec indépendant.

Ce qui est particulièrement intéressant est la raison pour laquelle ces hommes politiques ont quitté le PQ pour joindre un parti non souverainiste. Ce n'est pas parce qu'ils sont devenus fédéralistes, mais plutôt qu'ils ont perdu l'espoir que l'indépendance du Québec se fasse un jour.

Ils ne sont pas les seuls qui suivent cette trajectoire. Dans les années 1990, tous les souverainistes votaient naturellement pour le Bloc québécois. Aujourd'hui, seulement la moitié des souverainistes continuent de le faire. Pourquoi? Parce qu'ils sont nombreux à avoir perdu espoir que l'indépendance se concrétise, et préfèrent donc depuis 2011 voter pour le parti fédéraliste qui correspond le mieux à leur positionnement gauche-droite. Même chose au provincial où plusieurs souverainistes se sont joint à la CAQ seulement parce qu'ils considèrent que l'indépendance ne se fera jamais.

Mais en choisissant cette voie, ces souverainistes empirent les chances que le Québec devienne souverain, étant donné que les partis souverainistes perdent des appuis électoraux.

Il y a donc un grand travail à faire, au PQ et chez Québec solidaire, pour faire renaître l'espoir chez les souverainistes que l'indépendance est possible au cours des prochaines années.

Pour se faire, il faut que le mouvement souverainiste créé une onde de choc.

Premièrement, Québec solidaire doit devenir plus ouvert à faire partie d'une coalition souverainiste avec le PQ. La fermeture du parti à cette possibilité est d'ailleurs une raison qui a poussé Stéphane Gobeil à perdre espoir que l'indépendance se concrétise un jour, tel qu'il l'a mentionné dans son blogue.

La création d'une grande coalition souverainiste additionnerait les forces du Parti québécois et de Québec solidaire à l'élection de 2018, et aussi celles des souverainistes désespérés qui sont passés à la CAQ et qui reviendront au bercail en voyant une lumière au bout du tunnel.

Deuxièmement, il faudra que les souverainistes se fassent plus convaincants sur l'indépendance. L'institut de recherche sur l'indépendance promis par Pierre Karl Péladeau se fait attendre. Mais une fois créé, il deviendra un outil important du Parti québécois pour convaincre les indécis, autonomistes et même fédéralistes de joindre le mouvement souverainiste.

Québec solidaire aussi devra en faire davantage pour promouvoir la souveraineté. Le parti en question est souverainiste en théorie, et le fait que sa vision de la souveraineté diffère de celle du PQ est excellent puisqu'elle permet à des individus de différentes visions de se reconnaître dans un parti souverainiste ou un autre. Par contre, le parti ne parle presque jamais d'indépendance. Il devra se faire beaucoup plus convaincant qu'il l'est présentement s'il veut que la souveraineté se fasse un jour.

Si le Parti québécois et Québec solidaire coalitionnent et qu'ils emploient davantage d'énergie pour convaincre les Québécois des bénéfices de l'indépendance pour les enjeux économiques, diplomatiques et politiques, c'est là que le Parti libéral du Québec serait le plus menacé de perdre le pouvoir et que le Québec pourrait enfin devenir un pays indépendant.

DU MÊME AUTEUR

- La nécessaire fusion PQ-CAQ avant 2018

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