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12/06/2016 09:11 EDT | Actualisé 13/06/2017 05:12 EDT

Aux inclusifs, aux croyants, aux athées, aux personnes de bonne foi, et aux malhonnêtes

Le patriarcat est à l'intérieur des religions et à l'extérieur des religions. L'histoire nous montre que nos textes et codes de droit puent le patriarcat.

Et bien vous, cessez de chanter la bêtise éternelle disant que les inégalités et les injustices faites par des humains, souvent par des hommes, sont de mauvaises interprétations des textes religieux et non de la religion en soi. Cessez de mentir ou d'être malhonnêtes intellectuellement.

Admettez l'évidence, l'islam met l'homme devant la femme. L'islam donne à l'homme le droit d'être polygame et non la femme, l'islam n'a jamais dit que l'homme doit se soumettre à sa femme, mais il a dit que la femme doit se soumettre à son mari, les textes sont littéralement patriarcaux et s'inscrivent dans un contexte hyper patriarcal. Les textes religieux portent l'empreinte de la mentalité de leur époque. Tous les pays qui appliquent la charia, la loi islamique, débordent d'injustices faites aux femmes. C'est un fait. Certains, toujours pour se protéger de l'évidence, disent que Dieu parle aux intelligents. Mais pourquoi Dieu parlerait-il aux intelligents, étant maitre de tous les humains? Pour régir les rapports entre les citoyens et citoyennes, nos textes de loi ne sont-ils pas accessibles à la majorité des cerveaux humains pour le bien de tous et toutes?

Cela dit, les religions, islam ou pas, font partie de l'héritage de l'humanité. On ne peut pas les rayer du passé, mais on peut assumer que des abus et injustices sont faits à partir de la religion dans son application littérale et archaïque, à partir de ses ambiguïtés, à partir des points qui donnent le pouvoir aux hommes et non aux femmes. Dans beaucoup de pays islamiques, les femmes pensent que leur mari peut les battre, comme le lui permet la religion (mari au singulier et femmes au pluriel, ce n'est pas une faute de frappe). On peut assumer aussi, même en dehors des religions, que des hommes ont toujours tenté d'avoir une supériorité sur les femmes.

Le patriarcat est à l'intérieur des religions et à l'extérieur des religions. L'histoire nous montre que nos textes et codes de droit puent le patriarcat. On essaie de se remettre en question, de les modifier et de les réécrire pour l'égalité entre les femmes et les hommes, pour la justice sociale, pour la dignité humaine. Pourquoi ne peut-on pas le faire pour les textes religieux, gouvernail d'une grande partie de l'espèce humaine?

Sachez que l'humain est en soi un être qui peut être bon, mais qui peut être mauvais, c'est un être qui abuse, qui cherche les failles qui l'arrangent; la religion donne beaucoup de failles aux hommes, d'où les abus et les interprétations avantageuses envers les hommes au détriment des femmes.

Devant ces faits et réalités, la religion est l'affaire de tous et toutes. Si on veut vivre dans un monde avec de la religion pour ceux qui le veulent, ou son absence pour certains, il faut être conséquents. Il faut épurer les textes, enlever les ambigüités et les parties injustes, il faut y ajouter littéralement que «la femme et l'homme sont des êtres humains à part entière, égaux en dignité et en droit, ce qui a préséance sur tout dans la religion». Cela peut être formulé autrement tant que cela respecte la dignité humaine qui n'a pas de sexe, ni de couleur, ni d'âge.

Quand cette correction sera faite, on vivra en paix avec l'islam ou tout autre religion au XXIe siècle.

Je suis une femme de culture musulmane, je suis incapable de me sentir supérieure ou inférieure à l'homme, je suis son égale en dignité et en droits. C'est le principe directeur de mon Coran à moi, que j'ai réécrit dans ma tête. La majorité des personnes avec qui je partage ma vie sont des croyants, et avant d'être croyants, ils sont des humains, le facteur le plus important dans les relations humaines.

Et chose importante qu'on oublie: beaucoup de femmes musulmanes, ou de culture musulmane, se sont affranchies du principe d'infériorité que leur attribue la religion islamique à tort en faveur des hommes. Elles sont les directrices de leurs vies et de leurs décisions, elles sont libres dans leurs têtes depuis longtemps, elles contribuent à une société libre et juste tout en gardant leur foi, leur religion islamique. Il faut le dire.

Parallèlement, des hommes, de bonne volonté, musulmans ou non sont incapables d'attribuer ou d'accepter un statut d'infériorité à leur femme. C'est humainement indigne et économiquement non viable pour une société qui aspire à la prospérité et au plein exercice des droits et capacités de l'entièreté de ses membres.

C'est avec ces femmes libres et les hommes qui adhèrent à cette liberté féminine et féministe qu'on va bâtir un nouveau monde, un monde où toutes les croyances, religions ou l'incroyance sont les bienvenues à condition de respecter l'égalité entre les femmes et les hommes en dignité et en droit, c'est non négociable. C'est sacré.

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